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BULLETIN
DE LA
SOCIÉTÉ EMOMOLOdlOlE
DE FRANCE
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Article oG des Statuts et du Règlement. — Les opinions émises dans le BuUeiin sont entièrement propres à leurs auteurs; la Société n'entend aucunement en assumer la responsabilité.
TYPOGRAPHIE FIHMtV-DI.DO r KT C'^ — MHSNIL (EURE).
BULLETIN
DE I^A.
SOCIÉTÉ E^TOSIOLOGIOIE
DE FRANCE
FONDÉE LE 29 FÉVRIER 1832
RECONNUE COiniE INSTITUTION d'uTILITÉ PUBLIQUE
PAR DÉCHET DU 23 AOUT 1878
Natura maxime miranda in minimis.
ANNÉE 1901
PARIS
AU SIÈGE X)E LA SOCIÉTIJ
HOTEL DES SOCIÉTÉS SAVANTES
28, Rue Serpente, 28 1901
BULLKTIN
DE LA
SOCIÉTÉ ENTOlVrOLOaiQUE DE I^RANCB
MEMBRES DU BUREAU POUR 1901
Président MM. E. Simon,
Vice-Président H.-W. Brôlemanx,
Secrétaire Ph. François,
/e-- Secrétaire adjoint J. de Gaulle,
2« Secrétaire adjoint P. Lesne,
Trésorier Ch. Lahaussois,
Archiviste-Bihiiothécaire A. Léveillé,
Archiviste-Bibliothécaire adjoint.... J. Magnlx.
CONSEIL
MM. Ch. Alluaud, — H. Desbordes, — P. Estiot [Membres res- tants ) ; — A. Giard, — A.Grouvelle, — L. Vl\rd {Membres nouveaux)
— et les Membres titulaires du Bureau.
COMMISSION DE PUBLICATION
MM. J. de Guerne, — l'abbé J. de Joannis, — A. Lécaillon. — P. Lesne, — H. d'Orbigny — et les Membres titulaires du Bureau.
COMMISSION DE LA BIBLIOTHÈQUE
MM. L. Bedel, — l'abbé J. de Joannis, — P. Mabille — et les Mem- bres titulaires du Bureau.
COMMISSION DES COLLECTIONS
MM. L. Bedel, — E. Dongé, — J. de Gaulle, — l'abbé J. de Joan- nis, — Pu. Grouvelle, — J. Magnin, — G. -A. Powade.
COMMISSION DU PRIX DOLLFUS
MM. E.-L. Bouvier, — E. Dongé, — Ph. François, — J. de Gaulle,
— A. Giard, — A. Léveillé, — P. Mabille, — G. -A. Poujade, —
— E. Simon.
Bull. Soc. Ent. Fr., 1901. N° 1
2 Bulletin de In Société Entomologiqne de France.
séance <lii 9 janvier 1901.
Présidence ûe M. E . SIMON.
Après la IfCUirc et radoiition du procès-Ycrhal de la séance précé- dente, M. A. (liard, président de 1900, prend la parole en ces termes:
Mes clicrs Collègues,
Quand on songe au glorieux passé de la Société entomologique de France et à la place éminentc qu'elle occupe aujourd'hui dans le monde scientifique, ce n'est pas sans une légitime émotion qu'on se voit ap- pelé à l'honneui" de présider vos travaux. Mais vous avez bientôt fait de calmer cette inquiétude et de réconforter vos élus. Nos assemblées ont beau être nombreuses, les communications y sont toujours écoutées avec une attention qu'on regrette de ne pas trouver dans certaines Acadé- mies ; les discussions y sont poursuivies avec un entrain qui n'exclut pas la courtoisie, et la sympathique cordialité qui règne dans nos séances rend douce et facile la tâche de celui que vous avez choisi pour les diriger. Aussi, en quittant ce fauteuil, je n'emporte que d'excellents souvenirs; je me sens pénétré d'un attachement plus profond envers notre Compagnie, d'une amitié plus vive pour chacun d'entre vous et c'est de tout cœur que je vous dis : Merci! Puissé-je n'avoir pas été trop indigne de la bienveillante confiance que par deux fois déjà vous m'avez témoignée !
L'année qui vient de s'écouler a été bien remplie. Permettez-moi, selon l'usage, de vous en rappeler les événements principaux, ceux du moins qui touchent à la vie de notre Société.
En prenant part à la grande fête du travail qu'a été l'Exposition universelle de 1900, nous ne faisions que suivre une tradition déjà vieille, et nous ne cherchions d'autre récompense que la satisfac- tion de tenir notre place à côté des autres Sociétés scientifiques fran- çaises et étrangères. La médaille d'or qui nous a été octroyée par le jury de la classe d'Enseignement supérieur, prouve que nous n'avions pas trop présumé de nos forces.
Mais, à côté de cet honneur collectif, de nombreuses distinctions indi- viduelles sont échues, pour des titres divers, à des collègues dont nous a\ons été heureux de saluer le succès.
Notre trésorier honoraire, M. le D'" A. Fumouze, aété promu officier de la Légion d'honneur, et la croix de chevalier du même ordre a
Séance du 9 jaiirirr 1901. 3
i'ié accordée à MM. de Chiybrooke, M. Mûindroii, P. Xadar, E. Radot, A. Vollon, Ch. Janet et F. Henneguy.
Dans l'ordre du Mérite agricole, ^IM. F. Henneguy et P. Yiala ont été promus commandeurs; M. Miol et M. Clément ont reçu la croix d'officier.
A TAcadémie française, M. M. Maindron a obtenu le prix Sobhier- Arnould, poursuivant ainsi la série des succès littéraires dont il est coutumier et qui sont comme la parure de son œuvre scientifique.
A l'Académie des sciences, M. Bordas est un des lauréats du prix DE Gama-Machado.
Notre sympathique collègue F. Henneguy, à qui l'année 1900, dou- loureuse à d'autres égards, a apporté des compensations depuis long- temps méritées, a été élu membre de la Société nationale d'Agriculture de France en remplacement d'A. Milne-Edwards.
Plusieurs sociétés savantes françaises ou étrangères nous ont fait l'honneur de choisir dans nos rangs des membres correspondants, mais je veux surtout attirer votre attention sur la distinction si llat- leuse obtenue par M. L. Bedel, à qui la Société entomologique de Berlin a décerné le titre très envié de Menibre honoraire. Notre collègue était déjà Membre d'honneur de la Société entomologique de Russie. 11 achèvera rapidement, soyez-en sûrs, son glorieux voyage circulaire.
Certes, mes chers Collègues, nous pouvons justement nous euor- gueiUir d'une pareille énumération, et cependant, je ne crains pas de le proclamer, si tous ceux qui ont été récompensés étaient vraiment di- gnes de récompenses, plusieurs ont dû se contenter d'un cinq centième de notre médaille d'or qui avaient quelque droit à être mieux partagés. Et, si je ne me trompe, telle était en partie la pensée qui vous inspirait lorsque vous avez choisi comme Président et comme Vice-Président pour l'année qui commence, les désignant ainsi à l'attention de tous et à la bienveillance des pouvoirs publics, deux savants de premier ordre, deux travailleurs trop modestes qui, dans ces parties si difficiles de l'Entomologie, l'étude des Arachnides et des Myriapodes, ont acquis une notoriété européenne , telle que tout honneur qui leur serait fait n'é- tonnerait personne excepté eux.
Au reste, Messieurs, je le sais, toutes ces marques d'estime ne vous touchent qu'en ce qu'elles prouvent l'importance qu'on attache à nos travaux. Votre ambition est plus haute. C'est par amour de la science pure et pour le seul progrès de la science que vous cultivez avec tant d'ardeur le vaste champ de l'Entomologie. Dans quelle mesure vos ef- forts ont été couronnés de succès, vous laissez juges de l'apprécier
4 Bidletin de la Société Entomologique de France.
ceux qui prendront la peine de lire nos publications : V Abeille toujours chère aux coléoptéristes. notre Bulletin et nos Annales au contenu si riche et si varié.
Pkisieurs Collègues trouvant même trop étroit l'espace que nous pouvions leur accorder, ont porté dans d'autres recueils les résultats de leurs recherches, ou bien ont accepté les offres d'éditeurs assez avisés pour publier des œuvres impatiemment attendues des jeunes naturalistes. Vous avez admiré il y a quelques jours le beau Catalogue illustré des Lépidoptères de France dressé par les soins éclairés de M. .1. de Joannis.
Et pendant que le plus grand nombre d'entre vous, retenus en France par des occupations diverses, ne peuvent consacrer à l'Entomologie que de rares instants économisés sur le labeur quotidien, d'autres, plus fa- vorisés, vont au loin, non sans fatigue et sans péril, chercher des maté- riaux inédits et portent le drapeau de notre Société dans les régions du globe les moins explorées. Nous saluons avec fierté ces hardis pion- niers de la Science, A 11 uaud à Madagascar, J. BonnieretCh. Pérez en route pour le golfe Persique et Kerguelen, et nousleur envoyons nos meilleurs souvenirs et nos vœux pour la réussite de leurs courageuses expéditions.
La vitalité de notre Société s'est affirmée cette année encore d'une autre façon. En de laborieuses séances, précédées par un travail sérieux de votre Conseil, nous avons revisé notre constitution, et cette opéra- tion, si redoutée dans les milieux parlementaires, s'est accomphe chez nous avec une merveilleuse facilité.
Nos réformes ont été dirigées dans deux directions princii)ales. Nous avons d'abord éliminé de notre Règlement un certain nombre de dispo- sitions surannées, sortes d'organes rudimentaires atrophiés par la dé- suétude, dont le maintien traditionnel absorbait dans nos séances un temps désormais beaucoup mieux employé.
Mais eu faisant disparaître quelques vieux usages, nous avons voulu prouver néanmoins le respect et la reconnaissance que nous gardons pour nos anciens. Si, en effet, la création de deux catégories de mem- bres nouveaux, les membres bienfaiteurs et les membres donateurs, nous permet d'espérer des encouragements et des générosités futures, que nous appelons de tout cœur, elle nous donne aussi le droit, par un équitable effet rétroactif, de perpétuer, en tète de la liste de nos adhérents, les noms de ceux qui naguère nous ont favorisés soit par des legs en argent, soit par le don de collections importantes; A.Pierret, Thibezard,E. Pissot, J. Dollfus sont de nobles exemples dont nous devons honorer la mémoire, sans oublier ceux qui nous ont laissé des
Séance du 9 janvier 1901. 3
souvenirs plus porsonnels: Sénac, Cli.etH. Brisout de Barneville, Peyerimhoff. Mauppin, Croissandeau, etc. Ennousléguaiit leurs collections ne nous ont-ils pas donné quelque chose d'eux-mêmes? Puis- sent de nombreux imitateurs continuer la tradition de ces hommes S'énéreux! Malgré le surcroit de besogne qui devrait en résulter pour eux, nous savons que nous pouvons compter sur le /Me et le dévoue- ment infatigable des membres de notre Commission des collections, et nous leur avons prouvé notre confiance en leur conférant des pouvoirs l)liis" durables et plus étendus.
Toutes ces réformes n'ont fait que consolider notre pacte fondamental, et comme l'a si bien dit un juge très compétent, le regretté Profes- seur J. Mik, elles nous ont insufflé comme un regain de jeunesse et une nouvelle ardeur au travail.
Vous le voyez, Messieurs, l'année a été bonne. Tous nous nous sommes efTorcés d'apporter notre pierre à l'édifice ([ue nous voulons élever. .Mais si l'œuvre dure et progresse, les ouvriers passent, trop rapidement, hélas! et depuis quelques mois l'impitoyable mort a fait dans nos rangs des vides cruels.
Nous avons vu disparaître, tour à tour, R.-H. Meade, le vénéré dip- tériste de Bradford, si laborieux et si secourable aux débutants; E. Blanchard et A. Milne-Edwards, deux maîtres illustres de la science française dont les mérites sont connus de tous; H. Beaure- gard, emporté dans toute la force de l'âge au moment où il commen- çait à recueilhr le fruit de longues années d'efforts ; E. A llard, l'auteur de nombreuses monographies; L. Favarcq, Ch. Marquet, V.-L. Seoane,H.Delamain, chercheurs habiles dont la vie s'est passée dans l'étude minutieuse de la faune des régions qu'ils habitaient; le D' Yal- lantin, H.-J. Lhotte, collectionneurs passionnés le premier de coléop- tères, le second de Lépidoptères et surtout de chenilles qu'il savait préparer avec un art remarquable; Huet le distingué carcinologiste et l'excellent professeur de la Faculté de Caen.
Et pour clore cette liste déjà trop longue, nous devons rappeler en- core trois deuils récents, trois morts profondément regrettables , celles de Joseph Mik, de Vienne, duD' 0. Staudinger, de Dresde, et de notre illustre membre honoraire, le baron de Sélys Longchamps. Chacun d'eux a laissé un nom impérissable dans la branche de la science à laquelle il s'était consacré. Longtemps leur perte sera déplorée dans le monde de l'Entomologie.
Ne nous laissons pas abattre, mes chers Collègues, par ces coups douloureux. Efforçons-nous de nous rendre dignes de ceux que nous avons perdus en suivant leurs traces et eu nous inspirant de leurs
6 Bulletin de la Société Entomologique de France.
travaux. Ouvrons nos rangs à dos Ijonnes volonti'S nouvelles et en- courageons les jeunes et les délmlants.
Suivant le nouveau Règlement, qui assure d'une façon régulière le recrutement de nos niemljres d'honneur, vous avez il > a quelques semaines renforcé cette glorieuse phalange par un cIioîk qui honore la société elle-même. Le baron C.-R. \on Osten-Sacken, docteur ho- noris causa de la brillante Université de Heidelberg, est connu dans l'Ancien et le Nouveau Monde i)ar ses admirables mémoires de Dipté- rologie.
Dans quelques jours vous allez compb'ter votre œuvre en donnant vos suffrages à un savant choisi, cette fois, parmi nos compatriotes.
Nos cadres sont donc complets. Notre Société est aussi parfaite- ment organisée et aussi prospère que possible, et il ne me reste plus en terminant iju'un devoir i)ien agréable à remplir, celui de remercier les collaborateurs que vous m'aviez donnés au bureau et dans les commissions. C'est grâce à leur concours permanent (pie j'ai pu ne pas être trop au-dessous de ma tâche.
Si je ne cherche pas à exprimer plus en détail mes remerciements et à faire comme il conviendrait les louanges de ces vaillants, c'est que depuis longtemps vous les avez vus à l'œuvre et que tous, secrétaire, trésorier, bibliothécaire-archiviste ont depuis longtemps aussi épuisé les formules d'éloges.
Cher monsieiu' Simon,
Au nom de tous nos collègues, je salue en vous le premier Président du xx^ siècle. Je suis heureux de remettre en des mains si dignes et si sûres notre avenir et nos intérêts scientifiques, et je vous confie le cahier sur lequel est enregistré l'avoir de la Société entomologique de France.
M. E. Simon prend place au fauteuil de la présidence et prononce l'allocution suivante :
En prenant possession du fauteuil présidentiel je dois, mes chers Confrères, vous adresser des remerciements d'autant plus chaleureux, que cette marque de sympathie suit de bien près celle, i)lus flatteuse encore, que vous m'avez donnée en me conférant le titre de membre honoraire.
La Société m'a au reste depuis longtemps comblé de ses faveurs, car j'ai déjà occupé deux fois cette place , ce qui me rajeunit de vingt-
Séance du '.) janvier 1901. 7
cinq ans et évoque dans mon esprit le souvenir de beaucoup d'amis et de collègues disparus qui ont encouragé mes débuts. Les fonctions de Président, dont je devrais avoir une certaine habitude, m'inspirent ce- pendant encore un peu de crainte; je n'ai plus, en effet, la jeunesse pour excuser mon inexpérience, et, de plus, je prends une succession difficile à soutenir.
L'éminent professeur à qui je succède, mais que je n'ai pas la pré- tention de remplacer, a su donner à nos séances un intérêt, je dirai même un éclat, qu'elles n'avaient pas autrefois; nous avons été capti- vés par son savoir si étendu et si sûr, que nulle question, quelque spéciale qu'elle soit, ne trouve en défaut; aussi avons-nous a[»plaudi de tout cœur à la consécration si justement méritée qui lui a été donnée récemment (je crois être ici l'interprète des sentiments unanimes des membres de la Société) lors([ue les portes de l'Institut se sont ouvertes devant notre savant Président.
Pour me conformer à l'usage, je devrais vous exposer un programme ou au moins vous exprimer des vœux, je me contenterai d'un seul, celui de voir reprendre les excursions aux environs de Paris ou même plus loin , si en faveur autrefois qu'elles semblaient faire partie inté- grante de la Société, mais tombées depuis en désuétude malgré les louables efforts des regrettés Lefèvre et Ragonot; dans ces aimables réunions les entomologistes apprenaient à se connaître plus intimement qu'en séance, et les jeunes profitaient de l'expérience des anciens; mais nous en reparlerons dans quelques mois, quand le soleil du prin- temps aura fait sortir les insectes de leurs retraites hivernales.
Je vous propose pour l'instant de reprendre l'ordre du jour après avoir voté de vifs remerciements à messieurs les membres du jjureau sortant, à monsieur le Professeur Giard, que nous espérons revoir sou- vent diriger nosséances, et à ses dignes collaborateurs, MM. François, Lé veillé, Lahaussois et à leurs adjoints.
La Société accueille par d'unanimes applaudissements les discours de MM. A. Giard et E. Simon.
— Le Président annonce que M. le Professeur A. Giard s'est fait inscrire comme Membre donateur de la Société.
Correspondance. — MM. le D'' Pbisalix, assistant au Muséum de Paris, L. Béguin, de Montluçon, et L. Mathieu, de Beaune, remer- cient la Société de leur admission.
8 BuUpiin de la Société Entomologùiue de France.
Nécrologie. — Le Président a le très vif regret de faire part à la Société de la mort de John-Henry Leech, B. A., F. L. S., etc., dé- cédé le 29 décembre, à Salisbury (Angleterre).
J.-H. Leech, qui s'occupait spécialement de Tétudo des Lépidoptères, faisait partie de la Société cntomologique de France depuis 1888.
Démissions. — M. le D'' Le Pileur et M. J. Danysz ont adressé au Président leur démission de Memijres de la Société.
Changements d'adresse. — M. F. Lombard, rue Roquebrune, G sad, Marseille (Bouches-du-Rhône).
— M. Lavergne de Labarrière, villa Saint-Louis, à la Croix d'Hyères (Alpes-Mar.).
— M. J. Clermont, 10, rue des Fontaines, Paris, 3^
Rectiûcations synonymiques. — ^L E. Abeille de Perriu com- munique à la Société les rectifications synonymiques suivantes :
Chrysobothris tristis Ab. (Diagn. Col. présum. nouv. Bull. Acad. Marseille, 1900, separ., p. 4), primé par C. tristis Deyr., devra s'ap- peler adusta Ab.
Sphenoptera sculpticolUs Ab. (/oc. cit., p. o), primé par S. scnlpti- collis Heyd., prendra le nom de glyphoderes Ab.
Anthaxia uniformis Ab. {loc. cit., p. 9), primé par A. uniformis Mac Leay, sera nommé tractata Ab.
Budget. — M. Cil. La ha us soi s, trésorier de la Société, donne lec- ture du rapport suivant relatif à sa gestion financière pendant l'exercice 1900 :
EXERCICE 1900.
RECETTES.
En caisse au 31 décembre 1899 737 fr.20 c.
Solde du compte de L'Abeille au 31 décembre 1899 versé à la caisse de la Société suivant vote du 28 fé- vrier 1900 022 »
Cotisations 7.739 6o
Tirages à part. 493 35
Ventes AWnnales et de Bulletins 176 oO
Abonnements aux Annales et au Ballelin 779 6o
Faune Bedel 123 »
Séance du 9 junriey 1901. 9
Tables 19 fr . 50
Suljvt'iîiion (lu Ministère de rinstruction publique. oUO ) . .„„
— — l'Agriculture 600 )
Annonces 24o 20
Remboursement du prix de gravures par un Sociétaire. 467 »
Ventes d'ouvrages divers o 2o
Revenus. 3.404 01
Exonérations de huit sociétaires 2.399 90
Vente d'un exemplaire du Zoological Record par la Bi- bliothèque oOO »
Total des recettes 18.812 fr. 21 c.
DÉPENSES.
Loyer, assurance 2.017 fr. 2o c.
Frais d'impression des Atuiales et du Bulletin.. ...... 5.784 80
Planches et gravures 2.029 10
Frais d'envois 706 »
Administration et correspondance o3o 6o
Ribliothèque (achats, abonnements, reliures) 440 20
Traitement de l'agent 800 »
Achat de 3 obligations Ouest 3 0,0 anciennes 2.263 10
Divers 44 80
Total des dépenses 14.620 fr. 90 c.
BALANCE.
Recettes 18.812 fr. 21c.
Dépenses 14.620 90 c.
fin caisse au 31 décembre 1900. 4.191 fr. 31 c. COMPTE DU JOURNAL L'ABEILLE
RECETTES.
En caisse au 31 décembre 1899. 622 fr. » c.
Abonnements 686 »
Ventes d'ouvrages 62 7o
Total des recettes 1.370 fr. 7o c.
10 Bulletin de la Société Entomologique de France.
DKl'IONSKS.
Impression 578 fr. lo c.
Correspondance , envois , diA ers 22 oO
Solde de compte au 31 drcenihrc 1899 versé à la caisse
de la Société ()22 «
Total des déi)enses 1.222 fr. Go c.
HALANCE.
Recettes l.:!7(l fr. 7oc.
Dépenses 1.222 fr. G.i c.
En caisse au 31 décembre 190U. 148 fr. 10 c.
AVOIR DE LA SOCIETE
PORTEFEUILLE.
524 francs de rente française 3 0,0 pour. 17.098 fr. 10 c.
443 francs de — 3 12 0/0 » 13.043 lo
177 obligations Ouest 3 0 0 anciennes (dont deux
aclietées avec les fonds de LWbeille). pour 82.570 oO
Capital au 31 décembre 1900 113.311 Ir. 7o c
— La Société, aux termes des articles 26 et 29 de ses Statuts et de son Règlement, renvoie l'examen des comptes du Trésorier à son Conseil (jui lui présentera un rapport dans une prochaine séance.
Communications
Description d'une nouvelle espèce de Teleia [Microlép.]
Par P. CuRÉTiEX.
En passant auprès de certains Prunelliers des environs de St-Pons de Thomières (Hérault), dans le courant de juin dernier, mon atten- tion fut attirée par quelques-unes de leurs feuilles attachées et déco- lorées d'une façon spéciale. Les ayant examinées de près, je trouvai dans ces feuilles une petite chenihe rougeàtre de Microlépidoptère avant la forme d'une chenille de Teleia.
Séance du 9 janvier lODl. 11
Mais, comme je ne connaissais qu'une seule chenille de ce genre mangeant le Prunellier, la Tel. vulgella Hb. ('), comme cette chenille vit chez nous au premier printemps, en avril et mai, et est de couleur verte, je ne doutai pas que ma chenille rougeàtre vivant jusque lin juin, dans le Midi, ne dût appartenir à une espèce que l'on n'avait pas encore observée. En ayant récolté un certain nombre et fait l'élevage à part, j'en obtins, en juillet suivant, plusieurs Papillons qui effective- ment étaient d'une espèce nouvelle, dont voici la description.
Teleia thomeriella, n. sp. — Enverg. ii mill. — Ailes supé- rieures grises, très légèrement nuancées de rosaire et plus ou moins parsemées d'écaillés noirâtres; un point noir à la base, une bande extrabasilaire oblique noire, large à la côte, puis s'amincissant et gagnant presque toujours le bord interne, une tache médiane noire, triangulaire à la côte, appuyée, au miheu de l'aile, de quelque.s points ou traits noirs ; au delà du milieu, les deux taches ordinaires opposées, se réunissant parfois et formant luie bande très nettement délinie et droite extérieurement, également noires; franges gris-brunàtre, pré- cédées d'une série de points noirs et divisées par une ou deux lignes d'écaillés noirâtres. Ailes inférieures gris soyeux luisant, franges gris brunâtre, un peu jaunâtres à la base. Tète et thorax blancs avec quelques écailles noires; abdomen gris jaunâtre; antennes noirâtres à peine annelées de blanchâtre ; palpes blancliâires, à dernier article trois fois annelé de noir, extrémité blanche.
La chenille mesure de 8 à lU mill. de longueur, est très moni- liforme, un peu aplatie en dessous et atténuée aux extrémités, gris verdâtre, plus clair sur les trois premiers segments, avec la dor- sale interrompue, les sous-dorsales plus continues, fuies, les bandes stigmatales, une ligne transverse sur le dos de chaque segment et des mouchetures rougeâtres : c'est l'ensemble de ces mouchetures et de ces lignes qui donne à la chenille l'aspect rougeàtre qui frappe tout d'abord; verruqueux petits et noirs avec poils blonds; tète brun jaunâtre avec les ocelles et le bord du sommet des calottes noirs, écusson du premier segment brun jaunâtre, bordé de noir sur les côtés et en arrière, clapet de mémo, pattes écailleuses noires extérieure- ment.
Elle vit au miheu d'un léger tissu de soie blanche dans une ou plusieurs feuilles repliées ou jointes par leurs bords et qu'elle mange
(1,1 La Tel. vidgella ienoinnl aussi de Cralacgus oxyacanlha et de rijrus malus.
12 DuUetin de la Société Entomologique de France.
intérieurement, épargnant seulement la surface extérieure qui devient blanche. Parfois, elle se métamorphose parmi les feuilles de l'arbuste, dans un tissu un peu plus fort, mais, le plus souvent, elle descend à terre et se fait une petite coque de soie à laquelle adhèrent faiblement des grains de terre.
La chrysalide est médiocrement allongée, un peu comprimée en dessus, de couleur brun jaunâtre, à derniers segments noirâtres, et d'aspect |)ulvérulent; mais, en réalité, hérissée de soies presque imper- ceptibles, raides et crochues; mucron large, arrondi, muni seulement de deux ou trois soies plus fortes et plus longues.
Le Papillon éclôt quinze ou vingt jours après, en juillet.
Quoique ne ressemblant ni à l'une ni à l'autre, cette nouvelle Teleia peut très bien se placer entre la T. vulyella Hb. et la T. scriptella Hb. (').
{\) A propos de la T. scriptella II b., il n'est peut-ôlrc pas sans intorol de consigner ici une remarque que j'ai faite sur elle.
Personne n'a su au juste ce qu'était l'espèce figurée par Duponchel (XI, pi. 298, lig. 3) sous te nom de Lita scriptella Hb. Évidemment, il y a eu er- reur de déterininatio» de la part de Duponctiel, car ni le Papillon figuré, ni ce qui en est dit dans le texte, ne peut se rapporter à la scriptella de Hubner. Stainton [ISat. fiist. Tin. IX, p. 173) l'avait déjà constaté autre- fois et Wocke, dans son Catalogue de 1871, à l'imitation de Stainton, a fait précéder d'un ? la citation de Duponchel au numéro de Tel. scriptella. Plus récemment, notre collègue M. Brown, dans les Actes de la Soc. Linn. de Bordeaux, accentuant davantage la séparation, en fit une espèce particu- lière à laquelle il imposa le nom de T. Duponcheliella.
Qu'on me permette de faire observer à mon tour que la L. scriptella figurée par Duponchel, ne jteut pas être une Teleia, ainsi que le prouv,- Vapex des ailes inférieures. C'est à mon avis la Symmoca signatclla H. S., espèce fort répandue autour de Paris, ainsi que le dit d'ailleurs notre auteur, « sur les troncs des Ormes et des vieux arbres fruitiers à écorce rugueuse, en juillet ».
La T. scriptella Hb., au contraire, est rare aux environs de Paris; elle ne se trouve guère que dans les clairières des bois où pousse l'Acer campestre (forêts de Meudon, de St-Germain, etc.) et paraît ordinairement un mois plus tôt. Sa chenille vit, en août et septembre, aux dépens des feuilles de cet Acer.
La chenille de la S. signatella — que ne connut pas Duponchel — vit en mai et juin aux dépens de l'écorce des Peupliers, Frênes, Acacias, Ormes, Tilleuls, Chênes, vieux Poiriers, etc. Elle a été décrite par Ragonot (Ann. Soc. eut. Fr. iS75, Bull. p. cxlv) et par M. Disque {Stettin. entom. Zeit. 1890, p. 88).
Séance du 9 janvier 190 L. 13
Bulletin bibliographique.
Académie des Sciences {C. R. liebdoin. des Séances), 1900, II, 26-27. — Y. ET M. Dklage : Sur les relations entre la consliluticn cliimiquc des produits sexuels et celle des solutions capables de déterminer la parthénogenèse.
Bibliog raphia Phijsiotogica,l, l-o; II, 1-2, 1898.
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La citation de Duponchel devra donc être supprimée du n° 1979 du Ca- talogue Staudinger et Wocke, 1871, et reportée sans? au n" 2228 de 5. si- gnai el la H. S.
14 Bulletin de la Société Entomologique de France.
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Séance du f) jaiirirr lOOi. lo
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Bedel (L.) : Description do deux Coléoptères nouveaux, du Nord de
l'Afrique [IMl. Soc. Ent. Fr.), 1900, 3 p.* Berg (C.) : Reclitlcaciones y anotaciones a la « Sinopsis de los Hemip-
teros de Chiie » de E.-C. Reed [Au. Mus. nac. B. Aures), 1900,
11 p.* Berge (Fr.) : Atlas colorié des Papillons d'Europe; édition française
par J. de Joaxxis, Paris, 1901, 117 p., oO pi. chromolith.* Bordas (L.) : Recherches sur les organes reproducteurs raàles des Co- léoptères {Ann. Se. nat.), 1899, 300 p., 11 pi., fig.* Id. : Étude anatomique des organes générateurs mâles des Coléoptères
à testicules composés et fascicules (C. R. Ac. Se), 1900, 3 p.* Id. : Considérations générales sur les organes reproducteurs mâles des
Coléoptères à testicules composés et disposés en grappes {loc. cit.),
1899, 4 p.* Id. : Organes reproducteurs des Coléoptères [Ann. Soc. Eut. Fr.),
1898, 9 p., 1 pL, n.* Id. : Recherches sur les organes génitaux mâles de quelques Ceminbij-
cidae [loc. cit.), 1899, 8 p., 1 pi., n.*
16 Bulletin de la Société Entomologique de France.
Bordas (L.) : Recherclios anatomiques et histologi(]uos sur les Oï'ganes reproducteurs mâles des Chnjsoinelidae {Jonrn. Anal. Phi/sioL),
1899, 23 p., 2 pi., n.*
Id. : Étude comparée des orgaues reproducteurs mâles des Coléoptères {C.R. Ass. fr. Av. Se), 1899, 4 p.* Nota. — Tous les ouvrages ci-dessus de M. L. Bordas out été adressés à la Bibliothèque en vue du concours du Prix Dolifus.
BucHET ((i.) : Considérations sur les conditions favorables au dosage du plankton de surface en haute mer [Rev. Scient.). 1900. 3(5 p.. fig.-
Daguix (E.) : Les espèces comestibles dans l'antiquité et de nos jours. {Le yatur.), 1900, 29 p.*
Froggatt (W.) : Notes on Australian Coccidae (Scalc InsectsV {Acjr. Gaz. N. S. ]V.), 1900, 9p. 1 pi*
Id. : Scale Insects that produce Lac, with a Description of a New Aus- tralian Species [toc. cit.). 1900, 5 p., 1 pi.*
Id. : The Hessian Fly {Cecidomyia destnictor Say.) and AUied Grain Pests. [loc. cit.), 1900, 6 p., 1 pL*
Id. : Plague Locusts {loc. cit.), 1900, 9 p., 1 pL*
Id. : Insects living in Figs, Avith somc account of Capritication [loc. cit.), 19U0, 10 p., 1 pL*
Id. : Notes on a Collection of Ticks, determined h\ Prof. Neumann {loc. cit.), 1900, 3 p.*
Goss (H.) : The Geological Antiquity of Insects. {Ent. Monthhj Mag.).
1900, o2 p.*
Howard (L.-O.) : Régulations of foreign Governments regarding Im- portation of American Plants, Trees and Fruits [C. S. Dep. Agr.), 1900, 4 p.*
Marlatt (C.-L.): How to control the San José Scale {loc. cit.\ 1900, 6 p.*
Meunier (F.) : Ueber einige Coleopteren-Flûgeldecken aus der pragla- cialen Brauukohk^ und dem interglacialen Tortlager von Lauenburg (Elbe), {Jahrb. K. pmiss. Laml.), 1900, 8 p.*
A. L.
Le Secrétaire-gérant : Pu. François.
BULLETIN
DE LA
SOCIÉTÉ ENTOMIOLOaiQUE HDE FRANCE
Séance du 23 janvier lOOl.
Présideiicfi de M. E. SIMOX.
Admissions. — Delawarc Collège Agricultural experiment station (E. Dwight Sanderson entomologist), Newark Del. (États Unis d'A- mérique'.
— M. Lucien Chopart, 33, rue Chapon, Paris 3« [Coléoptères (VEurope]. présente par M. P. Estiot.est admis à titre de Membre assis- tant.
— M. René Donckier de Donceel, 40, avenue d'Orléans, Paris i¥ [Entomologie générale].,^vc?>Q,nXé, par M. H. Donckier de Donceel, est admis à titre de Membre assistant.
Présentations. — M. Gaston Cliopard, 35, rue Chapon, Paris S" [Lépidoptères cVEurope], présenté par M. P. Estiot. — Commissaires- rapporteurs MM. l'abbé J. de Joannis et G. -A. Poujade.
— M. Daniel Lucas. 27, rue Hamelin, Paris 16« [Lépidoptères], présenté par M. Hucberard. — Commissaires-rapporteurs MM. l'abbé .1. de Joannis et G.-A. Poujade.
— M. Auguste M é qui gnon, 40, rue d'Ulm, Paris ^'^ [Coléoptères], présenté par M. J. de Gaulle.— Commissaires-rapporteurs MM. Cha- banaud et Ph. Grouvelle.
— M. Charles Rudekeil, 80, rue Fond-Pirette, Liège (Belgique) [Biologie des Coléoptères], présenté par M. Ph. François. — Commis- saires-rapporteurs MM. A. Giard et J. Kiinckel d'Herculais.
— M. Gaston Seurat, docteur es sciences, 2, rue Esquirol, Paris 13^ [Entomologie générale, biologie], présenté par M. E.-L. Bouvier. — Commissaires-rapporteurs MM. P. Lesne et J. de Gaulle.
— M. George V o do z, villa Forcioli, Ajaccio (Corse) [Biologie des Coléoptères], présenté par M. le capitaine Fer ton. — Commissaires- rapporteurs MM. J. Magnin et Ph. Grouvelle.
Bull. Soc. Elit. Er., 1901. N" 2.
18 Bulletin de la Société Entomologiqne de France,
— M. Jules Tliiliault, receveur des droits de place de la Ville. Caudebec-lès-Elbeuf Scine-Inf.) [Coléoptères de France], présenté par M. Degors. — Commissaires-rapporteurs MM. A. Léveillé et J. Ma- g n i n .
Prix DoUfus. — Au nom de la Commission du Pp.ix Dollfus, ;M. E. Dongé donne lecture du rapport suivant :
Messieurs.
La Commission du Prix J. Dollfus s'est réunie le 21 janvier 1901 sous la présidence de M. E. Simon [^].
Les travaux suivants étaient soumis par leurs auteurs à l'examen de la Commission.
1" Faune analytique illustrée des Orthoptères de France, par M. C. Houlbert (Paris, 1900. oo pages, extrait du vol. de la même année de La Feuille des Jeunes Xaturalistes).
2" Mœurs et métamorphoses des Insectes, par le capitaine V. Xam- beu, lO*" Mémoire, 72 pages Extrait des Annales de la Société Lin- néenne de Lyon, t. XLYI, 1899\
3° Plusieurs brochures faisant partie d'une suite d'ouvrages sur l'ap- pareil digestif et les organes génitaux les Insectes, par M. L. Bordas.
4" Trois volumes intitulés « l'Amateur de Coléoptères », « l'Ama- teur de Papillons )>. « l'Aquarium d'eau douce » traitant des mœurs, de la détermination, la cliasse et la préparation des divers ordres d'in- sectes, par M. H. Coup in. Ces volumes ont été publiés en 1893. 1894, 'l89o.
Votre commission a tout d'abord pensé que les volumes présentés par M. H. Coup in ne rempUssant pas, quant à la date de leur pubU- cation. les conditions du Règlement, ne pouvaient être admis au con- cours.
Son examen n'a donc porté que sur les ouvrages de MM. L. Bordas, C. Houlbert et V. Xambeu.
Dans son travail sur les Orthoptères de France, M. C. Houlbert a joint à un texte consciencieusement étudié des planches soigneusement dessinées de tous les genres d'Orthoptères français et des dessins sché- matiques reproduisant les principaux caractères des différents types de cet ordre.
Cet ouvrage rendra facile aux entomologistes l'examen d'un groupe
(1) Étaient présents MM. lîouvier. Dongé, François, Léveillé, Ma- bille, Poujade, Simon.
Séance du 23 janvier 1901. 19
jusqu'ici quelque peu délaissé et leur permettra, avec le beau travail de M. Finot précédemment couronné par notre Société, de se livrer avec fruit à Tétude de cette partie de la Faune française. L'auteur a su, selon nous, se rapprocher étroitement des conditions indiquées par le Donateur, et la Commission a décidé à l'unanimité de le proposer à vos suffrages pour l'obtention de la totalité du Prix DoLLrrs pour l'année 1900.
En ce qui concerne le Prix de l'année 1899, qui avait été réservé Tan dernier, votre Commission a pensé, bien que les mémoires présen- tés par MM. L. Bordas et Xambeu ne pussent être considérés comme remplissant complètement des conditions exigées par M. Dollfus, sti- pulant que « Le Prix s'appliquera particulièrement au travail qui con- viendra le mieux à l'instruction des débutants en Entomologie », votre Commission a pensé, dis-je, qu'il pouvait y avoir lieu de les admettre au concours, par suite de l'intérêt scientifique qu'ils présentent et des services qu'ils sont appelés à rendre.
En etïet : le 10" Mémoire de M. Xambeu fait partie de la publica- tion d'une longue série d'observations patientes et consciencieuses qui projettent sur les mœurs et les premiers états des insectes une lumière que mettront à profit les entomologistes s'occupant de la biologie de ces intéressants Articulés.
Les travaux de M. L. Bordas d'autre part, au nombre desquels la Commission a principalement distingué un Mémoire de 300 pages, 11 planches et 120 figures extrait de?, Annales des Sciences naturelles et intitulé « Recherches sur les organes reproducteurs mâles des Coléo- ptères », peuvent servir de guide aux jeunes anatomistes désireux de se renseigner sur l'organisation interne de ces insectes.
Ces motifs nou^s ont décidés à présenter ex aequo pour le Prix de 1899 les travaux de MM. Bordas et Xambeu, et la Commission, heureuse de pouvoir cette année soumettre à vos suffrages trois ouvrages sur la Systématique, la Biologie et l'Anatomie, conclut qu'il y a lieu de pro- poser :
1° L'attribution de la totalité du Prix Dollfus pour 1900 à M. C. Houlbert pour sa « Faune analytique illustrée des Orthoptères de France ».
2° Le partage du Prix de 1899 en deux parties égales entre MM. : Y. Xambeu pour son dixième « Mémoire sur les mœurs et méta- morphoses des Insectes » ;
L. Bordas pour ses « Recherches sur les organes reproducteurs mâles des Coléoptères >> .
20 fhiUelin de la Société Eniomologique de France.
— Après la lecture de ce rapport, le Président rappelle qu'aux termes des articles 14 et 63 du Règlement, le vote pour le Prix Dollfus des années 1899 et 1900 aura lieu dans la séance du mercredi 27 février 1901 (séance du Congrès).
Tous les membres français ont le droit de prendre part au vote, qui aura lien au scrutin secret et à la majorité des sulfrages, soit directe- ment, soit par correspondance.
Il y aura lieu d'envoyer (dans deux enveloppes séparées et signées) un bulletin de vote distinct pour cliacun des deux prix à décerner, en spécifiant si ce prix doit être attribué dans sa totalité, partagé ou ré- servé.
Les votes devront parvenir entre les mains du Président de la Société, au siège social (Hôtel des Sociétés savantes. 28, rue Serpente, Paris 6''), au plus tard le mercredi 27 février 1901, à hait heures (hi soir.
Élection d'un Membre honoraire. — Conformément à la décision prise dans la séance du 12 décembre 1900, la Société procède à un se- cond tour de scrutin pour Télection d'un membre honoraire {membre français).
Soixante-cinq membres prennent part au vote, soit directement, soit par correspondance ; ce sont MM. :
Abeille de Perrin, — F. de Beau chêne, — Bedel, — Belle- voye, — Bourgeois, — Bouvier, — Brabant, — Brolemann.
— Busigny, — R. du Buy sson, — Chabana ud, — Chevalier,
— Chrétien, — Daguin, —Del val, — Dongé, — Duc haine, — Dumont, — Estiot, — Foulquier, — François, — Cadeau de Kerville, — J. de Gaulle, — Giard, — Groult, — A. Grou- velle, — J. Grouvelle. — Ph. Grouvelle, — Guy on, — Ileim- burger, — Hucberard, — .leanson, — J. de Joannis, — Jourdheuille, — Kiinckel d'Herculais, — Lahaussois, — La- mey, — Lamy , — Lcsne, — Léveillé, — Magnin, — Marchai,
— Marmottan, — Ch. Martin, — J. Martin, — Mesmin, — Peschet, — Pic, — L. Planet, — V. Planet, — de la Porte,— G. Portevin, — H. Portevin, — Pottier, — Poujade, — Pu- ton, — Régimbart, — Royer, — Sedillot, — Sérullaz, — M. de Vauloger, — Vayssière, — Viard, — 1 signature illisible.
Les suffrages sont ainsi répartis : M. P. Ma bille. 32.
Séance du 2.3 janvier JOOl. 21
M. A. Fauvel, È7.
MM. L. Bedel, 2; — E. Abeille de Perrin, 1; — H. duBuys- sou , 1; — A. Lé veillé, 1 ; — Ch. Oberthûr, 1.
M. P. Ma bille, ayant obtenu la majorité des suffrages, est proclamé Membre honoraire de la Société entomologique de France.
Captures. — ;M. C. Houlbert signale la capture du Seaunis tristis Oliv. aux environs de Sens (deux individus trouvés sur une pierre auprès de la ville).
Ce coléoplère exclusivement méridional a été évidemment importé accidentellement dans le pays.
Entomologie appliquée. — M. le Professeur P. Marchai fait la communication suivante :
M. Howard , directeur de la Division d'Entomologie du département de l'Agriculture des États-Unis, cherche actuellement à introduire aux Étals-Unis le Calosôme sycophante pour l'utiUser dans la lutte contre le Liparis dispar (Gipsy-Moth),et la chenille de VErastria scitula pour l'opposer au Lecanium oleae qui est une des Cochenilles les plus nui- sibles de la Californie. L'utilisation de parasites ou de prédateurs eu- ropéens lui semble particuhèrement indiquée pour lutter contre ces insectes nuisibles d'origine européenne dont la naturaUsatlon en Amé- rique est relativement récente, et dont la multiplication, insuffisamment contrebalancée par les parasites, est encore plus désastreuse que dans notre pays.
M. Alwood, envoyé en mission en France parle Gouvernement des États-Unis, a prié M. Marchai de s'occuper de cette question à la- quelle la Division d'Entomologie attache la plus grande importance.
M. Marchai sera donc reconnaissant à ses Collègues de la Société entomologique qui pourraient se prociu'er des Calomnia sycophanta (à l'état de larves ou d'adultes) et des Erastria scitula (à l'état de che- nilles jeunes ou d'œufs) de bien vouloir se mettre en relation avec lui (Station entomologique de Paris, 16, rue Claude-Bernard), de façon à ce que l'envoi de ces animaux soit fait en Amérique dans les meilleures conditions possibles.
Tous les frais qui pourraient être nécessités par les recherches seront remboursés par la Division d'Entomologie.
22 Bulletin de la Société Entomologique de France.
Communications.
Sur quelques points de la métamorphose des Fourmis [Hvméx.] Par Ch. Pérez.
Tissu adipeux. — Chez les larves très jeunes des Fourmis, les cel- lules du tissu adipeux, assez intimement accolées entre elles, forment (les amas irréguliers flottants, qui sont loin de remplir les espaces de la cavité du corps laissés libres entre les organes. Chacune de ces cel- lules, de taille relativement petite, présente un protoplasme réticulé, très vacuolaire. éosinophile, réparti principalement en une couche pé- ripiiéri(iue assez épaisse et eu gros trabécules radiaires. Le noyau, vo- lumineux, est ù peu près régulièrement ovoïde, et sou contour, bien distinct, présente simplement quelques angles de rebroussement sail- lants, aux points d'attache des plus gros ti'abécules protoplasmiques.
Au cours de la vie larvaire, des globules gras' apparaissent, d'abord peu à peu, entre les mailles du réseau protoplasmique ; puis leur nom bre augmente rapidement. La cellule adipeuse distendue, grandit et atteint une taille considérable; de sorte que le tissu adipeux, sans que d'ailleurs augmente le nombre de ses cellules, arrive à combler à peu près les espaces interorganiques. Chez la larve âgée, les cellules, de- venues polyédriques par pression réciproque, sont à tel point bourrées de globules gras, que les trabécules protoplasmiques. laminés entre ces derniers, sont devenus presque imperceptibles, et il en est de même de la couche périphérique limitant la cellule. Les modifications les plus curieuses sont celles relatives au noyau. Comprimé de plus en plus par les globules, il a pris d'abord une forme étoilée : puis, cou- lant pour ainsi dire dans ses prolongements diffluents, s'insinuant entre les globules dans des directions multiples, il prend finalement, avec un contour moins net, un aspect de plasmode tout à fait irrégulier. A ce stade toutes les cellules sont encore parfaitement cohérentes entre elles.
Sauf les particularités relatives au noyau, l'évolution précédente, dif- férenciation progressive qu'on ne saurait confondre avec la dégénéres- cence graisseuse, se retrouve dans ses grands traits chez tous les In- sectes. On peut l'enrayer expérimentalement, et même revenii' en arrière en soumettant les larves à une inanition prolongée. L'expérience se trouve réalisée naturellement chez les larves atteintes par des para- sites internes. Le fait a été signalé par Pantel pour les Phasmes para- sités par le Thrixion Halidayaninn, et je l'ai observé pour des larves de THyponomeute du Fusain parasitées parVEncyrtiis fuscicollis. Chez
Séance du 23 janvier 1901. 23
des chenilles âgées et prêtes à filer, mais atteintes par le parasite, les cellules adipeuses étaient encore, comme chez de toutes jeunes larves, à protoplasme vacuolaire, et dénuées de globules.
Dès les premiers moments de la nymphose, une modification se pro- duit dans les cellules adipeuses, marquée par leur changement de cou- leur; elles passent du blanc brillant au jaune crémeux clair. En outre les cellules se dissocient, et, isolées les unes des autres, reprennent un contour plus sphériquc ; en même temps leur fragilité devient extrême ; à l'état frais, elles éclatent et laissent répandre leur contenu au moin- dre froissement; après fixation elles prennent une consistance fari- neuse extrêmement friable, et, dans les coupes à la paraffine, les glo- bules gras sont facilement entraînés par le rasoir en dehors des limites brisées de la cellule. C'est sans doute aux défauts de ce procédé de technique qu'il faut attribuer les interprétations erronées des auteurs, qui ont cru pouvoir conclure, chez des types voisins, à une rupture des cellules , remplissant la cavité du corps d'une émulsion qui serait ultérieurement résorbée, ou, par une sorte de cristallisation, réorgani- serait des cellules autour des anciens noyaux persistants. L'examen à l'état frais ne laisse aucun doute sur l'intégrité de la membrane cellu- laire de ces cellules grasses isolées {trophocytes de Berlesc), intégrité qui persiste pendant toute la nymphose. Il suffit, pour s'en convaincre, de laisser écouler sur un porte-objet le contenu d'une nymphe dilacérée avec précaution; quelques globules isolés, provenant de la rupture traumatique inévitable de quelques cellules, flotteront seuls autour des trophocytes à contours parfaitement nets.
Dans les stades ultérieurs de la nymphose, les trophocytes perdent peu à peu les globules nutritifs dont ils étaient remplis ; de nouveau des trabécules protoplasmiques et une couche périphérique deviennent distincts ; et chez l'imago qui vient d'éclore, les anciennes cellules adi- peuses sont revenues à un état qui rappellerait assez celui de leur dé- but dans la jeune larve, si les noyaux conservaient la forme plas- modiale irrégulière, trace des vicissitudes subies par ces cellules vieillies. Peu à peu les trophocytes disparaissent sans intervention de phagocytose. Au cours de la vie nymphale, ou peut observer d'une manière très sporadique des leucocytes à l'intérieur des cellules grasses ; mais il ne semble pas qu'il faille attribuer à ce fait une grande impor- tance physiologique.
Les résultats précédents de mes observations sur diverses Fourmis [Formica, Lasim, Camponotus, Myrtiiiea, Aphaenogaster) et sur Vespa crahro, concordent avec ceux des travaux de Berle se et d'Henneguy sur les Muscides.
2i Bulletin de, la Société Entomologique de France.
Tube digestif. — Une question encore controversée est celle de l'o- rigine des cellules de remplacement du tube digestif. Chez des larves d'un certain âge. ou reconnait facilement, à la base des cellules épitbé- liales fonctionnelles, ces imaginales du tube digestif en groupes de 3, 4 ou 5 petites cellules accolées; leur prolifération ultérieure fera réu- nir ces îlots par leur bords, et constituera un nouveau manchon épi- thélial continu, à l'intérieur duquel sera digéré répithélium larvaire. Ces ilôts, enclavés, semblent des éléments étrangers au tube digestif; on dirait presque des parasites, et ou pourrait être enclin à admettre qu'ils ont une origine extérieure à Tépithélium, qu'ils représentent l'état fixé d'amœbocytes migrateurs; l'opinion a été soutenue. Mais si on examine des larves de plus en plus jeunes, on constate toujours la présence de ces petites cehules imaginales, moins nomljreuses il est vrai dans chaque groupe, parfois uniques, mais toujours reconnaissa- bles à leur position et à leur aspect. C'est donc jusqu'au développement embryonnaire qu'il faut reculer pour élucider leur origine, et il me semble qu'il faut voir dans ces cellules, non des éléments étrangers à répithélium, mais bien des éléments contemporains des cellules actuel- lement fuiR'tionnelles chez la larve, et dont la spécialisation remonte à la différenciation même des organes de l'embryon.
Ce n'est d'ailleurs pas là un fait isolé, et on peut dire d'une manière générale que c'est déjà dans l'embryon des Insectes que se difïérencient les initiales de tous les organes de l'imago. Au moment où la larve éclôt, on y peut distinguer deux catégories de cellules; une première comprend la grande majorité des cellules, déjà arrivées au terme de leur différenciation histologique, et reconnaissables pour des cellules épithéliales, glandulaires, pour des fibres musculaires, des cefiules de la peau, etc. Ce sont toutes ces cellules qui constituent les organes fonctionnels de la larve, et qui suffiront à sa croissance, en grandis- sant elles-mêmes, souvent jusqu'à atteindre des tailles considérables, le plus souvent sans se diviser. La seconde catégorie comprend des cellules disséminées par petits groupes, en enclaves dans les organes, cellules que l'on pourrait appeler embryonnaires, si l'on veut seule- ment rappeler par là qu'elles sout dénuées de particularités histologi- ques, permettant de distinguer les unes des autres les cellules d'un même flot ou de deux îlots différents. Mais ces petites cellules doivent être considérées comme chimiquement très spéciales, comme physio- logiquement différenciées, ainsi qu'il résulte par exemple de leur ré- sistance aux parasites qui attaquent les cellules larvaires (Coccidies coelomiques), et plus généralement de leur vie latente, de leur en- kyslement prolongé au sein des organes de la larve, enkystement qui
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nianifoste l'impossibilité où elles sont d'assimiler dans le milieu intérieur (le celle-ci. Ces cellules doivent être dès le début considérées comme imaginales; ce sont elles qui, sorties de leur repos kystique sous l'in- lluence d'un stimulus nouveau, présenteront à la fois une proliféra- tion active et une dilïérenciation morphographique, amenant la consti- tution, à leur état définitif, des organes de l'imago.
Un point encore est à signaler ici : c'est l'extraordinaire dispropor- tion de taille entre les cellules des tissus homologues de la larve et de l'imago; chez cette dernière les éléments histologiques sont incompa- rablement plus petits que chez la larve; souvent à cela s'ajoutent d'autres différences; un des exemples les plus nets est le contraste frappant qui existe chez les Hyménoptères entre les muscles imagi- naux à petits noyaux axiaux et les muscles larvaires à gros noyaux périphériques. On n'a pas, semble-t-il, attaché jusqu'ici une assez grande importance à ces faits qui me paraissent manifester les mo- difications profondes subies par le milieu intérieur au moment de la nymphose.
Sur les différentes formes de l'appareil trachéen dans une même famille d'Aranéides Par Ed. Lamy.
Chaque fois que, dans une famille d'Aranéides, à côté de types ayant des trachées réduites à quatre tubes simples sans ramification, Bertkau a trouvé des genres à appareil trachéen bien développé, avec rameaux arborescents ou avec bouquets de tubules, il n'a pas hésité à en faire une famille distincte. C'est ainsi qu'il séparait les Dic- tynides des Amaurobiides, les Micryphantides des Théridiides, les Thomisides des Sparassides, les Anyphaenides des Clubionides, les Argyronétides et les Hahniides des Agélénides.
Cette manière de voir, qui n'a d'ailleurs pas été acceptée, peut être combattue par des raisons tirées de l'étude seule du système tra- chéen. Car, d'une part, l'existence de formes différentes de cet appa- reil dans des genres très voisins est un fait plus fréquent que ne l'a indiqué Bertkau, et, d'autre part, dans une même famille on peut trouver des transitions entre les types extrêmes.
Chez les Uloborides, dans Dinopis j'ai observé (') quatre tubes sim- l)les, tandis que Uloborus et M iag mm inopes ont des trachées arbores- centes.
(1) Bull. Soc. etii. Fr., l'JOO, n" 13, p. 2(57. ^
26 Bulletin de lu Société Entomologique de France.
Chez les Zodîiriides. le genre Storena se distingue de Zodarion par- le même caractère.
Chez les Clubionides, dont Bertkau sépare Anyphaena à cause de son système trachéen arborescent, il décrit chez Micrommata, Clii- biona. Chiracanthiwn, Agraeca, Trachelas, quatre tubes simples, ob- servés également par moi chez Selenops et Ctcnus. Mais chez Zora j'ai constaté que sur ces qiialrcs tubes les deux internes sont bilides, pre- mier indice d'une ramilication (').
- Chez les Agélénides, dont il exclut d'ailleurs d'une part Argyroneta et d'autre part llahnia en raison de leur appareil trachéen composé de deux troncs principaux avec bouquets de tubules, Bertkau n'indique que des formes à quatre trachées tubulaii'es simples ; c'est en effet le cas pour Tegenaria et Coelotcs. Mais il n'en est pas ainsi pour d'autres genres. Chez Agelena, les deux tubes externes étant simples, les deux Internes sont bifides. Chez Ciciirina, les latéraux étant grêles, les mé- dians ont un petit nombre de branches. Chez Cvfiphaeca, les externes étant de même très faibles, les internes forment deux gros troncs prin- cipaux pénétrant dans le céphalothorax et s'y terminant par des ra- meaux arborescents. Chez Chorizomma il n'y a que deux tubes, qui, après avoir donné chacun une apophyse rudimentaire, se ramifient ensuite très peu. Chez Cybaeus, qui n'a également que deux troncs (^j, ils donnent de nombreuses branches.
Chez les Attides, Bertkau avait reconnu que l'appareil trachéen est formé de deux troncs principaux avec bouquets de tubules; rela- tivement courts chez Erganc, plus longs chez Ueliophanus, Attus, Cal- liethera, ces troncs restent limités à l'abdomen dans ces genres; chez Ballus ils pénètrent dans le céphalothorax et présentent un fil spiral beaucoup plus net. Mais, à côté de ces formes à appareil trachéen très développé, dans le genre Lyssomnnes, sur lequel M. Eu g. Simon a bien voulu attirer mon attention, je n'ai trouvé que quatre tubes simples (^).
Donc , en résumé , on peut rencontrer, d'une manière assez géné- rale, dans une même famille des genres où l'appareil trachéen est très simple et d'autres où il est hautement différencié, avec parfois des formes de passage, notamment chez les Agélénides.
(1) Chez Micaria puUcaria, j'ai vu une seule fois un des tube.s internes èlre bifide.
(2) J'ai pourtant observé dans un exenii>laire de Cybaeus reticulatus,ma.\9, d'un seul côté, une branche qui semblerait pouvoir être comparée à un tube externe.
(3) Je n'ai pu découvrir ciiez les Attides les rudiments latéraux représen- tant, pour Purcell, les Iracliées homologues des poumons.
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Note complémentaire sur Teleia scriptella Hb. [Microlép.] Par P. Chrétien.
Peu do temps après l'envoi de ma communication sur Teleia tJiome- riella et de la note qui la suit, j'ai reçu de notre collègue bordelais. M. R. Brown, une lettre m'apprenant que depuis longtemps déjà il avait reconnu l'identité du Microlépidoptère figuré par Duponchel sous le nom de Lita scriptella Hb. avec la Symmoca signatella H. S. et par suite l'invalidité de sa Teleia Duponcheliella. Je suis heureux de con- stater ici que notre collègue et moi nous sommes du même avis.
Capture d' Isophya pyrenaea Serv. [Orthopt.] aux environs de Sens (Yonne)
Par C. HouLBERT.
Le lo juin dernier (1900), j'étais allé explorer les coteaux secs de la rive gauche de la vallée de la Vanne, en face de Màlay-le-Roi, dans le but de récolter quelques Mantes religieuses à l'état de larves.
Je rencontrai là tous les Orthoptères qui fréquentent ces pelouses arides à cette époque de l'année : Oedipoda coerulescens ; Stenobo- thrus bicolor, pulvinatus, rufipes ; Ephippiger; Mantix, etc., mais je découvris en même temps, à terre, sur des herbes basses, un Phané- roptéride aptère, tout à fait inconnu jusqu'à ce jour dans notre région, et que je considérai tout d'abord comme un mâle non adulte de 7?^/- bitistes serricauda Fab r.
. On sait, en effet, que ce bel insecte appartient à la faune des mon- tagnes boisées de l'Europe. D'après les renseignements que j'ai re- cueillis, on ne l'a observé en France que dans les Basses-Alpes, à Lar- ches (Brisout de Barneville), et dans les Vosges (Pierrat). Jus- qu'ici, son habitat le plus septentrional paraît être la Belgique, où Sélys-Longchamps l'a signalé dans les bois de Chênes des Arden- nes (Wesmaël) et à Chàtillon (M. Colbeau).
Pour lever tous mes doutes, je m'empressai de communiquer mon Phanéroptéride à M. Fi no t. Le savant orthoptérologiste me répondit immédiatement que le Locustide de Màlay était encore plus inté- ressant que je ne l'avais supposé ; il le considérait, en effet, comme un mâle parfaitement adulte (ïlsophija pyrenaea Serv., espèce beaucoup plus rare encore que la précédente, beaucoup plus méridionale, et qui
28 Bulletin de la Société Entomologique de France.
parait jusqu'ici n'avoir jamais été trouvée (en France du moins) ail- leurs que dans les Pyrénées.
Toutefois M. Finotest d'avis que la question a besoin d'être étudiée à nouveau et qu'il convient d'attendre jusqu'à l'année prochaine pour se prononcer.
Quoi qu'il en soit, la présence de cet insecte, Barbitistes ou Isophija, me parait présenter un réel intérêt.
L'uni(iuc exemplaire que j'ai réussi à capturer, malgré mes recher- ches réitérées, était né évidemment sur les collines boisées de Mâlay; sa présence fait supposer l'existence de toute une famille et de parents; il y a donc là tout au moins, une petite colonie de cet intéressant Or- Ihoptère.
Ce fait m'a paru diyne d'être signalé à l'attention de la Société ento- mologique de France.
Je conserve précieusement l'insecte dans ma collection et je le tiens à la disposition de ceux de nos collègues qui désireraient l'étudier.
Observation sur la noie précédente Par A. GiARD.
La disposition des cerci, simplement courts et placés au-dessus de la lame subgénitale chez les Isophija mâles, tandis qu'ils sont déçusses et croisés sous la lame subgénitale chez les Barbitistes, fournit un très bon caractère pour séparer les deux espèces Barbitistes serricauda Fabr. et Isopliya pijrenaea Serv. Les figures données par Brunner de Wattenvvyl {Prodromus, pi. VII, tig. 61 et 62) ne semblent guère comporter d'hésitation.
Si l'Orthoptère trouvé par M. Iloulbert est bien Ylsopluja pijrenaea, il y a lieu de tenir compte d'une indication de Pierrat non relevée dans la Faune des Orthoptères de Finot.
rt J'ai trouvé ces jours derniers, dit Pierrat, sur les hauteurs de Gerhomont (Vosges), dans les environs d'une tourbière, à une altitude de mille mètres, le Barbitistea pijvenaea Rambur (5; malgré mes re- cherches je n'ai pu trouver d'autres sujets; cet Orthoptère ayant les élytres très courtes ne peut pas voler et n'a pu être là accidentellement. Il y a près de dix ans j'ai déjà trouvé sur les hauts sommets vosgiens le Barbitistes denticauda qui y est assez commun » {Petites Nouvelles rntomologi'iues, 1. 1, n'' 134, IS nov. 1873, p. o36).
xNotre collègue M. F. de Saulcy ayant signalé déjà l'inexactitude de certains renseignements de Pierrat (voir Bull. Soc. Ent. Fr., 1894,
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p. xxiii), c'est sous toutes réserTes que nous rappelons l'indicalion ci- dessus.
Cependant Isophija pi/renaea a été rencontrée jusqu'en Styrie et aux environs de Vienne en Autriche; il n'y a donc, a priori, nulle impos- sibilité à ce qu'on le trouve aussi dans les Vosges.
Sur la Chrysis shanghaiensis Smith [Hyméx.] (') Par R. DU BuYSsox.
Plusieurs années de suite, M. l'abbé .1. de Joannis mit à ma dis- position un nombre considérable de cocons de Monema flavescens Wlk. provenant du Sud-Est du Tché-li et des environs de Changhaï. J'ai pu ainsi conserver vivantes des Chrysis shanghaiensis S m. et ob- server quelque peu leurs mœurs. Je lès ai nourries avec du miel d'Abeille. En 1899, une femelle éclose le 29 août vécut jusqu'au 20 oc- tobre; une autre, sortie de son cocon fin mars, mourut le 29 juillet; une troisième vécut du 20 août au 17 octobre. En 1900, j'en conservai un Individu du l^"" juin au lo octobre. La vie de cet Hyménoptère doit donc être assez longue dans son pays d'origine. Sous le climat de Pa- ris, c'est le froid qui fut presque toujours la cause principale de la ra^rt de mes captives, car la température venant à Ijaisser, elle n'eu- rent plus assez de force pour prendre de la nourriture , alors elles moururent de faim.
Quant au Monema flavescens Wlk., c'est un Lépidoptère assez abon- dant au Tché-li, où il peut même sans doute se multiplier d'une ma- nière considérable, car, une année, M. l'abbé de Joannis en reçut trois mille cocons, récoltés par des gamins. Un dixième environ était parasité par la Chrysis.
Les Chinois ont déjà remarqué le rapport qui existe entre la Chrysis et le cocon du Limacodide. Ils croient que la Chrysis est le mâle, et considèrent le cocon comme un œuf que la Chrysis féconderait en y introduisant son oviscapte. Au fait l'insecte y dépose bien un germe, mais c'est celui d'un être nouveau qui sera la mort de la malheureuse chenille sans défense dans sa cellule.
Les femelles que j'ai conservées en captivité m'ont fourni la certitude que cet insecte perfore les cocons du Monema pour y pondre.
(1) Voir sur le même sujet : J. de Joannis. Bull. Soc. ent. Fr., 1896, p. 147. — J. GRiBono. Lac cit., p. 179. — R. du Buysson. Ann. Soc. ent. Fr., 1898, p. 80, pi. 1.
30 Bulletin de la Société Eniomoloejiqne de France.
En effet, je laissai les femelles avec des cocons non éclos et je les ai vues bien des fois y pratiquer de petits trous pour se rendre compte de ce qu'ils renfermaient. La Chrysis s'accroche, avec ses pattes pos- térieures, à un olijet quelconque avoisinant le cocon, et se place per- pendiculairement à la paroi qu'elle veut perforer. Puis, sans changer de position, elle entame péniblement la coque ; seule , la tête de la Chnjsis tourne alternativement à droite et à gauche de manière que les coups de mandibules soient concentriques à un point lixe. Ce n'est qu'après plusieurs tentatives infructueuses que la Chi'ijsis parvient à entamer le cocon.
La conformation des mandibules de cet Hyménoptère montre une vé- ritable adaptation au forage d'objets excessivement durs. Comme on a pu le remarquer dans la pi. 1, fig. 4, des Annales de 1898, les man- dibules de la Chnjsis slianghaiensis rappellent beaucoup celles des lar- ves d'insectes xylophages.
Pendant leur toilette, les Chrysis se servent des pattes antérieures pour brosser les antennes, la tète et tout le thorax. Lorsqu'il s'agit de l'écusson et des parties qui suivent les ailes, les pattes antérieures semblent être complètement désarticulées. Les pattes intermédiaires servent surtout à maintenir l'insecte pendant ropération; elles sont employées très souvent aussi à brosser les pattes postérieures et aident également au nettoyage des ailes. Les pattes postérieures servent à nettoyer les ailes et l'aljdomen.
J'ai vu souvent les Chrysis faire glisser leurs pattes postérieures dans le fond du sinus d'une des émarginaturas du troisième segment de l'abdomen et enlever ainsi les impuretés qui pouvaient s'y trouver accrochées.
Contribution à la faune entomologique [Col.] des Cévennes et du Velay
Par Valéry Mayet.
Un voyage dans les Cévennes et la chaîne secondaire du Velay nous a>ant permis de récolter quelques espèces intéressantes au point de vue géographique, nous jugeons utile d'en publier la liste.
1° De notre séjour assez prolongé à Langogne (Lozère, confms de l'Ardèche et de la Haute-Loire, altitude de 9 à 1.200 m., forêts de Pins sylvestres) nous pouvons citer :
Carabus purpurascens F. var. cyaneomarginatus Kr., la seule de la
Séance du 23 janvier 1901. 31
région: C. hispanus, localité précise : monastère de la trappe de N.-D. des Neiges (Ardèche) (ail. l.l^OOni., forêt de Hêtres); Nebria piciconiis F., bords de l'Allier; Beinbidion {Nepha) latérale Dej., bords de l'Al- lier; Tachys parvulus Dej., pierres un peu adhérentes, près des ruis- seaux; Bijdroporas discrefus Fairm.; //. nigrita F.; Agabus pahi- dosuft F.: .1. brunneus F.; Platambus maculatus L. ; Paracijmus scu- tellaria Rosh.; Limncbius truncateUus Thunb. et L. sericans Muls.; Hijdrochus nitidicollis et Hydraena testacea Curtis, dans les eaux tranquilles ; H. angustata Sturm , H. gracilis Germ., //. atri- capilla Waterh., ces trois espèces plaquées sous les pierres des chutes d'eau. — Les mousses tamisées nous ont fourni Sipalia curti- pennis Aube et S. difformis Rey; les fagots de Pin battus, Parame- cosoma melanocephahim Herbst. Citons aus^i Sinodendron cylindricum L., dans une vieille souche de Frêne; Cetonia cardui Gyll., dans une ruche; Chalcophora Mariana L., 1 ex. pris le 11 septembre sur un Pin abattu et plusieurs trous de sortie dans les souches voisines , loca- lité exacte, route du Puy, à un kil. environ de Langogne, ait. de 9o0 m. ; Bruchus [Ptinus] pusillus Sturm, vieille souche de Frêne; Barynotus squamosus Germ., pâturages élevés près N.-D. des Neiges (1.200 m. environ); Brachonyx pineti Payk., toute la région, commun sur les Pins; Hylesinus crenatus F., Frêne, trouvé mort en grand nombre. Il paraît remplacer à Langogne VH. fraxini. A citer encore Bosalia alpinn L., N.-D. des Neiges, sur un Hêtre abattu, 2o août; Cyrtonus Dufouri Fairm.. N.-D. des Neiges, sous les pierres, pâturages élevés.
i'' Dans la petite chaîne volcanique du Yelay qui se détache des Cé- veuues à Langogne (Lozère) et dirige le cours supérieur de l'Allier (rive droite), Fix Saint-Geneys et la Chaise-Dieu (Haute-Loire), Saint- Germain THerm et Sauxillanges (Puy-de-Dôme) ont été les points vi- sités par nous, altitude de 900 à 1200 m., forêts de Pins sylvestres sur les versants Sud, de Sapins sur les versants Nord et les plateaux. Les- espèces à citer sont les suivantes :
Carabus auroniiens F., l'e seul Chrysocarabus delà région; Argutor diligem Sturm; Pterostirhus femoratm Dej.; Anisodactylus nemori- vaym Buii.: Licimis Hoffniannseggl Panz. ; Bythinus [Marhaerites] sp.?, 1 exemplaire; B. validus Aube; Cephennium punctipenne Fau- vel; Bathyscia Simon i Ah. (ces 4 esp. sous la mousse, les 3 dernières pas rares); Atomaria nigriventis Steph. ; A. ruficornis Marsh.; Bhizopha- gus nitiduhis F.; Laemopldoeus ater 01., variété fauve, parasite de Phlocophtorus rhododactylus Marsh, du Genêt; Byturas iomentosm De g., de couleur grise, c'est-à-dire type, et dont la larve infeste les
32 Bidlctiii de lu Société Entomolofjique de France.
framboises; Gcotrupes venialls L. ; G . pijrenaeus Chnr\). -, Anthaxia fu- neriilu 111. var. verte; A. sepulchralis F.; A. quadripimctata L., celte dernière en masse sur des Composées jaunes ; Cfirtanaspis phalcrnta Germ., en haltant les Sapins; Chnjsavtliia viridissiDiaL.: Cdllidiuin violacenni L.. troncs de Sapins abattus; Anatis occUata L. et Sci/innus tibialisBris., l'un et l'autre en battantles Sapins. Au-dessus de Sauxil- langes, à 600 m. d'altitude environ, près du petit village de St-Quentin, à signaler, comme localité, 2 exemplaires de YErgates faber.
De ces deux terrains de chasse géologiquement dilTérents, Cévennes granitiques des environs de Langogne et chaîne volcanique du Velay, ressortent deux faunes un peu différentes.
Le Chrysocarabus n'est pas le même. Dans les Cévennes c'est Vhk- panus, dans la chaîne du Velay Vaiironitens ('), comme dans les Monts d'Auvergne. La chaîne du Velay, comme celle d'Auvergne, nous donne Baihy^rin Sinunii, Cephennium punctipowe et des Bijthinus -vainement recherchés dans les mousses de Langogne. Par contre cette ^dernière localité nous offre un mélange de la faune subalpine et de la faune méditerranéenne, à commencer par Chalcophom Mariana.
Pour la France c'était jusqu'ici un méridional. Il est de toute la Pro- vence. Dans le Vaucluse toutefois il n'a, d'après notre ami Chobaut, qu'une locahté connue, Gigondas versant nord du Ventoux. Dans l'Hé- rault également il est localisé à Saint-Guilhem du désert. Dans le Gard, l'Aude et les Pyrénées-Orientales, il n'a pas été observé jusqu'à ce jour. Sa présence dans nos Cévennes, à près de 1.000 m., avait lieu de nous siu'prendre.
A l'étranger, l'insecte n'est idus spécial au Midi. Si nous le voyons en Espagne (Barcelone, Valence, etc.), en Portugal (Lisbonne), en Ita- lie (Florence, Sardaigne, etc.), en Algérie (Boghar), nous le trouvons aussi en Suisse (Valais), en Alsace-Lorraine (Bitche), en Allemagne, en Russie et jusqu'en Sibérie. Le grand Bupreste a une aire géogra- phique désordonnée !
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(1) Nous n'ignorons pas que Vhispanus se trouve aux environs du Puy en Velay, au pied des monts du même nom; mais le Puy a le Carabe cé- vennol, comme le Pertuizet près St-Étienne (Loire), parcequ il est sur la Loire, laquelle vient des Cévennes, la terre classique de Vliispanus.
Séance du 2o janvier WUl. 33
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Abeille de Perrix (E.) : Diagnoses de Coléoptères présumés nouveaux - [Bull. Ac. Marseille), 1900, 23 p.*
Birkexmajer (L. A.) : Mikolaj Kopernik. Cracovie 1900, 711 p.* O Brolemann (H.-W.) : A propos des « Doppelniannchen » [Zool. Anz.), 1900, o p.*
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Cadeau de Kervlle (H.) : Description, par M. J.-J.Kieffer, d'une nou- velle espèce de Diptère marin de la famille des Chironomidés [Clunio bicolor) et renseignements sur cette espèce, découverte par M. H. Cadeau de Kerville,etc. [Bull. Soc. Ani. Se. nat. Rouen), 1900,2 p.*
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36 Bnllrtin de^ la Société Entomologique de France.
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Pic iM.) : Diagnoses (ÏA)ithicidae de la Nouvelle-Guinée (.4»». Mut. eie. St. nat. Gen.), 1900, 7 p.*
Id. : Diagnoses de Maeratria de la Nouvelle-Guinée {loc. cit.). 1900, o p.*
Raspail (X.) : Le Hanneton {.Uelolontlia vulgaris) au point de vue de sa progression dans les années intermédiaires de ses cycles {Bull^ Soc. nat. Aecl. Fr.), 1900, 10 p.*
Sahlberg (J.) : Catalogus Coleopterorum Faunae Fennicae geographi- cus cum mappis duabus geographicis {Act. Soc. Faun. FI. Fenn.), 1900, 132 p., 2 cartes.*
Slixgerlaxd (M. Y.) : The Grape Root-Worm, a new Grape Pest in N. York {Corn. Unie. A(jr. Exper. Stat.), 1900, 14 p.. pi., lîg.*
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Id. : Ouebjues observations sur les Eudromus de Madagascar et sur les Uomalosoma d'Australie {llor. Soc. Ent. Ross.), 1900 4 p.*
A. L.
Le Secrélairc-rjc'rant : Ph. François.
BULLETIN
DE LA
SOCIÉTÉ ENTOIMCOLOG-IQUE DE FJRANOE
fSéauce €lu 13 février 1901.
Présidence de M. E. SIMON.
Correspondance. — Le Président donne lecture à la Société de la lettre suivante :
Monsieur le Président et cher Collègue,
Je viens d'être instruit par une gracieuseté de notre Secrétaire de la grande marque d'honneur que la Société entomologique de France a bien voulu me décerner. Je m'empresse de vous prier de vouloir bien exprimer à tous nos collègues ma reconnaissance et le très vif senti- ment dont m'a pénétré une distinction aussi tlatteuse. Rien n'est, en effet, aussi propre à émouvoir que d'être soumis au jugement de ses pairs, et l'estime qu'on a bien voulu faire de moi, me comblant de joie, me laisse un grand regret qui est de n'avoir pas pu faire davantage pour mériter mieux un titre si élevé.
Soyez donc, je vous prie, Monsieur le Président, mon interprète au- près de mes chers collègues, et priez-les de voir dans mes remercî- ments la ferme résolution d'être toujours, comme par le passé, dévoué à notre chère Société et de consacrer le plus de temps possible cà notre aimable science, la seule qui ne prépare pas de désillusions.
Agréez, etc..
P. Mabille.
Démission. — Le Président donne également lecture d'une lettre par laquelle M. Pli. François donne sa démission de Secrétaire de la Société.
Distinctions honorifiques. — Le Président a le plaisir d'annoncer à la Société que parmi les nouveaux légionnaires de la promotion du mois de janvier dernier, figure le nom de notre collègue M. Marins Cayol, chef de bureau au ministère de l'Agriculture, qui a été nommé chevalier de la Légion d'honneur.
— Nos collègues MM. Ed. Fleutiaux et Jules Grouvelle ont reçu les palmes académiques.
Bull. Soc. Ent. Fr., 1901. N» 3
38 BuUetin de la Société Entomologique de France.
■ ■ M r-.'itnn riioDard. 35, rue Chapon, Paris 3%
Admissions. — M. basioii i^ ii «' ij ^i i <-i . ^ ,
Lépidoptères d'Europe. _ M Daniel Lucas, 27, rue Haniolin, Paris KV. Lei»dopteres. _ m' Auguste Méquignon, 40, rue d'Ulm, Paris 5^. Coléoptères _ M. Charles Rudekeil, 80, rue Fond-Pirette, Liège (Belgique). Biologie des Coléoptères.
_ M. Gaston Seurat, docteur es sciences, 2, rue Esqmrol, Pans 13^ Entomologie générale, biologie.
- M Jules Thibault, receveur des droits de place delà viUe de Caudêbec-lès-EllKaïf (Seine-Inf. ).»opièmd.Fmnc..
-M. George Vodoz, villa Forcioli, Ajaccio (Corse). B^ologre d^s Coléoptères.
Bècision. - sur la proposition du Con^il, ^ ^^^^
runanimilé qu'il y a lieu de rayer de la liste denses ^^^^^^^ f ^ f ".^P^
elbeck, Bepmale, Caracciolo, Cosso, Ddo me GuU -^
yArango,Moisson,Pouilloll,RlnonapolI,Sha^v,Valentzow.
Nominations des membres bienfaiteurs et donateurs.- An ncm du Conseil, M. H.-W. Br5lemann Ut le rapport suivant :
Messieurs,
Aux termes des articles 11 et 12 de votre Règlement révisé en
sé.fnœ du S mai 1900, vous avez à désigner les membres de la Socie e
r par leurs Ubéralités, ont acquis des droits a une distinction spe-
S et d n es noms doivent figurer sur la liste des Membres bjenfcu-
t' tuZiembres donateurs de la Société entomologique de Fran
Dans votre séance du 23 janvier dernier, vous -- ^-^^^ ^ ^
Conseil le rapport <iui vous avait été présente, poui y ajoutei plu
sieurs noms qui vous ont paru dignes d'y figurer. _
^^"ISs^Lnt de votre vote et de la ^^-^^^^f ;! j ™^^^t
votre Conseil a établi, a la majorité des voix, a hste sunante, me
confiant l'honneur de la soumettre à votre approbation.
"^^ ^rl^eil vous signale comme paraissant im-r.ter voU. c^œ^
pour le titre de Membre bienfaiteur, comme ayant donne ou lègue a la
Société:
Charles Br.sout de Barneville, - sa belle collection de Coléoptères
paléarcliques, renfermant de nombreux types. Henri Briso.t de Barneville,- sa collection de Coléoptères d'Europe
et une somme de 100 francs de rente.
Séance du 13 février WUI. 39
J. Croissandeau, — sa collection typique de Scydménides.
Jean Dollfcs, — une rente de 300 francs destinée à alimenter le prix
que vous décernez annuellement. S. DE Marseul, — la propriété du journal L'Abeille, qui contribue à
augmenter le chapitre de vos recettes annuelles.
Maurice Noualhier, — sa bibliothèque entomologique, particulièrement riche en ouvrages concernant les Hémiptères.
H. DE Peyerimhoff, — sa remarquable collection de Microlépidoptères.
Alexandre Pierret, — une somme de 300 francs de Rente.
Emile Pissot, — un capital de 1.000 francs.
Le D'- H. SÉXAC,— sa riche collection de Ténébrionides paléarctiques, comprenant les types de sa Monographie des Pimélies.
TmBÉzARD, — une somme de 300 francs de rente.
— et pour le titre de Membre bienfaiteur, MM. :
Albert Fauvel, — une somme de 200 francs, pour l'entretien des col- lections.
Alfred Giard, — un capital de 200 francs.
Phihppe Grouvelle, — une somme de 200 francs, pour l'entretien des Collections.
— La Société, à l'unanimité, adopte les conclusions du rapporteur.
Congrès de 1901. — MM. A. Argod, A. Bellevoye, L. Bé- guin, G. Darboux, A. Degors, L. Dupont, H. Gadeau de Ker- ville, A. Gruvel, Ch. Janet, V. Mayet, M. Nibelle, M. Pic, G. Porteviu, H. Portevin, Pottier de la Varde, .1. Thibault et L. Villard se sont fait inscrire au nombre des membres qui suivront les travaux du Congrès de 1901.
Changements d'adresse. — M. G. Gianelli, oi, via Nizza. Torino (Italie).
— M. P. Vandermarcq, 14, rue de Bagneux, Paris 6^
Voyages. — M. Maurice Maindron annonce à la Société qu'il a reçu, tout récemment, de bonnes nouvelles de notre confrère M. Baër. Celui-ci lui a écrit de Nuevo Loreto (Pérou) le 8 décembre dernier M. Baër revenait alors des jjords du Rio Huallaga : « Mon voyage au Pérou touche à sa tin ; en dernier lieu, j'ai exploré la vallée du Rio Mixiello, affluent du Huallaga, et j'ai remonté ce dernier une centaine
40 Bulletin de la Société Entomologique rie France.
(le lieues par terre et par canot, tourliant aux villages de Pisana et Focadre. »
M. Baër est très satisfait de ses récoltes ornithologiques et ento- mologiques dans les immenses forêts vierges qui s'étendent de la vallée du Mixiello jusqu'au Brésil. Mais son voyage n'a pas été sans de grandes diflicultés, et il n'a pas pu arriver partout — tant les transports sont malaisés — à la saison la plus favorable.
A l'heure où il écrivait cette lettre, notre hardi voyageur se trouvait à quatre journées de la ville de Tayabamba et à une quinzaine de la côte. « Je m'occupe, dit-il, de trouver les porteurs nécessaires pour le transport de tous mes colis pour retourner en France le plus tôt pos- sible. »
La région explorée par M. Baér vaut entre toutes par la mauvaise quahté des chemins. Il a cependant bien supporté toutes les fatigues et les privations et exploré avec succès un pays où aucun naturaliste n'avait pénétré avant lui, localité intéressante s'il en est, puisque, placée sur le versant oriental de la dernière Cordillère, « elle forme le jtassage entre les faunes péruvienne et brésilienne. »
M. Maurice Maindrou est chargé par M. Baër de ses meilleurs souvenirs pour tous nos confrères.
Communications
Observations sur quelques espèces du genre Sesia [LÉpm.] Par l'abbé J. de Joaxms.
Notre ancien collègue, M. F. Delahaye, m'a prié de remettre à la Société un extrait des Mémoires de la Société d'Agriculture, Sciences et Arts d'Angers contenant le récit d'observations sur les mœurs des Sesia ichneumoniformis, megillaeformis et chrijsidiformis, qu'il a eu l'occasion de faire aux mois de juin et juillet dernier.
Dans une localité voisine d'Angers, où croissent entre autres le Ru- mex acetosa et le Genista tinctoria,U. Delahaye a rencontré les Sesia chrysidiformis et ichneuinonifonnis en nombre énorme, la seconde es- pèce semble avoir commencé à paraître un peu plus tard que la pre- mière. Or, le 11 juillet, M. Delahaye trouva une 9, fraîche éclose, appartenant à une troisième forme, S. megillaeformis Hb. Le fait de cette capture est déjà intéressant; cette forme semble rare, elle a été signalée de Bavière, Saxe, Grèce, Oural par le D'' 0. Staudiuger, du
Séance du 13 févrirr 1901. 41
sud de la France par Herrich-Schaeffer, de l'Altaï par Lederer.
Décrite comme espèce distincte, on l'a considérée ultérieurement comme une variété de S. ichneumonifonnis, et, plus récemment encore, on revenait à l'hypothèse d'une espèce distincte. Or ces deux laçons de voir semblent également inexactes à M. Delahaye. Il a été en e(Tet témoin de scènes étranges. Les S. megillaeformis observés étaient uni- quement des ? (■), or les (5 chrysidiformis et ichnewnoniformis les pour- suivaient avec vivacité, avec plus d'insistance même que leurs pritpres $ respectives. Des essaims de (3 des deux espèces volaient autour des $ megillaefovmis fraîchement écloses; \ç% (3 chrysidiformis poursuivaient même de ces 9, piquées dans ime boîte, à une certaine distance du ter- rain de chasse, ils rôdaient autour du fdet qui avait contenu une me- gillaeformis. S. tV/;«gw»*o?!ï/'o''wJs c5 s'accouplait aisément et régulière- ment avec iS. megillaeformis, le fait a été observé plus de vingt fois; quant à l'union de S. chrysidiformis c5 et de S. megillaeformis, cWc n'a été constatée, plus ou moins complète, que deux fois.
Ces faits, brièvement résumés ici, et la ressemblance indiscutable ^de S. megiUaeformis tant avec S. ichneumoniformis (surtout pour la colo- ration des ailes et la taille) qu'avec S. chrysidiformis (pour l'abdomen principalement) ont suggéré à M. Delahaye la pensée que megillaefor- mis pourrait être un hybride naturel entre les deux autres espèces.
Sans vouloir discuter cette assertion complètement, je ferai seule- ment deux remarques.
Il semble d'abord que si megillaeformis est un produit du croisement ù.'' ichneumoniformis et chrysidiformis , l'union de ces deux espèces souches devrait s'observer au moins aussi souvent que celle d'ichneu- moniformis (5 ou chrysidiformis (S avec megillaeformis, or M. Delahaye n'a vu qu'une seule fois une tentative de poursuite d'un (5 chrysidifor- mis après une 9 ichneumoniformis.
De plus, ichneumoniformis est une espèce variable et d'une aire de dispersion considérable, Europe, Algérie, Asie Mineure, Syrie, Asie septentrionale; chrysidiformis semble au contraire absolument can- tonné dans l'Europe occidentale. Or dans ces conditions, et dans l'hy- pothèse de l'hybridité, comment expliquer la présence de megillaeformis dans l'Altaï (Lederer) et l'Oural (Staudinger)?
Quoi qu'il en soit, il est certain que les assiduités extraordinaires de chrysidiformis c5 près de cette Sésie, dans les proportions où M. Dela- haye les a constatées, constituent un fait remarquable et doivent pro-
(1) Cette forme paraît d'ailleurs se rencontrer presque exclusivement parmi les Ç.
42 Bulletin de la Société Entomologique de France.
Yoquer de nouvelles obsenations dans les localités où l'on peut ren- contrer à la fois chnjsidiforniis (sur les Ruinex acetosa, etc..) et ichneunionifonnis dont la chenille vit sur les légumineuses à racine ligneuse; à ce propos il est utile de noter que le Genista tinctoria n'a- vait pas encore été signalé, je crois, comme nourrissant la chenille de cette espèce.
Observations sur le dimorphisme et le mimétisme
de Paromia pulchra Ç [Lkp. rhoi'.]
Par Charles Oberthùr.
La Varninia pulrlira est une charmante Nymphalide décrite par Hewitson (Illustr. exot. buttertl. II) d'après des exemplaires tous c5, provenant de Nouvelle-Grenade. Ma collection contient 20 indivi- dus de Paromia, provenant de Guyane (ex. coll. Bdv.); Para (de Mathan); Amazones (Iquitos, Pebas); Pérou (Cavallo-Cocho, de Mathan et Chanchamayo, Schuncke); Equateur (Napo, Sarayacu, Buckley); Colombie (Minas de Muzo, Camanche, de Mathan); Boli- vie (Cochabamba, Germain); c'est-à-dire de diverses parties de la région américaine équatoriale, de l'océan Atlantique au Pacilîque.
La forme pulchra (5 varie un peu. En Equateur, la tache rouge des ailes inférieures en dessus est rétrécie; partout aiUeurs qu'en Colombie, le dessous des quatre ailes est beaucoup moins foncé. Il ne me semble pas que ces différences puissent avoir une valeur spécifique, au sens actuel du mot; mais elles sont caractéristiques de formes ou races géographiques.
Les 9 varient davantage; mais elles paraissent infiniment plus rares; j'en possède seulement 4 exemplaires, contre 22 o".
L'une, du Para, est à peu près semblable au o". Une autre, de l'Equa- teur,répond tout àfait à la description de Slaudinger (Exot.Tagfalter, p. 114) :
« Das Ç hat blauschwarze Iltfl. mit einer hreiten blauen Halbbinde, vor dem Anahvinkel. »
Les deux autres ç de Colombie, récemment envoyées par de Mathan, imitent absolument en dessus les Catagramma Lyca, Aegina, Denina, etc. à fond noir, décorés d'une tache jaune aux ailes supé- i-ieiu'es et d'une tache bleu brillant aux: inférieures. Staudinger a connu cette î; mais il ne semble |)as que son mimétisme pourtant si frappant, Tait impressionné, car il ne fait aucune allusion à celte par-
Séance du 13 février 1901. 43
ticularité si curieuse; il se borne à émettre l'opinion, erronée selon moi, que cette 9 pourrait appartenir à une autre espèce que pulchra : « soUte dièses Q einer neuen Art angeliôren, so mag sie inclonia heis- sen. »
Je suis convaincu que cette $ mimétique de certains Catagramma, est la 9 normale de pulchra Hew., forme type de Colombie. Le dessous des ailes inférieures est senil)laljle pour les deux sexes et c'est vrai- ment un curieux fait d'imitation limité au-dessus dos ailes seulement, présenté par cette 9 colombienne de Paromia pulchra.
A coup sûr, si on ne regardait que le dessus des ailes, on classerait sans hésitation cette 9 pulchra, dans le genre Catagramma, à côté d.'Aegina.
Mais si par le dessus Paromia pulchra 9 de Colombie et certains Ca- tagramma oiïrent entre eux une ressemblance si parfaite, ils dilTérent absolument en dessous.
Cbez Paromia pulchra, dans les deux sexes, les pattes sont d'un rose-corail vif; les ailes inférieures en dessous sont d'un brun roux, traversées, du bord antérieur au bord anal, par une bande d'un brun plus foncé, formée de deux ovales confluents, marqués chacun d'une petite tache bleu d'azur pu pillée de noir vif; les ailes supérieures en dessous, chez les deux sexes de pulchra, difTèreut presque uniquement par la couleur de la bande transverse, rose carmin vif chez le c5, jaune avec quelques atomes du même rose carmin sur les bords, chez la 9.
Le nom de mêla nia, \)Yo\}osê parStaudinger,ue peut être conservé, puisqu'il s'applique à la 9 de la forme primitivement décrite par Hewilson et qui reste, à cause de cela, la forme type.
On peut distinguer la race de l'Equateur par le nom géographique : aequatorialis ; les deux sexes en sont caractérisés comme il est dit plus haut.
La troisième race, qu'on rencontre en Bolivie, au Pérou, le long des Amazones et jusqu'au Para, pourrait être appelée : pallidior, puisque tel est son caractère saillant, surtout sur le dessous des ailes.
Plusieurs espèces de Rhopalocères ont des 9 dimorphiques et pré- sentant une forme mimique des espèces d'un autre genre. Parmi les Lépidoptères américains, je rappellerai un fait presque aussi curieux que celai de la Paromia pulchra. Il s'agit de VApatura Zimilda Godart, dont la 9 brésilienne a été figurée par Hewilson, d'après 2 exem- plaires de la collection Boisduval, sous le nom de Catagramma Bec- keri (lUustr. exot. butterfl. L Catagramma III).
Une seconde forme 9 péruvienne de la même Apatura Zuvitda, diffère de Deckcri par la bande transversale de ses ailes supérieures.
44 Bulletin de la Société Entomologique de France.
Mallieureusoment les ç sont généralement fort peu communes et cette rareté prive encore trop souvent la science de la connaissance de documents du plus haut intérêt.
Les Ornitlwptera seraient peut-être le seul groupe chez lequel les 9 sont plus faciles à obtenir que les c? ; mais dans les autres genres, malgré Tabondance des c5, les 5 restent le plus souvent introuvables.
Les 6 de deux Nympliahdes thibé'taines AtJnjma piinctata Leech et Liiiienitis albomacul<ita Ohlhr. s'imitent parfaitement l'un l'autre. J'ai vu des centaines d'individus de ces deux espèces qui doivent être très communes au Thibet. C'est tout au plus si j'ai reçu 4 ç de Li- menitis albomaculata. très différentes du (5. et je ne connais pas encore la ç â'Athyma pimctata, probablement très dillërente elle-même de sou cJ.
Description de deux Zoocécidies nouvelles sur Fagonia cretica L.
Par C. HouARD.
On ne connaît jusqu'à présent que fort peu de zoocécidies sur les dif- férentes espèces de la famille des Zygophyllacées. Les fleurs du Zygo- phyllum album L. sont gonflées et hypertrophiées sous l'influence du Trypeta augur F rùuenî., comme l'a signalé et représenté Frauen- feld (') qui avait recueilli ces cécidies dans la presqu'île du Sinaï; Karsch (^) en 1880 a décrit rapidement et figuré sur Fagonia sp. une galle globuleuse, provenant de Thèbes et conservée au musée de Ber- lin, que Rubsaamen (^) considère maintenant comme une phytopto- cécidîe située à l'extrémité des pousses au Fagonia thehaica Boissier; enfin dernièrement, j'ai décrit et figuré ('*) une Lépidoptérocécidie nou- velle, récoltée en Algérie, consistant en un renflement cylindrique de la tige du Fagonia cretica L.
Cette jolie espèce du genre Fagonia croît en abondance sur les mon- tagnes du Uttoral Oranais ; elle m'a ofïert, à la fin de l'année passée,
(1) Frauenfeld, Uber exoliscfie Pllanzcnauswiiclisc, etc.. \'erli. zool. bot. Gesells. Wien, 1859, p. 327-328, fig. 18.
(2) Karsch, Neue Zoocecidien und Cecidozoen. Zeitschr. f. g. Nahirw., t. 53, 1880, p. 302, n° 17, pi. VI, fig. 11.
(3) RïiBSAAMEN, Mitlh. iiber neue u. beiî. Gallen, etc.. Eut. Nachr., 1899, p. 273-274, n° 94.
(4)HouARD, Sur quelques Zoocécidies nouvelles récoltées en Algérie. Revue générale de Bot., 1901, p. 40-42, fig. 28-29.
Séance du 13 février 1901. 4o
deux zoocécidies qui, à ma connaissance, n'ont pas encore été signalées et que je crois intéressant de décrire rapidement.
1. Diptérocécidie des fleurs. —Au lieu d'étaler leurs beaux pétales \iolets, les fleurs restent fermées, deviennent globuleuses (flg. 1, a), presques sphériques et atteignent 10 mill. de diamètre. Le pédoncule floral est court et hérissé de petites papilles rugueuses ; le calice, agrandi et à sépales verts peu épaissis mais légèrement tordus,
Fig. 1.
Fig. 2.
enserre une corolle fortement hypertrophiée, à pétales recourbés en cuiller, a onglet raccourci et épaissi à la base, colorés en violet dans le tiers supérieur seulement, verts ou jaunâtres plus bas; lesétamines sont déformées, charnues et contournées (Og. 1, &), un peu plus grandes que les organes normaux ; l'ovaire est flasque, à côtes irrégulières et couvert de quelques poils blancs. Sur les échantillons les plus âgés, les fleurs sont complètement déformées, l'ovaire presque entièrement atro- phié et toutes les autres pièces florales couvertes de granulations ver- ruqueuses jaunâtres.
Dans chaque bouton hypertrophié et fermé vivent en société 4 a 6 larves très vives, longues de 3 à 4 mill. et de couleur blanc-jaunàtre.
Ces gaUes étaient assez abondantes à Saint-Denis-du-Sig, sur les hau-
46 BuUf'tin dr la Société Entomologique de France.
leurs dominant la ferme de TUnion d'Afrique et près du Petit-Barrage, pendant le mois de décembre 1900.
2. Diptérocécidie. — Cette nouvelle cécidie consiste, au niveau d'un wvml. en une hypertrophie assez accusée de la base du pétiole d'une feuille, do la partie inférieure d'un pédoncule floral ou encore de la portion basilairo d'un entrenœud (fig. i, b); à l'aisselle des par- ties renflées, de teinte vert-jaunàtre, se constituent de petites cavités jaunâtres, à ouverture allongée et courbée, fermées par deux lèvres fortement serrées.
Le plus souvent, c'est à l'extrémité des pousses, complètement arrê- tées dans leur développement, que se produit la déformation, comme je l'ai représenté dans la Og. 2. a. L'acrocécidie peut alors atteindre 20 mill. de long sur lo mill. de diamètre et comprend le plus souvent : un entreno'ud très épaissi, aplati, contourné, à côtes saillantes et si- nueuses, surmonté par une toutïe de feuilles peu développées; un ra- meau latéral atrophié, devenu globuleux, portant un bouton floral mi- nuscules et quelques feuilles; enfin un pétiole hypertrophié à la ])ase. — Assez communément cette dernière cécidie est associée à la Lépido- ptérocécidie signalée plus baut.
Dans les cavités larvaires se trouvent 2 à 3 larves blanchâtres, peu vives, plus petites que les précédentes.
Cécidies fort abondantes à Sainl-Denis-du-Sig en décembre 1900.
Sur deux champignons parasites des Cécidies Par Alfred Giaud.
Dans un très intéressant mémoire pubhé récemment sous le titre / micromiceti délie Galle, notre collègue A. Trotter divise les Cham- pignons parasites des cécidies en deux grands groupes : 1° les Micro- mycètes qui jusqu'à présent n'ont pas été trouvés sur d'autre substra- tum que les galles; 2'^ ceux qui sont indilTérents et se trouvent tantôt sur les galles tantôt sur d'autres milieux.
Il me semble qu'à ces deux groupes se pourrait en joindre un troi- sième comiirenant les champignons qui, sans être absolument exclusifs, végètent de préférence sur les galles à l'instar de ceux qui attaquant les diverses parties d'un végétal se localisent principalement sur les fruits. On sait, en effet, que les galles p(Mivent à bien des égards être considérées comme des pseudocarpes ou faux fi'uils dans lesquels les parasites remplacent les graines.
Séance du 13 février 190t. 47
Je citerai seulement deux exemples de ce genre parmi ceux qui m'ont le plus frappé. Tous deux sont relatifs d'ailleurs à des Micromycètes gallicoles que Trotter ne cite pas dans son excellent travail.
Les buissons de Rosa pinipinellifolia D. C, qui couvrent çà et là de vastes étendues de sable dans les dunes d'Ambleteuse et de Condetto près Boulognc-sur-Mer, sont fréquemment converts do cécidies causées par Jihodites spinosissimae Gir. Ces galles, assez peu apparentes, sont en général rendues très visibles parce qu'elles sont fortement colo- rées par les fructifications d'un rouge minium d'une jolie Urédinée le Phragmidhim subcorticiiim Schranck. Les diverses parties du Ro- sier peuvent être atteintes par le parasite , mais les galles le sont presque toujours.
Certaines années (ce fut le cas notamment en 1897) au bois de Bel- levue, vers les mois de mai et juin, les galles de Chêne, et plus spéciale- ment celles de Neiiroterus tricolor Hart., de Neuroteras baccarum L. et de Dryopluinta scutellaris Oliv., sont entièrement envahies par les fructifications conidiennes de Sclerotinia FMcA^'e//rf«a de By, c'est-à-dire par la moisissure connue sous le nom de Botnjtls cinerea Pers. Les galles ainsi attaquées diminuent de volume, se fripent et no tardent pas à périr en se desséchant.
Ce parasitisme de Botrijtis cinerea, limité aux productions du Chêne les plus riches en tanin, est d'une étude fort instructive.
Ph. Van Tieghem a démontré depuis longtemps (1868) que cer- taines moisissures banales [Aspergillus nigcr et Pénicillium ghiucum) sont capables de brûler le tanin avec formation transitoire d'acide taUique. Fernbacb et Pottevin ont prouvé récemment que cette ac- tion hydrolysante est due à une enzyme, la tannase, sécrétée par ces Cryptogames.
Il est vraisemblable que Botnjtis cinerea provenant de spores recueil- lies sur les cécidies du Chêne, présentera à cet égard'une activité beau- coup plus grande que les Micromycètes cités ci-dessus. On pourra s'en convaincre en le cultivant dans du liquide Raulin dans lequel on remplacera le sucre de Canne par du tanin.
Au reste, MM. Coudon etPacottet viennent de mettre en évi- dence ce fait en harmonie avec notre observation, que le Botrylis cine- rea détruit le tanin dans les pellicules des grains de raisin, de telle sorte que si l'action de ce champignon (la pourriture noble) est favo- rable à certains vins blancs, elle est au contraire néfaste pour les vins rouges.
En raison de la virulence iilus grande qu'acquiert le Botrijtis lorsqu'il croit sur certains milieux (voir Giard, /. r., p. 6:24), il sera prudent
48 Bulletin de la Société Entomologique de France.
de surveiller les galles des Chêues dans le voisinage des vignobles.
Thotti:u ( Alessandro), I Microniiceli délie Galle. AtH del Eeale Isli- luto Venelo di scienze, letlere ed art'i, anno 1900. t. LIX, parle seconda.
GiARD {k.), VàxAÛiismt Au. Bolrytis cinerea . Revue de viticulture deViala, t. I, 1894, n" -26, p. 624.
Fernbacii (A.), Sur la tannase. C. R. Acad. Se., 2i déc. 1000, p. 121i.
Porte viiv (Henri). La tannase, diastase dédoublant l'acide lannique. C. R. Acad. Se, 24 déc. 1900, p. 1215.
CouDON (H.) et Pacottet, (P.). Le Butrytis cinerea, le taninet la colo- ration des vins rouges. Revue de viticulture de Viala, t. XV, 1901, n"373, p. 145.
Sur Medoria digramma Meig. [Dipt.] Par le D' .1. Villeneuve.
J'avais capturé, en juillet dernier, trois mâles et trois femelles de cette belle Mouche, sur la Matricaire, à la lisière du bois des Éveuses (Rambouillet). Elle se plaçait très naturellement dans le genre Phanio- myia B. B. à côté de P. biguttata Meig., la seule espèce de ce genre connue jusqu'à présent. Je viens de la reconnaître dans la collection Meigen, du Muséum de Paris; le type femelle qui servit à la descrip- tion est en parfait état et absolument semblable aux exemplaires de ma collection. Le mâle est méconnaissable. Je crois utile d'en reprendre la description pour la compléter; je le fais d'autant plus volontiers que cette rarissime espèce appartient à notre faune parisienne et que tous les auteurs qui ont voulu interpréter la description de Meigen se sont égarés. Je dois ajouter que l'exemplaire original provenait de France : « Herr Baumhauer ting dièse Fliege zwischen Arles und Salons auf der Kamille ».
Dans ce genre, la bouche est plus saillante que dans le genre Labi- (logaster. Le mâle, dont l'abdomen est oblong et presque déprimé, pos- sède 2 macrochètes marginales médianes sur le 1" segment et une rangée complète aux i'' et 3« segments. La femelle présente une forme diirérente, extrêmement intéressante; aussi, la femelle de P. biguttata Meig. fut-elle souvent attribuée à une espèce et à un genre éloignés.
Chez elle, le front devient très oblique; il est très large et d'un noir
Séance du 13 février 1901. 49
brillant. L'abdomen est allongé et cylindrique. Les 1", 2" et 3« segments abdominaux n'ont que 2 macrochètes marginales médianes et une latérale; le dernier segment, saillant sur la face ventrale, est aplati et même impressionné sur sa face dorsale; il se termine par 2 crochets robustes en forme de tenailles, mais si courts que l'espace qu'ils com- prennent n'est presque plus apparent. L'ensemble de la femelle rap- pelle l'aspect du genre Ocijptera ; l'aile est aussi plus courte et plus étroite que chez le mâle.
Caractères particuliers :
P. DiGRAMMA Mcig. —(5 Face d'un blanc argenté à reflets noirâtres Bande frontale noire, bordée par une seule rangée de soies fines. An- tennes et palpes noirs. Thorax et écusson d'un noir brillant. Abdomen saupoudré de cendré; vu de haut et d'arrière, son aspect change entiè- rement : lel'"'' segment est noir; les deux suivants d'un gris blanchâtre uniforme sur lequel se détachent les pores d'insertion des macrochètes et deux taches foncées plus ou moins apparentes sur le 2^ segment. Le dernier segment redevient d'un noir brillant et porte des pièces géni- tales rephées en dessous.
CuiHerons d'un blanc éclatant; ailes jaunies â la base.
Pattes noires; ongles très développés; pelotes blanches.
9 Front déprimé avec un sillon médian et mat, peu accusé. Abdomen entièrement d'un noir brillant, sauf un fin hséré blanc au bord antérieur des 2"= et 3'' segments. Le 4" segment est nu et lisse.
Cuilleron supérieur blanc ; cuilleron inférieur d'un jaune foncé plus ou moins rembruni. Ongles courts. — Taille o-5,5 mill.
Remarque sur les Figitines, avec description d'une nouvelle espèce [Hymen. Cynip.]
Par J.-J. KlEFFER.
L'insecte décrit par P. C amer on sous le nom de Diastrophus aphi- divorus ofi"re tous les caractères du genre Trischiza For s t. Il doit donc être extrait des Cynipides gallicoles, dont il s'éloignait déjà par ses mœurs zoophages, et être classé parmi les Figitines. Le genre Trischiza comprendra donc acjaricolarum (Dahlb.) et aphidicora (Cam.).
Figites corsica, n. sp. — Second segment abdominal Usse chez le mâle, strié à sa base chez la femelle. Nervures brunes et grosses, à l'exception du cubitus qui est effacé; aréole formée par deux nervures
oU^ Bulletin de la Société EntomoJogique de France.
latérales obliques. Points enfoncés du pronotum pas plus gros que ceux du mésonotum, assez denses et non alignés. Ailes hyalines. Taille 9 d" : 4 à 4,20 mill. — Pour le reste, semblahlcà F. scutellaris Ross.
Patrie : Corse. — Huit exemplaires m'ont été envou'S par le Uév. Marshall.
Figites Reinhardi m. — Le Cynipido que Reinhard a décrit sous le nom de Fiijites nitnis Harl., diffère de cette dernière espèce par la coloration et par la sculpture de l'écusson; je le considère donc comme une espèce distincte et le nomme F. Reinhardi m.
Recherches sur Fa structure et le développement postembryonnaire de rovaire des Insectes ['). — IV. Collemboles
Par A. LÉCAiLLON.
La question de rovogenèse des Collemboles est restée jusqu'ici très obscure. Tandis que Tullberg (1871), chez SmijntJiurus fuscus L. et Achorutes viaticus Tullb., Sommer (188o) chez Macrotoma plumbcu, et Agnès Claypole (1897) chez Anurida mariiiina admettent la présence de cellules vitellogènes dans l'ovaire, certains naturalistes nient au contraire l'existence de ces cellules. Ainsi de Rruyne (1898) conclut de ses observations sur Sinyufhurusiiue les auteurs précédents se sont trompés et ont pris les vrais œuls pour des cellules vitellogènes et des cellules pariétales pour les œufs. Selon lui, les cellules vitello- gènes feraient défaut chez les Collemboles qui occuperaient ainsi, dans le groupe des Insectes, un rang inférieur non seulement par l'ensemble de leurs autres caractères, mais aussi par suite de l'absence desdites cellules vitellogènes dans leur ovaire. V. Willem (1899), dans un travail d'ensemble sur les Collemboles, travail non encore puhhé mais connu dans ses grandes lignes par un rapport de Plateau (^), arrive aux mêmes conclusions que de Bru y ne. Il se produirait en outre, d'après lui, une « forme de pliagocytose étrange » par suite de la i)é- nélration des œufs dans des cellules pariétales chargées de granula- tions nutritives.
Les observations que j'ai pu faire, et dont je donne ici un court ré- sumé, ont porté sur des espèces appartenant aux trois familles des
(1) Voir Bulletin de la Société enloni. de France, n°' 4, 7 el 10, 1900. {'1) Recherclies analoiiiiques el systématiques sur les Insectes du groupe des ApterNgotes. Bull. cl. d. se. Âcad. roy. de Belgique, n" 12, 1899.
Sccince du 13 février lOUl. M
Aphoruridces, des Poduridées et des Entomobryidccs ('). Parmi ces espèces je citerai : Anurida îtiaritma, — Achorutes siyillatus Uzcl, — ToiHocerus phnnbrt(s T uWh., — Sird niyromacuhita Lu 1)1)., — Tcin- pletori la a itidu T e m p 1 .
L'éljauche des organes génitaux, qui doit s'examiner dans les indi- vidus très jeunes, consiste en deux petits amas de cellules arrondies ou polyédrifjues, renfermés chacun dans un sac ayant une paroi cons- tituée par une simple assise de cellules aplaties. L'un de ces amas est situé à droite, l'autre à gauche du plan de symétrie, assez près de la face ventrale du corps et environ au milieu de la région abdominale. C'est à peu près à ce niveau que, dans l'embryon des Insectes, les ébauches des glandes sexuelles se montrent d'abord, pour remonter ensuite i»eu à peu vers la face dorsale (au moment de l'éclosiou ces ébauches sont alors situées tout à fait dorsalement comme chez beau- coup de Lépidoptères ou tout au moins latéralement, comme chez le Cousin). En arrière, les deux sacs qui entourent les cellules repro- ductrices se prolongent en deux filaments qui se réunissent bientôt pour former le rudiment du conduit évacuateur commun, lequel va s'ouvrir au devant de l'anus. En avant, ils se prolongent également sous forme de deux tubes à cavité centrale très réduite, La structure des organes génitaux très jeunes est donc essentiellement la même chez les CoUemboles et chez les Insectes supérieurs.
A mesure que les jeunes CoUemboles grandissent, les ovaires se dé- veloppent peu à peu, mais en demeurant toujours dans la région ven- trale de l'abdomen, tandis que chez les Insectes élevés ils envahissent ordinairement sa région dorsale. Il y a donc, au point de vue de la place occupée par les organes génitaux, une disposition qui est per- manente chezles CoUemboles et seulement transitoire chez les Insectes supérieurs.
La poche primitivement très réduite qui contenait les cellules sexuel- les, non seulement augmente de diamètre dans le sens transversal, mais encore s'agrandit vers l'avant et vers l'arrière. Elle se ramifie en outre au niveau de la masse des cellules sexuelles, de sorte que chaque ovaire est bientôt formé de deux gros tubes irréguUers, parallèles à l'intestin et communiquant ensemble par une large anastomose placée vers le milieu de leur longueur. L'un des deux tubes est situé sous
(I) Je laisse de côté, pour le moment, la 4' famille du groupe, c'est-à-dire celle des Smynlhuridées. Celle famille présente en effet des particularités im- portantes et fera l'objet d'une note ultérieure.
o2 BuUciin de la Société Entomologfque de France.
rintestin ot roiitre un peu plus latéralement. C'est celui-là qui com- munique directement, en arrière, avec l'oviducte.
La paroi ovarienne reste formée d'une simple assise de cellules, mais ces dernières sécrètent vers l'extérieur une cuticule très mince (|ui constitue ainsi l'enveloppe la plus externe de l'ovaire. A en juger par le peu de développement qu'elles prennent, les cellules de la paroi ovarienne ne doivent jouer qu'un rôle insigniliant dans les phénomènes liés à la nutrition directe de l'œuf. Çà et là, quelques-unes seulement grossissent un peu. Elles n'entourent jamais les œufs et ceux-ci sont toujours dépourvus de follicule ovarien. A ce point de vue encore l'o- vaire des Collemboles est inférieur à celui des autres Insectes.
La masse des cellules sexuelles, qui forme la zone germinative, ne passe pas à la partie la plus antérieure de l'ovaire (ce qui a lieu au contraire dans tous les Insectes autres que les Collemboles), mais reste dans la région qu'elle occupait primitivement. Les cellules se multiplient activement et donnent naissance aux œufs proprement dits et à des cellules vitellogènes. Ces dernières existent incontestablement dans toutes les espèces que j'ai examinées. Elles sont d'ailleurs beau- coup plus nombreuses que les œufs et prennent tous les caractères qui les rendent faciles à observer chez tous les Insectes où elles sont pré- sentes (taille considérable, noyau volumineux très riche en éléments chromatiques, grande colorabilité par certains réactifs). OEufs et cel- lules vitellogènes se répandent sans ordre régulier (contrairement en- core à ce qui se produit dans les autres groupes d'Insectes) dans toute la cavité ovarienne qu'ils remplissent à peu près. Très souvent les œufs, qui n'atteignent une forme définie que vers l'époque de la matu- rité, entourent incomplètement certaines cellules vitellogènes, mais jamais il ne se produit de phagocytose réelle.
Il résulte des faits précédents que l'ovaire des trois familles men- tionnées plus haut présente une difïérenciation moins grande que chez les Insectes supérieurs; mais cette infériorité n'est pas due à l'absence de cellules vitellogènes, puisque au contraire ces éléments sont pré- sents dans l'ovaire et que d'ailleurs on ne peut tirer de leur absence ou do leur présence aucun caractère d'infériorité ou de supériorité.
Le Secrétaire-gérant : Ph. Frvnqois.
BULLETIN
DE LA
SOCIÉTÉ ENTOMOLOaiQUE DE FRANCE
CONGRES ANNUEL séance du S? février 1901.
Présidence de M. E . SIMON.
MM. A. Argod (de Crost), — J. Bourgeois (de Sainte-Marie-aiix- Mines), — A. Faiivel (de Caeu), — H. Gadeau de Kerville (de Rouen), — A. Gruvel (de Bordeaux), — Valéry Mayet (de Mont- pellier), — M. Pic (de Digoin), — P. de Peyerimhoff (de Digne), — Ern. Olivier (de Moulins) assistent à la séance.
— Après la lecture et l'adoption du procès-verbal de la séance pré- oi'dente, M. E. Simon prononce les paroles suivantes :
Messieurs et chers Collègues,
Je déclare ouverte la séance du Congrès annuel de la Société entomo- logique de France pour 1901. — En instituant des congrès à date fixe, la Société a voulu donner aux entomologistes qui travaillent isolément l'occasion de s'entretenir de leurs études favorites et de soumettre leurs observations à l'épreuve de la discussion; si les institutions peuvent se juger d'après leurs résultats, celle de ces congrès est certainement (les meilleures ; l'empressement que les membres de la Société mettent a y prendre part prouve au moins qu'ils trouvent un certain plaisir à se réunir, une fois par an. en famille plus nombreuse.
Les communications annoncées sont, comme toujours, fort nom- breuses et seront certainement 1res profitables à la science. Avant de donner satisfaction à l'impatience avec laquelle elles sont attendues, je dois remercier leurs auteurs et souhaiter, au nom de la Société, une cordiale bienvenue à ceux de nos confrères des départements présents à Paris à l'occasion du BO'' anniversaire de sa fondation.
Correspondance. — MM. G. Chopart, D. Lucas, A. Méquignon, Ch. Rudekiel. G. Seurat, J. Thibaut et G.Yodoz remercient la Société de leur admission.
Rull. Soc. Eut. iM-., l'.tOI. NO i.
l
:)ï Bulletin de la Socirlé lùitomologique de France.
Démission. — M. B. Violle a adressé au Président sa démission de Membre assistant.
Présentations. — M. Germain Beaulieu, L. L. B., 5, rue Clie- vrier, Montréal (Canada) [Coléoptères], présenté par M. P. Marchai. — Commissaires-rapporteurs MM. E. Dongé et Ph. Grouvelle.
— M. Henri Carabournac, avocat, avenue de la Gare, Narbonne (Aude) [Coléoptères de France], présenté par M. Valéry Ma y et. — Commissaires rapporteurs MM. P. LesneetJ. Magnin.
Budget. — Au nom du Conseil de la Société, M. L. Yiard donne leetiu'e du rapport suivant, relatif à la gestion linancière du Trésorier pendant l'exercice 1900 :
Messieurs,
Votre Conseil s'est réuni le 14 janvier pour examiner les comptes de l'année 1900.
La comptabilité de la Sociéti' est tenue par notre dévoué Trésorier, M. Ch. Laha u ssois,avec autant de clarté (pie de soin et de régularité.
Les recettes se sont élevées à 18.812 fr. 21 et les dépenses à a 14.020 fr. 90; l'excédent de receltes est donc de 4.191 Ir. ;J1; mais ce résultat n'est qu'apparent, car il y a à imputer sur ces 4.191 fr. 31 plu sieurs dépenses importantes incombant à l'année 1900 et qui n'ont pu être réglées avant le 31 décembre. Ce sont :
1° Le Prix Dollfl's qui n'a pas été distribué en 1900 et a été reporté à 1901. 300 fr.
2° Los 200 francs alTectés à l'entretien de nos collections et qui n'ont pas encore été touchés par la Commission qui est chargée de ce soin. 200 fr.
3" Les oOO francs i^roduits par la vente du « Zoological Re- cord ». qui doivent revenir a notre liililiotlù'que, dont cet ouvrage faisait partie. oOO fr.
4" Enlin, et c'est là le plus gros chapitre, k'S frais d'im- pression de o numéros du Bulletin et d'un trimestre des An- nales, évalués, largement, à 2.o00 fr.
Total 3.0OO fr.
En retranchant ces 3..")00 fr. du solde encaisse, 4.191 fr. 31, il nous restera encore, sur l'exercice 19(»0, 700 fr. environ, c'est-à-dire une
Séance du 27 février 1901. oo
somme au moins équivalenle à celle que nous avait versée L'Abeille, l'année dernière, pour équilibrer notre budget, et qui était de ():22rrancs.
Nous réussissons donc, enlin, à nous suflire à nous-mêmes.
C'est là, assurément, un résultat très satisfaisant; mais ce n'est pas encore assez. Nous ne devons pas nous contenter d'arriver péni- blement à couvrir nos dépenses, il faut que nous parvenions à être assurés normalement d'un certain excédent de recettes, afin de ne plus être exposés, à la fin d'un exercice dans lequel les dépenses auraient dépassé les prévisions, à nous trouver en déficit, comme cela s'est produit l'année dernière.
Pour cela, il n'y a que deux moyens : diminuer les dépenses ou aug- menter les recettes. Or toutes nos dépenses, sauf celles d'impression, sont à peu près obligatoires, tout au moins nécessaires; quant aux pu- blications, qui sont l'honneur de notre Société, nous ne voudrions pas être obligés de les restreindre. Reste donc le second moyen : augmenter nos recettes, en cJierchant à multiplier le nombre des sociétaires.
Nous ne comptons actuellement guère plus de 300 membres payant régulièrement, en dehors des honoraires et des exonérés. En 1900, nous avons eu 20 décès ou démissions; d'autre part, on a dû procéder à la radiation d'un certain nombre de membres qui depuis longtemps n'acquittaient pas leur cotisation et ne répondaient même pas aux let- tres de rappel de notre trésorier. Pour ces difïérentes causes, la liste des sociétaires a diminué de 40, et. en regard, nous n'avons eu que 33 admissions, dont un tiers — je tiens à le signaler à votre reconnais- sance— estdù à notre éminentPrésident de l'année dernière, M. Giard.
Efforçons-nous donc , Messieurs, de suivre son exemple et d'amener à nous de nouvelles recrues qui viennent contribuer au développe- ment et à la prospérité de notre chère Société.
La situation de L'Abeille est toujours florissante, les recettes dépassent constamment les dépenses.
Nous vous proposons, Messieurs, d'approuver les comptes présen- tés par M. Lahaussois, de lui en donner décharge et de lui voter des remerciements pour le zèle qu'il apporte notamment au recouvrement des cotisations.
Congrès de Zoologie. — La cinquième session du Congri';s ixter- NATioxAL DE ZooLOGiE aura lieu à Berhn, du 12 au 16 août 1901, sous la présidence de M. le Professeur D'' K. Moebius, directeur du Musée zoologique de Berlin et sous le protectorat de Son Altesse Impé- riale et Royale le Prince héritier de l'Empire d'Allemagne
o6 Balh'iiii de la Société Entomologique de France.
et de Prusse. A la suite du Congrès auront lieu des excursions à Hambourg et a Helgoland.
Les demandes d'admission et de renseignements doivent être en- voyées à l'adresse suivante :
Praesidium des V. Internalionalen Zoologen-Congresses in Berlin N. 4, Invalidenstrasse, 43.
Concilium bibliographicum. ~ M. H. Field n'ayant pu, à cause d'une indisposition passagère, assister à la séance, a chargé M. Mau- rice Pic de présenter ses excuses à la Société.
M. Pic annonce en même temps que le Gouvernement fédéral suisse a accordé à M. Field une importante subvention pour aider à la pu- blication de sa Biiiliographie zoologique. Cette œuvre si éminemment utile est donc délinitivi-ment assurée et destinée à prendre dans l'ave nir une importance de ])lus en plus considérable.
Prix DoUfus de 1899 et 1900. — Conformément aux articles 14 et 63 de son règlement, la Société entomologique de France procède au vote sur les conclusions du rapport de M. E. Dongé au nom de la Commission du Prix Dollfus. — Ce rapport a été lu à la séance du 23 janvier 1901, et imprimé dans le Bulletin de cette séance, page 18.
Cinquante-trois membres prennent part au vote, soit directement soit par correspondance, ce sont :
MM. Apollinaire-Marie. Argod, Bedel, Bordas, Bourgeois, Bouvier, Brôlemann, Busigny, H. du Buy sson, Champenois, Clément, Delval, Desbordes, Dongé, Dumont, Fauvcl, Fran- çois, Gadeau de Kerville, J. de Gaulle, Giard, Gounelle, A. Grouv ell e, J. G r o u v elle, P h. G r o u v e 1 1 e,G r u v e 1, J. de G uer ne, Jeanson, J. de Joannis, Klincksieck, Kiinck el d'Herculais. Lahaussois, Lécaillon, Lesne, Léveillé, Magnin, Marchai. Mayet, Marmottan, Méquignon, H. d'Orbigny, Odier, Ern. Olivier, P. de Peyerimhoff, Pic, V. Planet, Poujade, Bégim- bart, Boyer, Seebold, Simon, Vayssière, Viard, 1 illisible.
Pour le Prix de l'année 1900, 37 suffrages sont exprimés. — (Majo- rité absolue 19).
Le dépouillement des votes donne :
M. C. Houlbert, 36 voix, - 1 bulletin blanc.
Pour le Prix de l'année 1899, 44 suffrages sont exprimés. — (Majo rite absolue 23).
Séance du 27 février 100 1. 57
Le dépouillement des votes donne :
Prix réservé, io voix, — Prix partagé entre MM. Xambeu et Bor- das, 13 voix, — Prix décerné à M. Xambeu seul, 12 voix, — Priv décerné à M. Bordas seul, 1 voix, — 3 bulletins blancs.
— Le Président proclame en conséquence, lauréat du Prix Dollfus pour 1900, M. G. Houlbert, auteur de la Faune analytique illustrée (les Orthoptères de France. — Le Président annonce en outre qu'il y aura lieu de procéder à un second tour de scrutin pour le prix de 1899, aucune des propositions pour son attribution n'ayant réuni la majorité absolue. — Ce nouveau vote aura lieu dans la séance du 10 avril prochain, selon la procédure ordinaire prévue au Règlement.
Communications.
Sur quelques détails de l'appareil respiratoire et de ses annexes dans les larves des Muscides [Dipt.]
Par J. Paxtel.
I. Stigmates et trachées rudimentaires. — On connaît le schéma de l'appareil respiratoire proposé, il y a un peu plus de vingt ans, par Palm en [3] pour toutes les larves des Insectes : 10 paires de stigmates développés ou rudimentaires, reliés aux trachées longitudinales par des branches trachéennes qui peuvent elles-mêmes être développées ou rudimentaires. Établie d'après les larves apneustiques entièrement dépourvues de stigmates en état de fonctionner, cette formule fut étendue aux larves pro- et métapneustiques qui montrèrent des stig- mates Ihoraciques et abdominaux bien caractérisés quoique rudimen- taires et, par raison d'analogie, aux larves ainphipneustiques. A celles-ci Palmén n'hésita pas à attribuer, en plus des stigmates prothoraciques et apicaux bien connus, 2 paires de stigmates méso- et métathoraciques toujours rudimentaires et 6 paires de stigmates abdominaux, dont 4 toujours rudimentaires et 2 qui se développeraient successivement aux stades II et III en se transportant au dernier segment du corps, pour contribuer à former les stigmates apicaux de la larve adulte. Ces derniers auraient par suite la valeur de stigmates triples.
Quel que pût être le bien-fondé de ces généralisations, il faut conve- nir qu'elles demeuraient à l'état de vues théoriques et que la démons- tration de cordons hypodermiques allant métamériquement de la peau aux trachées maîtresses n'a pas été faite, ainsi que Lowne [4] le constatait, il y a peu d'années.
58 BuUelin de la Sociclr Eniomologiqne de France.
Ord'jiprrsnos recherches sur les Tachinaires, les larves amphipnons- ti(jues possèdent bien les stigmates et trachées stigmatiques complé- mentaires prévus par Palm en, et ainsi se trouve jusliliée, dans ce qu'elle a de fondamental, la théorie de cet auteur. Toutefois l'accord de cette théorie avec les faits n'existe plus, quand il s'agit du sort dé- llnitit des diverses paires d'organes. Si l'on met à part la première paire de stigmates, très variable, et la dernière qui est toujours développée à l'éclosion, dans nos larves, on peut dire que toutes les autres demeu- rent rudimentaires à tous les stades, aussi bien que les trachées stig- matiques correspondantes. Le stigmate apical se complique progres- sivement aux deux mues, suivant un processus qui diffère d'ailleurs quelque peu de celui inditiué par NVeismann [o], mais en demeurant unique, et sa complication n'entraine {las la diminution du nombre des stigmates rudimentaires.
Les stigmates rudimentaires abdominaux sont situ(''s aux niveaux d'insertion des muscles métamériques.
IL Trachées et tr.\chéoles. — J^'armature élasli(|ue des canaux aérifères {iniiina des auteurs), si uniforme de structure à partir de la l'^' mue, peut présenter au l*"'" stade de remarquables particularités que nous signalerons brièvement d'après Stiinnia piipiphaga Rond., où elles sont mieux marquées.
La lumière des grosses trachées est d'ordinaire très irrégidière, dans cette espèce, et présente une suite de parties dilatées en fuseau séparées par des parties étranglées. L'épaississement spiral de l'arma- ture y est pour ainsi parler mal enroulé, en même temps que discon- tinu et fait de tronçons inégaux, ce qui donne à l'ensemble im aspect très particulier, presque l'aspect d'un vaisseau ligneux à ponctuations anfractueuses. Il y a tendance à la forme ordinaire, mais le calibrage du lube et la perfection géométrique de son hélice ne sont pas réalisés du premier coup.
Quant aux unes trachées et aux trachéoles, c'est un caractère spé- cirupie duStuniiiapupiphoda et de quelques autres Tachinides qu'elles sont en collier de perles. Au lieu d'être cylindrique ou tronc-conique, la lumière du canal est formée d'une lile de vésicules sphériques d'une grande régularité et de l'aspect le plus élégant. La nouvelle armature qui se forme en dehors de celle-ci, lors de la 1'''' mue, prend les carac- tères ordinaires.
Quel que soit le type de l'armature, il y a lieu de distinguer, au point de vue de la matrice chitinogène, deux segments, dans certaines trachéoles : un segment proximal nettement spirale, lorsque le type le comporte et creusé dans de grandes cellules bipolaires, et un seg
Séance du 27 fécricr 1901. 59
ment terminal inilistinctement ou pas du tout spirale, ramifié dans des cellules pluripolaires.
III. SÉCRÉTIOX GRAISSEUSE DANS LE BULBE STIGMATIQUE. — BOU nombre
de larves de Muscides enlomophages ont la faculté de se maintenir à la surface de l'eau, lorsqu'on les introduit doucement dans ce liquide, et do flotter verticalement suspendues, do telle sorte que leurs stigmates postérieurs s'ouvrent dans Fair. Dans cette attitude le ver peut exé- cuter divers mouvements : tourner sur son a\e ou se courber en U pour venir explorer de ses organes antenniformes la surface où il est retenu ; mais il ne peut se déplacer, faute d'un point d'appui {Meigenia flornlis M g. et beaucoup d'autres espèces, principalement au stade II).
Le mécanisme de la suspension se rattaclie immédiatement aux pbé- nomènes de capillarité. Les péritrèmes sont enduits, ainsi que la région avoisinante, d'une graisse fluide qui détermine la formation d'un mé- nisque négatif et augmente le volume du liquide déplacé. Sur des larves assez transparentes on peut aisément reconnaître que les bulbes sligmatiques sont parcourus par des (rainées réfringentes, en chapelet, qui débutent dans le cytoplasme de certaines cellules par des boules volumineuses, pour se continuer par des boules successivement plus petites ou par des traînées irrégulières jusqu'à un pore excréteur, en forme de ponctuation aréolée, situé près du péritrème. Le nombre des traînées et des pores varie de 2 à o pour chaque bulbe stigmati- que, dans les espèces étudiées. Inutile dédire que le but physiologique de cette sécrétion étant la prc»tection de l'appareil respiratoire et point du tout la flottaison, elle est très fréquemment insuffisanle pour se révéler par cet effet sans cesser d'exister à quelque degré. Des traînées graisseuses intrabulbaires se remarquent toujours, non seulement chez les larves des Muscides entomophages, mais encore dans les vulgaires asticots; on peut même s'assurer qu'il en existe des vestiges jusque dans les bulbes des stigmates antérieurs.
Il y aura lieu de rechercher la même sécrétion dans d'autres grou- pes, par exemple chez les larves des Hyménoptères entomophages, bien connues pour leur aptitude à flotter. Pareillement il conviendra d'étu- dier les relations des cellules larvaires ici en jeu avec les glandes ci- reuses signalées par Lowne [4] autour des stigmates de l'imago, dans la Mouche à viande.
IV. VÉSICULE AXALE. — A l'apparoîl respiratoire nous devons ratta- cher à titre d'annexé un organe particulier, dîtlerencié aux dépens du rectum, sorte do hvanchie sanguine très inégalement développée chez les diverses espèces, quoique toujours reconnaissable dans les genres
(iO Bulletin de la Société Entomologique de France.
Jachina et voisins ^Stamiia, Chaetolijija. Mciyenia, Coiapxilura, Uclesia, etc.).
Vanua vrai [ne fig. 1 et â). c'est-à-dire la ligne de soudure du rec lum avec le tégument, est formé chez les larves de ce groupe par un large cadre cuticulaire de forme ovale, à grand axe transversal, incluant un anus apparent, ap, celui-ci constitué par un orifice à bords froncés qui correspond à la constriction du rectum par un sphincter. Il résulte (le cette disposition que la zone comprise entre ai\ ap. représente en réa- lité im tronçon du rectum dont la face épithéliale est devenue externe, ("/est cette zone que nous désignons sous le nom de vésicule anale. Pour se faire une idi'c des états qu'elle peut alïecter il faut la concevoir
]-ig- )■
Extrémité de l'abdomen d'une larve de Tacliinide vue par dessous. — Fig. 1, vésicule anale petite, à l'état i'écusson. — Fig. 2, la même très développée, à 4 lobes. — (IV. anus vrai; ap, anus apparenl.
comme susceptible de s'invaginer en entonnoir, de s'évaginer en une poche saillante, ou de se maintenir au niveau général du tégument. Dans ce dernier cas elle se présente comme un petit écusson depuis longtemps signalé par Laboulbène [1] dans une larve adulte. Lors- qu'elle est évaginée, elle est toujours ombiliquée ou même elle montre deux sillons cruciaux, déterminés par des attaches internes, qui la partagent en 4 lobes, dont les deux postérieurs peuvent être très sail- lants (lig. 2;.
Dans les larves jeunes, assujetties à respirer l'oxygène dissous, l'anus vrai est proportionnellement très large. La vésicule peut être conti- nuellement saillante, bien qu'à des degrés très divers {Tach.'?s,p. ined., Uclesia fuscipennis Girsch. in litt.), ou invaginable et évaginalile au gré de l'animal [Compsilnra concinnata Mg.) ; son développement est vi- siblement en raison inverse de celui du système trachéen. Dans tous les cas les formes en entonnoir ou eu poche cessent de se montrer dès que la larve se met à même de respirer l'air en nature, pour taire place à la forme réduite d'écusson.
Ces diverses circonstances semblent bien impliquer une fonction respiratoire. L'organe n'est pas une hranchie trachéenne, car il a des
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parois épaisses et uc reçoit pas un grand nombre de trachées, mais il peut être classé parmi les branchies sanguines de Miall et Ham- mond [i]. Peut-être serait-il mieux appelé glande branchiale, les ca- ractères histologiques et physiologiques de ses éléments donnant à penser qu'ils absorbent les liquides chargés d'oxygène comme ceux de l'épithélium intestinal les liquides chargés d'autres aliments.
Ajoutons pour terminer que la vésicule anale des Tachinides doit sans doute être homologuée à celle des Braconides et probablement aussi aux branchies sanguines des Nématocères.
1. Laiîoulbènio (A.). — Métamorphoses d'une Mouche parasite. A7in.de la Soc. eut. de Fr., 1861.
l. Miall (L.-C.i et Hammond (A.-R.). — The structure and life-history of the Harlequin Fly. Oxford. 1900.
:l. Palmen (J. a.). — Zur Morphologie des Trachéens} stems. Helsingfors, 1877.
1 . Thompson Lowne (B.). — The anatomy, physiologv, morphology and development (jf the Blow-lHy. :>« éd.. London, IS'JS-y.").
.">. Weismann (Aug.). — Die Entwicklung der Dipteren, Leipzig, 186i.
Description de VOsmia corsica, n. sp. et observations sur la faune corse [Hyméx.]
Par Gh. Fertox.
Osmia corsica, n. sp. — Pertinet gregi 0. aduncae, siniilUmaO. diffornii Pérez, pallicorni Friese et praecipue 0. Jheringii Ducke. Differt : ç clypeo nitido, parce punctato, punctis latis et pro- fande impressis; r5 antennis non difforniibus, cuni articulo ultimo laie rotundato, segmenta sexto abdoniinis margine apicali crenulato.
Ç Nigra,albido pilosa,caput et thorax concinne panctaia, cuni longis pilis, antennis fere nigris, clijpeo subelevato, tr uncato, distincte serrato , laevi, parce punctato, punctis latis et profunde impressis , margine longe et albido Jinibriato. Spatiuni cordifornie fere nitidulum, subtilissime rugulosum. Abdomen nitidulum, concinne punctatum, seg- mentis 1-4 marginibus albido ciliatis, 1 medio interrupto, cum longis pilis lateralibus, segmentis -3-6 brerissime pubescentibus ; scopa ventrali albida.
02 BuUrlin de In Société Entomologique de France.
AUs fève hijdlinis. reuix aigris, teijuUs poUidift, rend nrdinaria fere ante furcani; pedibns nigris, calcaribus pallidis. — Long. ()-8 mill.
o yig''>', fulvidu- mbtus albido-pilosus : caput et iliora.v concinne pnnr- tdtii, facie dense et longe pilosa , cljipeo opaco, concinne pnnciato, nmrginr .v'rrato,antenn(iruni flagellu paiiluni pallido, forma fere regulari, 'irticulis intermediis {tertio- penultimo) Intioribus gaain longis, uttimo ronipresso et apice régularité r rot undato. Spatiuin cordifornie fere nitiduni. Abdomen nitiduhun, segmenta sexto lateribus dentato, margine apicali crenulato,septinio quadrato, laie rotnndato; callii' segmentorum ventraliiim nitidis, parce punctatis. AUs hiialinis, venis nigris, tegulis pallidis: vena ordinaria fere ante fnrcam ; pedibus nigris, calcaribus pallidis. — Long. (')-7 milL
Ilab. Corsica.
Elle appartient au groupe de Yadanca, la 1 se distingue de suite des autres espèces de ce groupe par son chaperon brillant parsemé de gros points espacés. Celte espèce est surtout voisine de ÏO. JlieringiiDwckt', dont elle a la taille ; la 9 s'en sépare par la ponctuation caracléristi(jue de sou chaperon, par celle plus fine et moins profonde de son thorax et de son abdomen. Le corsica (5 a la ponctuation plus serrée que le Jheringii, le thorax et Tabdomen moins brillants ; le dernier article de ses antennes aplati est régulièrement arrondi à l'extrémité, et non tronqué comme chez Jheringii. Les segments ventraux de l'abdomen du corsica sont brillants, knu" i)onctua[iiin est très lâche, tandis qu'elle est dense chez Jiieringii.
VOsniia corsica se rapproche également des difformis Pérez H pal- UcornisFrieso; elle est de taille plus petite (pie ces deux espèces. Le c5 s'en distingue par le bord i)Ostérieur crénelé de son G*" segment dor- sal; il a de plus le fouet des antennes de couleur plus sombre. I^e dernier article de ses antennes, vu de face, est large et régulièrement arrondi à l'extrémité, comme chez le difformis, tandis qu'il se termine chez pallicornis en un ovale plus étroit. Le fouet du pallicornis, vu de face, est proportionnellement plus large que celui du corsica. Enfin la ponctuation du corsica est moins serrée et moins profonde que celle du difformis, et plus serrée au contraire que celle du pallicornis.
La ç se distingue de la difformis \^ur su taille plus petite et par la ponc- tuation de son chaperon; son abdomen est plus hi'illant. Elle se sépare de \Si pallicornis, que je ne connais pas. par sa taille et par les grands intervalles brillants des points de son chaperon.
Les antennes de VOsmia corsica o sont presque régulières, les seg-
Séance du t7 fn-vier 190 L. 63
monts 2, 3, 4 du flagollum montrant soûls, on dessous, dos nodosilos à peine distinctes.
Cette Osmie paraît lial)itor toute la partie granitique de la Corse; je l'ai capturée en juin près de Bonifacio, à une centaine de mètres d'alti- tude (couvent de la Trinité), et en juillet sur les pentes nord du M"' Renoso jusqu'à la hauteur de 1.600 mètres.
Elle butine à Bonifacio sur les Echiuni en compagnie de YO. crenu- liita Moraw. et des autres Osmies du groupe de Vadunca; elle fré- quente sur le M"^ Renoso une fleur blanche, dilTérente de Y Echiu m, qiHi. m'est inconnue.
Une seule fois (19 juillet), sur le M*'^ Renoso, j"ai trouvé un nid de YOsmiii corsica, au moment où l'Abeille le terminait. Il ne comprenait qu'une seule cellule établie dans un petit trou d'un rocher granitique; elle était fermée par un tampon do terre gâchée avec un liquide sali- vaire , dans laquelle l'Osmie avait enchâssé de petites pierres ; la ma- çonnerie affleurait la surface du granit. A l'intérieur du nid la mère avait tapissé de mortier la paroi du rocher, construisant ainsi une cel- lule cylindrique, sek»n la méthode des Osinia aduiico, loti et Morauitzi.
Par ses monu's aussi bien que par ses caractères anatomiques YOs- min corsica appartient donc bien au groupe de Yadunca.
UOsmia corsica, et une variété do YO. liiicola Pérez, sont jusqu'ici les seules Osmies spéciales à la Corse. Toutes les autres formes de ce genre captiu'ées dans l'île lui sont communes au moins a^ oc lui des deux continents voisins. Il est remarquable que parmi ces dernières il ne se trouve aucune des espèces montagnardes réfiandues à la fois dans les Alpes et dans les Pyrénées ; la plus grande partie do la Corse est cependant couverte de montagnes granitiques élevées, dont le climat parait bien leur convenir. J'ai vainement exploré les environs d'Evisa, de Yi^ario et do Yizzavona â la recherche de ces Osmies alpines, qui fout vraisemlilablomont défaut â la Corse. Il en est do mémo dos Bour- dons et des autres Apiaires exclusivement montagnards des Alpes et des Pyrénées. Parmi les Mellifères alpins du Sud-Ouest énumérés dans la liste établie par U. J. Pérez ('), un seul de ceux qui y sont donnés comme « alpins absohiment » a été à ma connaissance capturé en Corse, c'est la Dnfonrca halictula Nyl., que j'ai prise dans la forêt d'Aïtone. Mais l'Abeille n'est pas exclusivement montagnarde , elle est
(Il Catalogue des Mellifères du Sud-Ouest. Actes de la Société linnc'enne de Bordeaux, t. .XLIV, 1890.
64 Utdh'tin (le la Soriélr Entoinologique de France.
assez cumiunne à Bonil'acio, sur le rivage mèm<' du golfe de S'' Manza. où elle butine sur la Seabiosa suavevlens.
Dans le même Catalogue des mellifères du. Sud-Oaest, M. Pérez a également éuuméré les Mellifères « alpins relativement » de cette ré- gion; je ne possède do l'ile que deux d'entre eux, les Oamia eidaa Gerst. et loti Moraw., mais ils ont été capturés dans les environs de Bonifacio, dont l'altitude ne dépasse pas 100 mètres.
L'absence en (Jlorse de la faune alpine lait supposer que le massif corso-sarde s'est délinilivement séparé du continent a^ant l'époque glaciaire, pendant laquelle les insectes montagnards ont pu franchir l'intervalle qui sépare les Alpes des Pyrénées.
L'étude de lallore de l'ile a donné les mêmes conclusions rapportées ainsi par K obéit (') d'après Engler : « 11 n'y a parmi les plantes montagnardes de la Corse que peu d'espèces des climats polaires (13). Les genres sont plutôt ceux qui sont répandus dans les contrées mé- diterranéennes, les espèces, malgré des dilférences, sont étroitement alliées à celles des autres montagnes circuinméditerranéennes.La flore dans son ensemble se rapporte a celle des Hautes-Alpes ou des Pyré- nées, comme celle d'une contrée qui serait reliée à ces massifs monta- gneux. Engler conclut du caractère général de la flore corse que l'île- fut anciennement rattachée au continent. et qu'elle en fut séparée avant la lin des temps tertiaires. La période glaciaire anéantit par l'accroisse- ment des glaces une bonne partie de la flore méditerranéenne, et plus tard eut lieu l'introduction d'un petit nombre d'espèces, peut-être par l'intermédiaire des Oiseaux , mais non une immigration par une terre reliant les deux contrées. »
Nous avons d'autres données riui permettent de préciser l'époque de l'isolement du massif corso-sarde. En étudiant les stations préhisto- riques des environs de Bonifacio, j'ai trouvé dans les restes de repas de l'homme néolithique, une grande quantité d'ossements du La/jomys rorsicanus Cuv., qui devait constituer alors la principale nourriture de l'homme {^). D'après U. le Professeur De père t, ce petit Mammifère, (pii abondait dans le pliocène du Roussillon. avait dû pénétrer en Corse par un isthme, qui la reliait à cette époque au massif des Maures, et la fragmentation de cet isthme a dû avoir lieu postérieurement au plio-
(1) Sludieii ziir Zoogeographie, a"^ vol. Die Fauna dcr ineridionaleii Sul>- Region, p. 2.53, Wicsbaden, 180M.
(2) Sur l'histoire de Bonifacio à l'époque néolithique. Actes de la Société Unncenne de Bordeaux, t. LUI, 1898; et seconde note sur l'histoire de Boni- facio à l'époque néolithique. Même recueil, t. LIV, 1900.
Séance du 27 février 190 L. Oo
cène ('). Enlln j'ai uiontrô que cet isolomout de la Corso avait prolia- blement été détinitif; me basant en efïet sur la présence du Ldgomijs rorsicanm dans rile pendant le néolithique, j'ai avancé qu'à cette époque la Corse « était depuis longtemps séparée du continent euro- péen. C'est grâce à son isolement dans une ile que cette espèce aurait survécu. L'ile corso-sarde, qui d'après M. Depérel se soudait au mas- sif des Maures à l'époque pliocène, ne se serait plus rattachée au con- tinent après s'être séparée de la Provence (-). » Le massif corso-sarde s'est donc détlnitivement séparé du continent après le pliocène et avant la période glaciaire, c'est-à-dire pendant le pleistocène ou {tendant l'é- poque chelléenne.
La Corse renferme des Hyménoptères qu'on trouve également dans l'Afrique du Nord, et qui, n'ayant pas encore été observés en Provence ni en Toscane, semblent manquer à ces deux régions. Tels sont VOs- mia ferruginea Lepel., YAndrenn antilope Pérez, le Priocuemis Va- rhali Ferton et le MifiCoj)hus bonifaciensis Ferton {■^). VOsmia ferru- ginea nidilie dans les coquilles vides des Mollusques, les trois autres dans le sol; leurs nids ou leurs coques n'ont donc pas été importés par le commerce de l'homme. D'autre part ces insectes ne s'élèvent dans leur vol qu'à une faible hauteur, et ne peuvent être surpris et emportés au loin par lui ouragan ; le Priocnemis Vachali et le Misco- phus bonifiicicnsis surtout, chasseurs d'Araignées, ne dépassent pas dans leur vol la hauteur de quelques centimètres. De ce tjue ces in- sectes africains existent en Corse, on pourrait au premier abord con- clure à une liaison relativement récente de l'Afrique du Nord et du massif corso-sarde. Mais le petit nombre de ces espèces communes aux lies tyrrhéniennes et à la Barbarie, et manquant en même temps à la Provence et à la Toscane, ne conlirme pas cette hypothèse. La Bar- barie possède une faune spéciale nombreuse, dont un grand nombre de représentants auraient fait irruption dans un pays voisin, de climat semblable au leur, si une liaison des deux terres l'avait permis. Il semble plus rationnel de considérer ces formes africaines habitant la
(1) Étude sur quelques gisements nouveaux de vertébrés pieistocènes de l'île de Corse. Annales de la Société linnêenne de Lyon, 1897. . (2) Loco cilato, 1" note, 1898.
(3) Il faudra probablement ajouter à celte liste quelques-unes des espèces qui sont jusqu'ici spéciales aux deux iles : Pompiliis holoiuelas Costa, i'oinp. plicalus Costa, Astata picea Costa, etc.
'66 Bulletin de la Sociélè Entoinoloijique de France.
(Jorse ot la Sardaigne comme des restes de la faune méridionale, qui s'était répandue sur la côte iNord de la Méditerranée avant l'époque glaciaire. Le froid de la période glaciaire a dû être plus rigoureux en Provence et dans l'Italie du nord que dans les îles tjrrhéniennes plus méridionales, et il y a détruit des espèces qu'il a épargnées dans ces deux îles. Les quelques Hyménoptères africains qui habitent la Corse n'obligent donc pas à admettre une liaison antérieure de l'ilc avec la Barbarie, et doivent plutôt être considérés comme des représentants d'une faune méridionale ayant siu'vécu à la période glaciaire.
Sur les métamorphoses de deux Coléoptères coprophages
Par Valéry .Ma\et.
I. — Onitis Reliai. Faltr.
Dans ses belles observations sur la nldilication des divers Copro- phages. Fabre {Souvenirs ent., 6^ série, p. 81) parle d'une note et d'un croquis à lui adressé par nous sur le nid de VOnitis Belial F. {Olivieri 111.). Autorisé à publier l'observation, le maître s'est contenté déparier de la brièveté du boudin de fiente auquel notre Onitis confie son œuf.
L'Onitis Belial, assez commun dans l'Afrique du Nord et l'Espagne du Sud, est peu répandu en France. Boyer de Fonscolombe (Ca- lendrier de faune et flore 184o) le signale aux environs d'Aix-en-Pro- vence, nous ne le voyons jusqu'à présent ni dans le Vaucluse, ni dans le Gard. Dans l'Hérault, il est à Montpelher, à Aspiran et à Agde; dans les Pyrénées-Orientales, nous l'avons trouvé à ColUoure et non loin de Céret, aux bains duBoulou. A Montpellier, où Mulsantle dit commun, il est localisé et sa station unique, située sur la rive droite du Lez, entre la ville et la mer, n'a pas plus de 1.500 mètres de long sur 5 ou 000 de large. Les prés salés de Gramenet, commune de Lattes, où il se prend, vont se défrichant, disparaissant peu à peu devant la Vigne qui. comme une laclie d'huile, s"étend de plus en plus dans l'Hérault. Qui dit Vigne dit terrain perdu pour l'entomologie. L'insecte est donc de plus en plus diftîcile à observer et c'est ce qui nous engage à publier ces notes recueillies il y a une dizaine d'années déjà.
Le hasard nous avait servi le lo mai. Sous un tas de crt»ttins où un coiq)le (5 et ç venait d'être capturé était creusé dans une argile com- pacte un puits, large et peu profond, aux parois cimentées de déjec- tions de l'insecte et que nous représentons réduit d'un quart. La moitié la plus profonde l'iait remplie de crottins vigoureusement tassés
Séance du il fcrrier 1901. 67
par couches d'où avaient été extraits avec soin tous les matériaux gros- siers, la moitié supérieure était comhlée avec un mélange de terre et crottins non tassés.
Les Coprophages confectionneurs de nids sont divisés par Fabre en deux groupes, deux corporations, dit-il, ceux qui établissent leur nid sous forme de pilules ou de boules piriîormes {Scardbaeus, Gijmno- pleiirm, Coprix, Phanaeus) et ceux qui leur donnent la forme de sau- cissons {Geotrupes. Biibas, Ontophagun, Oniticellus).
Les Onifis font partie de la seconde corporation; mais combien courts sont leurs saucissons, de vraies mortadelles fabriquées par assises de matériaux comme le représente notre dessin. La chambre à œuf est placée au fond du nid, comme chez les Geotrupes et les Bubas, tandis (|ue chez les Onitirellns et les Onfophagus elle est placée en haut, comme chez les confectionneurs de boules.
Mais revenons à mes notes. Le nid transporté chez moi dans son fourreau d'argile et préalablement sectionné pour l'observation et .le dessin de la chambre à œuf (fig. 1) fut placé dans un bocal sans col rempli de terre, la chambre à œuf soigneusement rejoinlée.
L'cHuf était, non pas suspendu à la voûte, comme chez les Scara- haeus, non pas couché sur le tlanc comme chez les Copris, mais planté par un bout dans le fond, comme chez les Bubas et les Oniticellus. De
Vi''. 1. Fit
l'orme ovale, d'un blanc de lait, il était long de 3 mill. oO sur 2 de large. Vraisemblablement il ^ enait d'être pondu, l'état de fraîcheur du tas de crottins en témoignait; nous étions au lo mai, la veille avaient eu lieu sur le terrain des courses de chevaux.
68 Bulh'iin de la Société Entomologique de Fronce.
L'éclosion de l'œuf nous a échappé; mais le 2o, la jeune larve éclose, très vigoureuse, ayant déjà mangé el agrandi sa prison, paraissait âgée de deux ou trois jours, elle était longue de 5 à 6 millimètres.
A partir de ce moment l'observation, par effraction légère de la cel- lule grandissante, lut renouvelée tous les huit ou dix jours. Nous avions espéré pouvoir laisser la chambre à œuf ouverte contre les pa- rois du bocal; mais malgré un cimentage hermétique, malgré l'obscu- rité produite par un étui de carton recouvrant le jjocal, le verre était aussitôt badigeonné de l'enduit boucbeur de brèches si bien décrit par Fabre à jiropos de la larve du Bnusier sacré. « C'est, dit-il, une fien- teuse émérite. » Comme celle du Scarabée, notre larve, aussitôt l'ouver- ture pratiquée, se retournait prestement, de sa fente anale jaillissait l'enduit, et sa face postérieure, élargie en bourrelet, retendait comme eût fait une truelle.
Pendant tout le mois de juin notre larve a gi'andi. l>e |)eur de la faire périr nous n'avons osé la dessiner; mais nous pcuivons dire que son prolil, comparé à celui de la larve du Bubas que nous ligurons plus loin, est moins renflé dans la partie dorsale. Il se rapproche davantage de celui de la larve du Scarabaeus sacer figurée par Fabre {loc. cit.. o^ série, p. OC), révélant par un renflement dorsal la présence dans l'es- tomac d'une poche volumineuse, vaste magasin de vivres qui peu à peu digérés fournissent ample provision de mortier au rectum dilaté en poche.
La transformation en nymphe n'a pu être obtenue, par suite, croyons- nous, des terribles chaleurs de la fin de juin. A ce moment la totalité de la provision de crottins étant épuisée, le court saucisson était rem- jilacé par une roque arrondie un peu plus longue que large (voir la ligure 2) et formée par des assises superposées de matière terreuse. Examinée de près et analysée , cette enveloppe solide s'est trouvée formée de terre argilo-calcairc pour les trois quarts environ (celle qui obturait le puits ou môme celle des parois) et d'un (juart des déjections de la larve. Cette coque ouverte les premiers jours de juillet nous a montré la larve adulte, morte et en décomposition.
II. — BuiiAS 151S0X L.
11 y a quelques années, le 20 juin, chassant dans les dunes des Rièges (Camargue), nous rencontrions un puits de Tarentule {Lycosa 'iinrbonensis) au fondduquel (15 centimètres environ) nous trouvions non seulement la grosse Araignée, mais deux puits secondaires divergents, remplis jusqu'au bord par des l'ondelles de bouse mélangée de sable. Au
Séance du 27 février 1901. 69
fond de chacun do ces puits, longs de 3 à 4 centimètres sur 12 à 14 mill. de diamètre, se trouvait une loge pratiquée dans l'épaisseur d'un boudin de bouse toujours mélangée de sable et garnissant exactement le fond du puits. Une de ces loges brutalement ouverte par ma pioche renfermait la larve bossue que nous représentons figure 3 et qui, retirée blessée, fut mise de suite à l'alcool. L'autre loge, conservée intacte et ou- verte en septembre seulement, renfermait morte et racornie une nym- phe que ses deux cornes divergentes nous tirent de suite rapporter à un Bubas.
Les observations de Fabre sur le Bubas bison {Joe. cit., 6" série, p.2o) ont éclairé l'histoire de ce mystérieux nid servant à la fois à une Arai- gnée et à des Bousiers. L'auteur rapporte le fait extraordinaire de la larve du Bubas qui, seule de la série de Coprophages observés par lui, « met douze mois à se mûrir en nymphe ». Le nid, comme le représente très bien son dessin (p. 27), est formé : 1" par un puits ver- tical libre, ouvert sous l'amas de déjections, 2'' par un plus ou moins grand nombre de puits divergents remplis par le boudin do bouse au fond duquel est pratiquée la chambre à œuf, la future cellule de la larve. Étant donné le laps de deux ans demandé par l'évolution du Bubas, l'histoire de notre nid à double propriétaire est facile à reconstituer. Le tas de bouse de Tannée précédente ayant disparu, sous le pied de quelque passant , le puits béant, se trouvant de dimension voulue , a été utilisé par la Tarentule. Après avoir entouré son orifice de la margelle de fétus et de terre qui caractérise l'entrée de son terrier, la grosse Arai- gnée s'est installée au fond dans le petit vestibule où aboutissaient les doux puits secondaires du Bulxis.
Fabre n'ayant décrit ni la larve ni la nymphe du Bubas bison, nous profitons de l'occasion pour le faire.
La larve, comme le représente notre ligure (fig. 3), est remarquablement bossue, bossue d'en haut, bossue d'en bas, le milieu du dos aplati, la tète et l'anus rejetés du môme côté et tendant à se rejoindre. La bosse du haut dépassant la tète d'un quart de la longueur du corps, sort à loger l'appendice stomacal si curieux caractérisant les larves do di- vers Coprophages. appendice décrit et figuré par Fabre {loc. cit., 6^ sé- rie, p. 68). La bosse d'en bas, formée du renflement des deux avant-der- niers segments abdominaux, renferme la poche rectale dont il a été parlé. La taille un peu amplifiée sur notre dessin, au-dessous de la réalité chez notre exemplaire non adulte, peut être évaluée comme longueur, do Textrémité d'une bosse à l'autre, à 15 mill., comme largeur, du bout de la tète à la ligne dorsale aplatie, à 12 ou 13 mill. La cou- leur générale est le blanc sale. La tête, de couleur marron clair, est
4»*
70
Bulletin de hi Société Entomotogique de France.
privée d'yeux. Sur le frout rentlé se voient 4 fossettes, la plus grande en avant, au-dessus de 1 epistome, deux latérales de dimension moindre et une toute petite, médiane, d'où part un léger sillon rendant le vertex bilobé. Les mandibules robustes, rembrunies à l'extrémité, se terminent par deux dents évidées en dessous, l'une formant pointe, l'autre interne et en retrait. Les mâchoires charnues, couvertes de cils courts, portent des palpes développés et composés de 4 articles. Les palpes labiaux n'ent ont que ."{. Les antennes de 5 articles, dont le der- nier est très petit, atteignent rextrémité du labre. Le thorax est court, le prothorax long comme les deux autres segments réunis, les pieds relativement d<'velopp(''S pendent jusque sur le segment anal relevé, comme nous l'avons dit, et muni au bout de son arceau ventral d'un bour- relet saillant bilobé garni de fines spinules. V abdomen est composé de 11 ou 12 anneauv dont les premiers peu distincts par suite de leurs mul- tiples replis.
La nijmphe (lig. 4), comme toutes celles de Coléoptères, montre rejiliés en avant les divers appendices de l'imago. Chez notre exemplaire uni- que, trouvé, nous l'avons dit, mort et ra- corni dans sa coque, le prothorax ofïre cela de particulier qu'il est creusé dans toute sa longueur d'un profond sillon mé- dian, comme on en voit chez certains Pha- naeus américains [P. splendidulus. etc.). La corne thoracique unilobée indiquant que nous avons bien affaire au Bubas bison se voit nettement à l'extrémité antérieure. Faut-il voir dans ce sillon du thorax une réminiscence de forme ancestrale rappelant les Phanaeus comme M. François en a vu {Bull. Soc. ent. Fr. 1899, p. 117) dans la corne thoracique portée par la nymphe de certains Ontophagus dont le corselet est inerme chez l'imago? Nous n'osons hasarder l'hypothèse, sur un exemplaire unique trouvé mort, mais nous ferons remarquer que le Bubas bison figuré par Fabre, dessiné peut-être sur un exemplaire mal éclos, porte, lui aussi, ce sillon dorsal que nous représentons par un double trait sur notre esquisse de nymphe [iïg. 4). Une nouvelle observation prise sur le vif tranchera la question.
La coque abritant la nymphe, construite par assises comme celle de VOnitis, se compose à l'anahse d'environ un quart élément terreux (ici c'est du sable lin) et de trois quarts déjections de la larve. Elle est donc beaucoup moins terreuse que celle de VOnitis. Ainsi est expliqué ce sable mélangé à la bouse dans toute la masse de la provision. Il est
Séance du S7 février 1901. 71
utilisé pour la confection de la coque finale dont les éléments n'ont pas à être, comme chez VOnitis, empruntés au sol environnant.
Recherches sur la structure et le développement postembryonnaire de l'ovaire des Insectes ('). — V. Sur les diverses cellules de l'ovaire qui interviennent dans la formation de l'œuf [Thysan.]
Par A. Lkcaillon.
L'étude de l'ovaire dos Insectes inférieurs (GoUemboles et Thysa- noures) jette un certain jour sur la manière dont on doit comprendre les phénomènes de l'ovogenèsc dans le groupe des Hexapodes tout entier. En tenant compte à la fois des observations auxquelles elle conduit et des faits que l'on constate dans l'embryon lors de l'appari- tion des cellules reproductrices et de la formation des ébauches ova- riennes, on peut se rendre compte, en eiïet, d'une façon assez précise, des moyens variés par lescjuels l'œuf, grâce au concours de cellules ayant des origines diverses, peut acquérir la grande quantité d'éléments de réserve dont il a besoin.
Les ébauches ovariennes, chez les Insectes où leur formation a été le mieux étudiée, prennent naissance par suite de deux phénomènes suc- cessifs se produisant dans l'embryon à des moments assez éloignés l'un de l'autre. Ces deux phénomènes sont : 1° l'apparition précoce des gonades, 2° l'entrée de celles-ci dans une enveloppe mésodermiquo à l'intérieur de laquelle elles resteront désormais incluses. Dans Chjtra IderiuscHla, par exemple, les gonades se montrent à la fin de la pre- mière journée du développement et ne s'entourent de leur enveloppe mésodermique qu'au commencement de la cinquième journée (la durée totale moyenne du développement étant d'environ 13 jours). Au mo- ment de l'apparition dont il s'agit, la segmentation est loin d'être ter- minée et il ne saurait être (juestion encore de feuillets germinatifs.
L'origine mésodermique du tissu qui entoure les gonades quand celles-ci pénètrent dans les cavités cœlomiques n'est au contraire pas contestable, car les cellules mésodermiques sont à ce moment très faciles à reconnaître et très dilïérentes des gonades. D'après Hey- mons le tissu mésodermique ne formerait pas seulement l'enveloppe des ébauches ovariennes; il donnerait en outre naissance à des cel- lules se mélangeant plus ou moins aux gonades et destinées à fournir
(1) Voir Bulletin de la Soc. enlom. de France, n°- 'i. Tel 10, 1900, et n"3, 1901.
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plus tard les cellules épithéliales qui formeront les follicules des œufs. Ce fait doit être considéré comme exact, car l'examen attentif des ébauches ovariennes le vérifie; on verra tout à l'heure cependant qu'il peut y avoir des exceptions à cette règle.
Ainsi donc l'embryogénie montre que deux sortes d'éléments en- trent dans la formation de l'ovaire et par suite peuvent servir à l'ovo- genèse: les gonades et les cellules mésodermiques qui les enveloppent ou y sont mélangées. Voyons ce qui se produit ensuite chez les In- sectes inférieurs.
D'après mes observations il est nécessaire, pour s'en rendre compte, d'examiner successivement : 1° le cas des Aphoruridées, des Poduri- dées et des Entomobryidées, 2" celui des Smynthuridées, 3" celui de Campodea et 4'' celui de Machilis.
Dans le premier cas, il n'y a pas de cellules mésodermiques en de- hors de celles qui forment la paroi des ébauches ovariennes. Les go- nades donnent naissance aux œufs et aux cellules vitellogènes. Il n'y a pas de follicules ovariens. La vésicule germinative grossit notablement au début de la période pendant laquelle l'œuf reste dépourvu de glo- bules deutoplasmiques, mais ensuite elle diminue et ne semble jouer, dès lors, qu'un rôle insignifiant pendant tout le temps que dure l'ac- cumulation du vitellus nutritif dans l'oHif. Ce sont alors au contraire les cellules vitellogènes qui se développent énormément; leur noyau, par sa grosseur et sa richesse en éléments chromatiques, accuse la grande part qu'elles prennent à l'élaboration des matériaux qui s'ac- cumulent dans l'u'uf. Les cellules de la paroi ovarienne restent tou- jours très petites, et çà et la quelques-unes d'entre elles seulement, situées près des œufs, grossissent un peu. Dans les trois familles dont il s'agit ici les éléments dérivés des gonades sont donc de deux sortes, les œufs et les cellules dites vitellogènes; ces deux catégories de cellules assument à peu près, à elles seules, tout le travail chimique nécessité pour faire passer l'œuf à l'état de maturité; on peut même admettre que, à ce point de vue, le rôle des cellules vitellogènes est prépondérant.
Dans les Smynthuridées les cellules mésodermiques surajoutées aux gonades manquent également, et par suite aussi les follicules ovariens. Les gonades donnent encore naissance d'une part aux œufs, d'autre part à des cellules vitellogènes. Ces deux sortes d'éléments évoluent comme dans le cas précédent. Mais ici, les cellules mésoder- miques qui forment la paroi ovarienne prennent une part très active aux phénomènes de l'ovogenèse. Elles acquièrent une taille considé- rable et proéminent vers l'intérieur de la poche ovarienne. Elles finis-
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sont par former un réseau enserrant étroitement les groupes consti- tués par les œufs accompagnés de cellules vitellogènes. Vers la fin de l'ovogenèse elles s'atrophient peu à peu comme les cellules vitello- gènes elles-mêmes. L'élaboration des matières qui doivent s'accu- muler dans l'œuf est donc répartie, chez les Smynthuridées, entre l'œuf lui-même, les cellules sœurs de l'œuf et les cellules mésoder- miques de la paroi ovarienne; ces dernières paraissent avoir ici le principal rôle.
Dans Camjwdea, les cellules mésodermiques surajoutées aux gonades sont présentes (à la région postérieure de la chambre germinative). Il se forme de vrais follicules ovariens, mais les cellules en sont toujours très peu volumineuses. Il se produit encore des œufs et des cellules vitellogènes aux dépens des gonades. L'activité principale, dans l'éla- boration des matériaux de réserve, est dévolue aux cellules vitello- gènes.
Dans Marhilis on trouve des cellules mésodermiques situées à la partie la plus antérieure de la chambre germinative. Il se produit des follicules ovariens, ayant des cellules un peu plus volumineuses que chez Campodea. Mais ici apparaît une disposition qui deviendra fré- quente chez les Insectes supérieurs : toutes les gonades produisent des (pufs, de sorte qu'il n\ a plus de cellules vitellogènes. Il est alors fa- cile d'observer que presque tout le travail chimique nécessité par l'emmagasinement des globules deutolécithiques est fourni par l'œuf lui-même. Le noyau de celui-ci grandit beaucoup et les éléments chromatiques qu'il renferme prennent un développement qu'ils étaient bien loin d'atteindre dans les trois cas précédents.
En résumé, les faits que l'on observe dans l'ovaire des Insectes in- férieurs donnent le droit d'admettre que, chez ces animaux, le travail chimique à la suite duquel d'abondants matériaux de réserve sont accumulés dans l'œuf est effectué par diverses cellules. Les œufs et les cellules vitellogènes, éléments dérivés des gonades, y prennent part; il eu est de même des cellules mésodermiques entrant dans la constitution de l'ovaire. Mais la part qui revient à chaque catégorie de cellules est très variable; tantôt c'est celle de l'œuf qui est prépondé- rante, tantôt celle des cellules vitellogènes, tantôt celle des cellules mésodermiques. En réahté tous ces éléments sont vitellogènes si on les envisage au point de vue physiologique et, seule, leur origine les sépare nettement en deux groupes. Chez les Insectes supérieurs, l'o- vogenèse se produit dans les mêmes conditions ; mais ce sont les deux dispositions ébauchées chez Campodea et chez Machilis qui se réalisent le plus souvent en se perfectionnant surtout par le rôle plus impor-
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tant que proud répithéliiim folliculaire. Quant au type d'ovaire réalisé dans les Aphoruridées, les Podurid(''es et les Entomobryidées, et per- fectionné davantage chez les Sniynthuridées, il semble n'avoir pas eu d'avenir et être resté localisé dans le gi^oupe des CoUemboles.
A propos des Onyohophores du Cap, désignés sous les noms de Peripatus capensis Grube et de P. brevis Biainville
Par E.-L. Bouvier.
Les premiers Peripatus découverts dans l'Afrique australe furent capturés aux environs du Cap par G. Frauenfeld [860, 87] qui les remit à Grube pour qu'il en fit l'étude. Ce zoologiste leur attribua le nom de Peripatus capensis [866, 66] et en donna [868, 4, Taf. IV, fig. 3] une description morphologique complète. Les trois exemplaires recueil- lis par Frauenfeld n'avaient pas tous 17 paires de pattes, comme l'avait dit ce naturaliste: Grube oliserva en effet que deux d'entre eux avaient bien ce nombre d'appendices, mais que le troisième possé- dait 18 paires de pattes; ce qui ne rempécha pas, d'ailleurs, de les con- sidérer tous les trois comme appartenant à la même espèce.
Dans son travail monographique sur les Onychophores, M. A. Sedg- wick [888, 450] établit une nouvelle espèce, le P. Balfouri, pour les Péripates du Cap qui ont 18 paires de pattes et réserva la déno- mination de P. capensis à ceux qui n'en possèdent que 17. Le savant zoologiste ne fit du reste aucune observation sur la dénomination de Grube. Mais M. Purcell, dans un travail plus récent [899, 331, 336] considéra le P. capensis de Grube comme un ensemble renfermant les deux espèces. Cette remarque me paraît très justement fondée; comme M. Purcell, j'ai pu examiner de très nombreux Onycho- phores de l'Afrique australe : tous ceux qui avaient 17 paires de pattes étaient des P. capensis, tous ceux qui en possédaient 18 des P. Balfouri. Il n'y avait pas d'exception et celte difliculté me paraît résolue (').
Mais il en reste une autre. Les environs du Cap ont été explorés par de nombreux naturalistes en quête de Peripatus et jamais on n'y a trouvé que les deux espèces précédentes, avec le P. leonina Purcell, qui a 21 ou 22 paires de pattes; que devient dès lors le Peripatus brevis décrit par Gervais [837, 838] d'après un manuscrit de de Biainville
(1) Au moment de mettre sous presse, je reçois un travail de M. Purcell (Ann. Soiitli African Mus.,\o\. H) dans lequel il est dit que le P. capensis a parfois 18 |iaires de pattes, que ie P. Balfouri en a [présenté dans quelques cas 16 ou 19. enfin que le P. leonina peut en avoir jusqu'à 24 paires.
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ot qui aurait été capturé par Goudot sur la montagne delà Table, aux portes du Cap? Le type de cette espèce a disparu, mais on sait qu'il avait la coloration du Peripatus capensis, ou, au moins, de beaucoup d'exemplaires de cette espèce. Serait-ce donc un Peripatus capemis in- correctement décrit, comme l'a supposé Moseley [874, 758]? Ger- vais, d'après de Bla in ville, se contenta de caractériser le P. brevis par la courte diagnose suivante [837, 38, note] : « Corps subfusiforme, pourvu de quatorze paires de pattes, noir velouté en dessus, blanchâtre en dessous; longueur totale en comprenant les antennes, 43 mill. ; plus grande largeur 4 mill. » Dans un travail ultérieur [838, 31o] Gervais relève cette diagnose en la modifiant un peu, mais toujours en attri- buant 14 paires de pattes au P. brevis. Pourtant quelques pages plus haut [311; 312] il relève la description détaillée que de Blainville prit le soin d'annexer à sa diagnose, et il ne remarque pas les divergences frappantes qui existent entre l'une et l'autre : « Les anneaux du corps, dit de Blainville, sont du reste généralement assez peu nombreux, et la nouvelle espèce que je décris {Peripatus brevis) n'en a même que dix-sept, sans compter, il est vrai, ni la partie céphalique ni la caudale. »
Ainsi, le Peripatus brevis aurait 17 paires de pattes et une queue, c'est-à-dire une région postérieure apode, deux caractères qui sont pro- pres au P. capensis et au JP. capensis seulement, parmi toutes les espèces de l'Afrique australe. Comme il en a la taille et les couleurs, ou ne voit pas de quelle manière il en diffère et on n'hésiterait pas à l'identifier avec lui, n'était le nombre de pattes qui, dans la diagnose, est fixé à 14 au lieu de 17. Il y a évidemment un lapsus quelque part. Mais étant donnés, d'une part la concordance absolue de la description détaillée avec les caractères du P. capensis, de l'autre l'abondance autour du Cap (les Peripatus à 17 paires de pattes et l'absence complète de spécimens n'en ayant que 14 paires, il y a lieu de conclure que l'erreur se trouve dans la diagnose et qu'il faut identifier le P. capensis avec le P. brevis.
Je n'irai pas toutefois jusqu'à supprimer le nom de Peripatus capen- sis pour le remplacer par celui, plus ancien de vingt ans, de P. brevis. La nomenclature zoologique n'a que trop de tendances à se compliquer depuis peu et à devenir inintelligible par suite de la substitution de noms anciens, mais ignorés, à des noms d'origine plus récente mais bien connus et d'usage courant. Profitons du doute (bien léger, il est vrai!) qui plane sur le P. brevis pour laisser subsister le nom, éminemment classique, de P. capensis; cela ne nous empêchera pas de croire que les deux noms sont presque certainement synonymes et que, très vrai- semfjlablement, des Peripatus à 14 paires d'appendices ambulatoires n'existent pas autour de la ville du Cap.
76 Bulletin de la Société Entomologique de France.
Index bibliographique.
860. — Frauenfeld. — Aufenlhalt am Cap d. g. HofFnung wahrend cler Weltfahrt der k. k. osterreicliischen Fregalte « Novara ». Verhanld. der k. k. zoologisch-botanisclien Gesell- schaft in Wien. B. X, 77-92. 1860.
837. — P. Gervais. — Études pour servir à l'histoire naturelle des Myria-
podes. Ami. des Se. nat., Zool. (2), t. 7. 35-60, 1837.
838. — Id. — Surle genre Péripale. i4w»i. rf'/ln«^ e<(/e P/;2/5io/..
t. 2, aou-ai."», 18.38.
866. — E. Grube. — Peripatus capensis. Jahres-Bericht der HcliJes. Ges. fur vaterl. Cullur, B. 34. 6.J-66 (186.5). 1866.
868. — Id. — Reise der osterreicliischen Fregalte " Novara » uni
die Erde in den Jahren 1857. 1858 und 1859. Zoolog. Tiieil.. B. II, Abth. III, Anneliden. p. 4-6, Taf. IV. lîg. 3. 1868.
874. — FI.-N. MosELEY. — On the Structure and Development ofPfri/jaii/i capensis. Philosoph. Transactions, t. 164, p. 758-759, 1874.
890. — W.-F. Plrceli.. — On Ihe South African Spedes oi Peripatidae in the Collection of the South African Muséum. Ann. of the Soulh African Muséum. yo\. I, part. 2. 231-351.
1899.
888. — A. Sedgwicr. — A Monograph on tlie species and Distribution of Genus Peripatus (Guilding). Quart. Journ. micr. Science. (2). vol. XXVIII. 431-493, pi. xxxiv-xxviii.
1888.
L'Accouplement des Lépidoptères
Par H. Gadeau de Kerville.
Au Congrès de l'an dernier, j'ai eu l'honneur de communiquer une note, accompagnée de ligures, sur raccouplemenl des Coléoptères. C'é- tait la première d'une série concernant l'accouplement des Arthropodes, question dont je m'occupe depuis plusieurs années.
La présente note est relative à l'accouplement des Lépidoptères. Il s'agit uniquement d'une simple généralisation, que j'ai rédigée en uti- lisant le petit nombre de renseignements publiés à cet égard, joints à ceux que m'ont obUgeamment communiqués mes excellents collègues, MM. Paul Noël, G.-A. Poujade et Louis Dupont, et aux observa- tions que j'ai faites personnellement.
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Ce résumé devant être bref, je n'y donne aucune indication Inblio- grapliique. D'ailleurs, je compte revenir plus tard, et avec beaucoup de détails, sur l'accouplement et ses préludes chez les Arthropodes, et publierai alors la bibliographie et l'iconographie aussi complètes que possible de ce captivant sujet.
Dans la recherche des femelles en vue du coït, les Papillons mâles sont tout particuUèrement guidés par leur odorat qui, chez beaucoup d'espèces, est d'une extrême finesse. Pour n'en citer qu'un exemple, c'est un fait très connu que les femelles de certaines espèces de Bom- bycidés attirent de fort loin les mâles, et l'on reste confondu en son- geant à la puissance olfactive de ces derniers.
La vue joue aussi un rôle dans la recherche des femelles ; mais ce rôle est, je le crois, tout à fait secondaire, sauf chez les Rhopalocères, et je pense que si les mâles des espèces dont les femelles sont sub- aptères ou vivent dans des fourreaux, et mènent une existence presque inactive, étaient complètement dépourvus d'odorat, beaucoup de fe- melles de ces espèces mourraient à l'état de virginité.
Relativement à la position de l'accouplement, on peut diviser les Lé- pidoptères en deux groupes : les Hétérocères, qui ont, pendant la co- pulation, les quatre ailes fermées et situées parallèlement au plan sur lequel ils sont posés, et les Rhopalocères, chez lesquels, pendant cet acte, les quatre ailes sont fermées et perpendiculaires â ce plan. On peut donc dire que la première de ces deux positions est de beaucoup la plus répandue dans le monde des Papillons. Il importe d'ajouter que ces laits ont un caractère très général, mais nullement absolu.
Lorsque les femelles des Hétérocères sont posées sur le feuillage ou le sol, ou appliquées contre une branche ou un tronc d'arbre, les mâles, guidés surtout par leur odorat, viennent se mettre près d'elles, font vi- brer leurs quatre ailes et contournent en différents sens la partie pos- térieure de leur abdomen, qui, plus ou moins rapidement, arrive en contact avec l'extrémité postérieure de l'abdomen de la femelle, et, de suite, la copulation commence.
Pendant cet acte, le mâle et la femelle ont leurs quatre ailes fermées, celles d'un sexe recouvrant en partie, très généralement, celles de l'au- tre. Quant aux deux abdomens, en raison de leurs dimensions et de leur flexibilité variables, ils n'occupent pas la même position pendant l'accouplement des si nombreuses espèces d'Hétérocères.
Chez certaines d'entre elles, l'accouplement est linéaire, comme le montre la figure 1 qui représente, à la moitié de la grandeur naturelle, deux Sphinx convohmli L. accouplés. Étant donné que ces Sphinx en copulation sont souvent posés en un point ayant une colo-
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Bulletin de la Société Entomologique de Finance.
Fis.
ration semblable à colle de leurs ailes, et qu'ils s'y tiennent immobiles, ils sont ainsi bien dissimulés à leurs ennemis. Chez les Hétérocères, on trouve tous les intermédiaires entre l'ac- couplement en ligne droite et l'accouplement dans le- quel l'abdomen du mâle est assez fortement contourné, à droite ou à gauche de celui de la femelle, pour que la tète des deux individus soit dirigée du môme côté. Les abdomens forment donc, tantôt une hgne droite, tantôt un angle obtus, droit ou aigu, à sommet arrondi.
La ligure 2 représente, aux quatre cinquièmes de la grandeur naturelle, deux Chei- inatobia bnimata (L.) accouplées, dont les abdomens font entre eux un angle très obtus à sommet ar- rondi.
Il est possible, il est même probable que, chez certaines es- pèces d'Hétérocères, l'angle que font entre eux les abdomens des deux sexes accouplés ne varie que faiblement; mais, chez d'autres, il est très variable dans la même espèce. Ainsi, pour n'en donner qu'un exemple, on trouve, chez VOrneria dispar (L.), les difTérentes transi- tions entre l'accouplement linéaire et l'accouplement en angle aigu à sommet arrondi.
On comprend aisément que chez les espèces qui ont un abdomen flexible et dont les individus eu copulation marchent et grimpent aux végétaux, telles, par exemple, que les Zijgaena, les deux sexes otTrent, pendant leurs mouvements, des positions d'accouplement très dillé- rentes, mais leurs ailes restent toujours fermées. La figure 3 montre, aux cinq sixièmes de la grandeur naturelle, deux
Zijgaena trlfolUEsp.on copulation. Les Psychidés ont un mode d'ac- couplement particulier. La majorité des femelles des espèces de cette 1 ig. 3 famille ne sortent pas de leur four-
reau pour s'accoupler. Après s'y être retournées, elles en fendent l'extrémité postérieure et présentent à cet orifice le bout de leur aljdomen. Le mâle, eu battant des ailes, se pose sur le fourreau et, pour le coït, introduit par l'ouverture son abdomen, jusqu'à la base de ses ailes postérieures.
Séance du 27 février 1901.
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La ligure 4 représente, aux deux tiers de la grandeur naturelle, deux Psyché atra (L.) accouplées.
Il est bon d'ajouter que les femelles de nombreuses espèces d'Hété- rocères ont une existence peu active, et qu'il en est qui éclosent, s'ac- couplent, pondent et meurent presque à la même place.
Les Rbopalocères présentent un mode particulier d'accouplement, les quatre ailes des deux sexes étant, pendant cet acte, fermées et si- tuées perpendiculairement au plan sur lequel ils sont posés. Les Rbopalocères mâles et femelles ont une existence active, et, au moment de l'excitation sexuelle , les mâles poursuivent les femelles dans les airs. De temps à autre, ces dernières se posent sur le feuillage ou le sol. Quand elles maintien- nent leurs ailes fermées, l'accouplement ne peut s'effectuer; mais, par moments, elles étendent lio- rizonlalement leurs quatre ailes, les mâles se pré- cipitent alors sur elles et arrivent à mettre en con- tact l'extrémité postérieure des deux abdomens. La femelle redresse ses (juatre ailes; la copulation commence de suite, et les deux individus ont leurs tètes placées en sens opposé. Dans cet accouplement linéaire, les quatre ailes d'un individu sont fermées et partiellement emprisonnées entre les quatre ailes, éga- lement fermées, de l'autre. La figure 5 montre un tel accouplement. Elle re- présente, aux quatre cinquièmes de la grandeur naturelle, deux Rhodocera rhamni (L.) en copulation.
Lorsque les Rbopalocères accouplés grimpent aux végétaux, leur posi- tion normale d'accouplement varie. Les ailes de l'un peuvent n'être plus du tout emprisonnées entre les ailes de l'autre, et les abdomens, en se contournant, peuvent former entre eux un angle obtus, droit ou aigu, à sommet arrondi, de telle sorte que les deux têtes peuvent être di- rigées dans le même sens; mais les quatre ailes de cbaque individu restent fermées.
Cbez un grand nombre d'espèces de Rbopalocères, l'accouplement
s'effectue au repos ; chez d'autres , il s'opère pendant le vol. Le mâle
tourne, en volant, autour de la femelle, puis fonce dessus et s'accouple.
Quand les Rbopalocères en copulation et au repos sont inquiétés, ils
iMi', 5.
i^
80 Bulletin de la Société Entomologique de France.
s'envolent en restant unis. Selon les espèces, c'est le mâle qui emporte, en volant, la femelle inerte, ou la femelle qui emporte le mâle sans mouvement. On comprend fort bien que l'un des deux individus accou- plés doive rester inerte et les ailes fermées, car s'il faisait usage de ses ailes, il entraverait les mouvements des ailes de l'autre individu et rendrait ainsi le vol, sinon impossible, du moins diflicile et irrégulier.
Il est très important de dire que l'appareil copulateur des Lépido- ptères mâles possède une conformation qui leur permet de maintenir les femelles pendant toute la durée de l'accouplement.
Selon les espèces, les Lépidoptères s'accouplent à des époques très différentes de l'année; mais c'est pendant la saison chaude que, dans les régions froides et tempérées, les accouplements des Papillons sont de beaucoup les plus nombreux. L'accouplement se fait pendant la nuit, au crépuscule ou pendant le jour.
Avant d'être accouplées, et très vraisemblablement pour attirer les mâles, les femelles de certaines espèces relèvent le bout de leur abdo- men, et même recourbent ce dernier en avant, de telle sorte que son extrémité postérieure se trouve être presque au-dessus du thorax. De celte manière, l'odeur émise parla femelle se répand avec plus de facilité.
L'accouplement a lieu parfois avant que les ailes de la femelle ne soient tout à fait développées et que sou corps ne soit séché.
La durée de la copulation est très variable. Chez certaines espèces, elle est inférieure à une minute, tandis que, chez d'autres , elle atteint un certain nombre d'heures.
Pendant l'accouplement, les deux sexes d'un grand nombre de Lépi- doptères demeurent immobiles; mais, chez certaines espèces, le mâle fait, par intervalles, vibrer très rapidement ses quatre ailes. On constate avec la plus grande facilité, chez le Sericaria mori (L.), cette vibration des ailes qui, pres(|ue certainement, est en rapport intime avec le coït.
Beaucoup de Lépidoptères mâles s'accouplent plus d'une fois, et certains, poussés par le besoin de copuler, s'accouplent avec des fe- melles ayant pondu.
Ajoutons que l'on voit des Papillons mâles qui, pour la possession des femelles, s'efforcent de chasser leurs rivaux.
Avant de terminer cette brève généralisation concernant l'accouple- ment des Lépidoptères, je dois consacrer quelques lignes aux accouple- ments anomaux observés chez ces insectes, et qui se divisent tout naturellement en deux groupes : accouplements entre mâles et femelles d'espèces différentes, et accouplements entre mâles de la même espèce et d'espèces différentes.
Les accouplements entre mâles et femelles d'espèces différentes ne
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sont pas très rares chez les Papillons. De tels accouplements ont été obser^^és : i° entre des espèces différentes, mais du même genre, telles que Harpyia vinula (L.) mâle et H. erminea Es p. femelle, Zugaena car- n«o//('n (Scop.) mâle et Z. ephialtes (L.) îcmeWe, CoenonijiHph a Iiero{L.) mâle et C. arcania (L.) femelle, etc.; 2° entre des espèces appartenant à des genres différents, mais faisant partie de la même famiffe, telles que Sphinx ligustri L. mâle et Smerinthus oceîlnta (L.) femelle, etc.; 3'^ enfin entre des espèces appartenant à des familles différentes, telles que Hijbernia marginariii (Bkh.) mâle et Orrhodia vaccinii (L.) femelle, Ocneria dispar (L.)màle et Pieris brassicae (L.) femelle, Epinephele ja- nira (L.) mâle et Vanessa urticae (L.) femelle, etc.
Je suis très porté à croire que ces accouplements hétérosexuels ano- maux sont dus, au moins le plus souvent, à l'impérieux besoin de la copulation, éprouvé par des mâles qui ne trouvèrent pas à leur dispo- sition de femelles de leur propre espèce.
Relativement aux accouplements homosexuels, on a constaté la copu- lation, non seulement entre mâles de lamèmeespèce,par exemple chez la LasiocampaqaercifoUa{L.),ma\senlre mâles appartenant àdes familles différentes, telles que la Sericaria mori (L.) et VOcneria dispar (L.).
Si l'on peut fort bien admettre que, dans la copulation entre mâles de la même espèce, un Papillon, guidé par son odorat, se soit accouplé avec un autre mâle, parce que ce dernier, ayant copule avec une femelle de son espèce, dégageait encore l'odeur de cette dernière, con- tractée pendant le coït, cette explication ne saurait être donnée quand il s'agit d'accouplements entre mâles appartenant à des familles diffé- rentes. Je pense que ces derniers accouplements n'ont d'autre cause que le besoin impérieux de la copulation.
En terminant, je me permets de faire un appel chaleureux aux ento- mologistes. Je les prie de noter, d'une manière précise et détaillée, leurs observations concernant les Papillons accouplés qu'ils trouveront, et d'en faire un dessin schématique s'il s'agit d'une particularité, car il est certes difficile de tuer des Lépidoptères accouplés sans qu'ils se désu- nissent ou, tout au moins, sans qu'ils modifient leur position d'accou- plement.
En publiant de telles observations, les entomologistes accumuleront de précieux renseignements qui permettront, dans un avenir encore éloigné, de traiter d'une façon vaste et détaillée la question captivante de l'accouplement des Lépidoptères.
N.B. — Les cinq figures de celte note ont été fidèlement dessinées, sur mes indications, par mon cher collègue et ami M. A.-L. Clément.
82 Bulletin de la Société Entomologique de France.
Observations sur quelques types de Meigen [Dii-t.]
du Muséum de Paris [suite] (')
Par le D'" J. Villeneuve.
VIP Genre. Nemoraea.
1. xV. nemorum ((5). C'est bien Erigone viridescens R.-D. = nemorunt
Zett. (Cfr. Bull. Soc. ent. France, 1899, n° 18, p. 346).
2. N. pellucida (2 (5) == Neiiioraea eod. nom. (auct.).
3. N. rubrica (2 g) = ^emoraea pellucida, de petite taille.
4. iV. conspersa (Ç) = Megalochaeta ambulans Meig.
o. .Y. amoena ((5 9) = Chaetohjga cod. nom. (auct.). Cette espèce est très rare à Paris. Je n'en possède qu'un exemplaire d qui m'a été offert par M. J. de Gaulle avec la mention « Fontainebleau, 12 6. 1900 ».
6. N. maculosa (4 ex.) = Neinorilla eod. nom. (auct.).
7. iV. laevigata (Ç) = Panzeria rudis Fa 11.
8. N. ignobilis (2 o"). Celui qui porte Fétiquette n'est qu'un (5 de
nemorum (n"' 1) avec une tache rouge aux côtés des 2'' et 3*^ arcs abdominaux : il répond à Fausta lateralisR.-D. ; l'autre est Eri- gone radicum F.
9. V. histrio (c5). Très voisin de Meriania puparum F. : mais les poils
des gènes sont noirs et le front un peu plus large seulement.
10. i\. quadripustulata (c5), tibias postérieurs frangés de soies égales et serrées. — 11. V. rariegata ((5), tibias postérieurs ciliés aussi mais avec une longue soie médiane. Les femelles de N. 4-pustu- lata, N. rariegata et lY. floricola ont le 3'^ art. des antennes élargi et les tibias postérieurs plus ou moins ciliés avec une ou plu- sieurs soies longues; ce sont des variétés d'une même espèce.
12. iY. venusta ($). Se rapporte vraisemblablement à l'espèce précé- dente.
VIIl<' Genre. Medorl\.
1. M. digr anima (9) = Phaniomgia eod. nom.; se place à côté de Tachina biguttataMeig. — J'ai capturé 3 ô et 3 î de cette jolie
(1) Voir Bull. soc. ent. Fr., 19(J0, pp. 1.57, 36.3 et 380.
Séance du 27 février 1901. 83
espèce, à Rambouillet, l'été dernier. Ce n'est pas Medoria di- grammn de M. le Prof. Brauer. {Clr. Bull Soc. ent. France, 1901, n° 3, p. 48.) î. M. îuctmsa (ç). C'est peut-être la femelle de Degeeria medorina Scliiner.
3. M. funebris (o) = Degeeria medorina Schiner.
4. M. acerba (cJ) = Angioneura vetusta Stein.
0. M. funesta {6). Ce n'est pas la véritable M. funesta de Meigen,
qui l'a décrite et figurée « ohne aile Riickenborsten » ; ici, il y a une rangée complète de macrochètes à chacun des arceaux ab- dominaux. J'en possède plusieurs exemplaires des environs de Paris et je considère le type de Meigen comme identique à Cer- comyia curvicauda Meig. d-
Quant à M. funesta (Meig.) de M. le professeur S tr obi, qui m'en a envoyé 2 exemplaires, je la possède également des Car- pathes et je la soupçonne d'être la même que Morinia fimbriata Meig. dont je n'aipasencore vu le type dans la collection du Mu- séum.
(). M. melania (d")- C'est une femelle et très vraisemblablement celle de Degeeria medorina Schiner.
7. M. parmla (c5). Meigen n'a décrit aucune Medoria de ce nom; mais la description de M. phasiaeformis lui convient, sauf pour la base des antennes et les tibias qui passent au rougeàtre ici. C'est Rondania notata R.-D. =■■ Microtricha punctulata v. d. Wulp.
IX« Genre. Tachixa.
1. T. ruficeps (2 ex.) = Rhijnchomijia eod. nom. (auct.).
2. T. bella (2 o', une ç) = Certainement Argijrophijlax pupiphaga
Rond. =: Masicera dise répandu Pand.
3. T. sgbarita (avec la mention « Spanien «) = Rhinotachina eod.
nom. B. B. — La tète manque.
4. r. dévia ((5 9) — Brachycoma eod. nom. (auct.) = Oppia ciligera
Pand.
0. T. viduata{Ç) =^ Dexodes spinuligerus Rond.
G. r. fnllax (o). Bien que l'extrémité de l'abdomen porte un mince Uséré rougeàtre, la conformation des antennes, la disposition
84 Bulletin de la Société Entomologique de France.
des soies frontales, la forme et la coloration de l'abdomen me font identifier cette mouche avec Eut. civilis Rond, (nec Mik). Cfr. Bull. Soc. ent. France, 1900, n° 20.
7. T. Irpida (Ç). Parfaitement identique à plusieurs exemplaires c? 9
([ue j"ai reçus de Kalocsa (Hongrie). Très voisine de Paraphoro- cera senilis Rond., elle s'en distingue par le front plus étroit des mâles, la soie antennaire épaissie seulement dans sa moitié basale et la coloration foncée de l'insecte. Je dois ajouter que l'étiquette de Meigen porte bien : lepida et non tepida, comme l'avait lu Robineau-Desvoidy (Dipt. env. Paris, 1,867).
8. T. bisignata (c5 +) = Meiyenia eod. nom. (auct.).
9. 7'. floralis (4 ex.) = Meigenia eod. nom. (auct.).
10. T. dor.mlis (c5) = Meigenia floralis, qui précède.
11. 7'. i)iconipta {(3) = Viciania pacta.
12. T. argijreata (9). 1''^, 3'^ et o*" nervures longitudinales ciliées; c'est
un exemplaire usé de Hijstrichoneura frontata Schiner.
ï'.). T. aurifrons (c5). C'est bien le mâle de Labidogaster agilis B. B. = aurulans Pand. Je prends cette espèce, à Rambouillet, tous les ans. La couleur des palpes varie du jaune au brun foncé.
14. T. nitidula [d). C'est encore un Labidogaster. J'ai capturé quel- ques (5 et plusieurs 9 de cette espèce, l'été dernier, en compa- gnie de L. pauciseta Rond.
La femelle a la môme disposition de macrochètes que L. pau- ciseta ; mais le dernier segment abdominal est plus court que le précédent. Quant aux mâles, ils ne se distinguent guère que par la structure de l'hypopygium.
lo. T. plebeja (2 ex.) = Demoticus ('od. nom. (auct.).
IG. T. biguttata (2 d") = Clairvillia dispar Rond. = Phanioinyia bi- guttata B. B.
17. T. inumbrata (c5 9). Le mâle a les yeux velus et n'est autre
qu'Exorista affinis Fa 11. ; la femelle me parait être Paraphorocera senilis Rond.
18. T. illustris (9) = Pseudopachgstglani gonioeoides Zett. (teste
Stein), espèce que je ne connais pas. Elle porte la mention d'o- rigine « Baiern ».
19. T. fasciata (c5). A les yeux velus et les palpes jaunes. Je n'hésite
Séance du 27 février 1901. 83
pas à la rapporter à Parexoristn glaurn Meig. (= grossa B. B.) dont olle iVest qu'une variété à front jauni.
Ce n'est pas le type de Meigen qui a décrit des palpes noirs à cette espèce et l'a rangée dans les espèces aux yeux nus.
20. T. flavescens (d ?) = Eutachina larvarum Rond.
21. T. praepotens (c?) = Chaetotachina rustka Rond. Écusson noi-
râtre; macrochètes discales et marginales.
22. T. larvarum (2 c?, une 9). Les mâles ont des macrochètes discales,
récusson noirâtre. Ils appartiennent à Chaetolachina rusticn Rond. (= praepotens Meig.). La femelle appartient a la variété crucarum Rond.
23. T. rustica ((5) = Chaetotachina riistica Rond. \ar. erucarum
Rond.
24. T. lusoria (ç). Petit exemplaire de rustica Meig. qui précède. 2o. T. brevipennis (Baiern). Exemplaire décapité et tout à fait mécon- naissable.
26. T. acuticornis {6 9)^ Acemijia subrotunda Rond. = Xystagrisea
Zett. Le mâle n'a que de fortes macrochètes marginales : une rangée complète aux 2« et 'M arceaux abdominaux. Chez la 9 (qui porte la mention « For s ter »), il n'y a que 2 macrochètes médianes au 2^ arceau. Les palpes sont noirs chez le c5 — ils manquent chez la 9.
27. T. diluta (d)- Exemplaire usé, avec de fortes soies discales. Les
ongles des tarses antérieurs sont très longs. 2-3 soies à la base de la 'i'^ nervure longitudinale do l'aile. C'est, sans aucun doute, une Dexodes B. B.
28. T. urhana (9). La tète a été recollée et n'y a-t-il pas eu erreur,
car les yeux sont velus; les antennes sont raccourcies au-dessus du péristome; le S'' article, assez épais, égale 2 f. 1,2 le 2% et la soie antennaire, qui subsiste, est épaissie jusqu'au tiers terminal. Ce serait Exorista aristella Rond, si l'écusson n'était pas rou- geàtre dans sa moitié postérieure. Addendum. — Miltograriniia tricuspis Meig. =- Sphixapata lineolnta Rond.
86 Bulletin de la Société Entomologique de France.
Deux nouveaux hybrides du genre Smerinthus 0. [Lépid.] Par le D"" Max Staxdfuss.
I. — Smerinthus hybr. Leoniae S tel f s.
Cette nouvelle forme bâtarde, qui n'avait été obtenue jusqu'ici que dans quelques exemplaires mâles seulement, fut le résultat de l'accou- plement de la Smer. tiJiae L. (5 avec Smer. ocellata L. ç.
Elle se rapproche beaucoup plus de l'élégante Smer. tiliae que de la robuste Smer. ocellata.
Les traits distinctils rappelant l'origine de la Smer. ti- liae sont :
Les antennes peu fortes, mais mesurant presque la moitié de la lon- gueur des ailes antérieures, la finesse du thorax et de l'abdomen, la forme étroite allongée des deux paires d'ailes, les contours gracieuse- ment ondulés du bord externe des ailes antérieures, donnent la carac- téristique de l'aspect d'ensemble de ce nouvel hybride.
Ce Papillon dans ses dessins ressemble aussi sensiblement davantage à la Smer. tiliae qu'à la Smer. ocellata, en ce que l'aile antérieure porte en dessus, vers son milieu environ, une tache triangulaire très ac- centuée.
Cette tache, dont le côté extérieur a une forme légèrement arquée à sa partie la plus large près de la côte, va de là en se rétrécissant vers le bord inférieur, et s'affaiblit parfois tellement qu'elle finit par dispa- raître dans la couleur plus claire du fond.
Chez la Smer. tiliae ce dessin central de l'aile antérieure ne forme pas en général une tache compacte, mais cette tache est coupée le plus souvent, à peu près au milieu, par une bande plus ou moins large de la couleur du fond, ou du moins elle est distinctement étranglée.
Entre cette large tache triangulaire et le bord externe, mais plus près de la tache, l'aile antérieure de notre hybride est traversée du haut en bas par la ligne ondulée qui n'est pas très nettement marquée, et qui, d'une manière générale, suit une direction parallèle au bord ex- terne de l'aile. Cette ligne ondulée n'existe que rarement chez la Smer. tiliae, et même alors elle est très indistincte, tandis que chez la Smer. ocellata on trouve toujours une double ligne ondulée, étroite, mais bien mar(iuée. D'après cela nous devons reconnaître dans cette ligne ondulée de l'bybride l'origne de la Smer. ocellata.
Séance du S7 février 1901. 87
Ce qui provient certainement de la Smer. ocellata, c'est d'abord :
La large bande foncée sur le sommet du thorax, qui ne présente chez la Smer. t'iliae qu'une hgne assez étroite, mais c'est surtout une tache noirâtre de forme arrondie en dessus de l'angle anal des ailes postérieures, à l'endroit, depuis laquelle une ombre foncée s'étend jusqu'à l'angle anal. Le plus souvent cette tache noire porte à son bord supérieur une bande arquée d'écaillés d'un gris bleuâtre qui se dirige vers la racine de l'aile. C'est là un faible souvenir du brillant (eil bleu de la Smer. ocellata, qui lui-même est ramené par là à un degré primitif de son développement, tel qu'il se trouve par exemple chez la Smer. Kindermanni Ld.,du Pont (Asie Mineure).
Entre cette tache ronde et la racine de l'aile postérieure se montre, chez quelques individus, une teinte obscure, de couleur rouge cerise, rappelant encore la provenance delà Smer. ocellata; tandis qued'autres individus, par la teuite briui clair de cette même tache, s'éloignent à peine de la Smer. tiliae.
La coloration générale varie beaucoup d'un individu à un autre. Les tons gris verdàtre, ou gris brun, sont la règle chez le peu d'individus obtenus jusqu'ici. Le coloris ne passe au brun rouge que chez un seul exemplaire. De même la couleur des ailes postérieures, en dessus, varie sensiblement, entre le brun clair et le gris brun foncé.
L'envergure moyenne des ailes n'est guère que de 60 mill. tout au plus, elle est donc sensiblement plus petite que celle de la Smer. tiliae, laquelle atteint près de 70 mill.
Les ailes de ces hybrides ne se développent souvent pas du tout, d'autres fois seulement très imparfaitement, et môme, chez les individus les mieux formés, il se présente fréquemment, çà et là, de petites la- cunes au bord externe des ailes.
Il me sera permis de donner à cette élégante Smérinthe le nom de ma fdle Léonie qui, dans ces dernières années, à de nombreuses repri- ses, m'a si lldèlement aidé dans mes excursions dans les Hautes- Alpes.
II. — Smerinthus hybr. Fringsi Stdfs.
Ce nouvel hybride, de belle taille et vif coloris, provient du croise- ment de la Smer. atlantica Aust. d et de la Stner. populi L. ç. Je le nomme ainsi d'après le nom de mon ami C. Frings, de Bonn, qui, depuis quelques années, se voue avec grand succès aux expériences entomologiques.
Cette belle forme de Smérinthe se rapproche sensiblement plus de la
88 Bulletin de la Société Entomologique de France.
Smer. populi que de la Siner. atlantica. Bon nombre d'entomologistes voient dans cette Smer. atlantica une espèce spéciale, en tous cas on pourrait l'envisager comme étant la forme locale nord-africaine , sud- oranaise, etc. {cfr. Standfuss, Handbuch, 1896, p. oo) correspondante à notre Smer. ocellata L. Au reste, ce sont |)récisément ces croise- ments qui nous montrent que la Smer. atlantica (abstraction faite de ses particularités morphologiques et biologiques dont nous n'avons pas à nous occuper ici) est aussi physiologiquement différente de la Smer. ocellata.
La Smer. hybr. Fringsi tient de la Smer. populi : la largeur de ses ailes, lesquelles sont toutes visiblement ondulées à leur bord externe, puis d'une manière générale le dessin et le coloris du ton , tantôt plus gris, tantôt plus rougeàtre.
D'autre part l'influence de la Smer. atlantica se montre : dans un œil gris bleuâtre clair, sur champ foncé, devant l'angle anal des ailes postérieures. Cet œil toujours plus <>u moins vague disparaît parfois presque entièrement. En outre, le dessous des ailes antérieures est lavé de rouge dans sa première moitié. Enfin on remarque parfois une teinte foncée sur le milieu du thorax qui très souvent ne s'a- perçoit qu'à peine.
Quant à la forme bien connue do Smer. hybr. hubridus Westw. qui est le produit de Smer. populi c5 avec Smer. ocellata 9, notre hybride s'en disl^ingue :
1) Par sa grandeur plus considérable, envergure moyenne 78- 82 mill. tandis que Smer. hybr. hybridus ne mesure en général que 70 à 73 mill.
2) Par une plus grande largeur des ailes.
3) Par les dessins plus fortement marqués des 4 ailes tant en dessus (ju'en dessous.
4) Par l'apparition plus fréquente d'individus femelles normalement développés (d'après mes expériences faites sur 7 pontes, 10 0 0, tan- dis que les 22 pontes de Smer. hybr. hybridus que j'ai élevées jusqu'ici ne m'ont donné que 2 0 0 d'individus femelles).
En outre, en examinant les choses de plus près, on s'aperçoit que ces insectes ne sont jamais normalement développés quant aux carac- tères secondaires de leur sexe. Leurs antennes sont en général bien plus fortes que chez les femelles des deux types, et, de plus, ces an- tennes ont souvent, non seulement des dents, comme les antennes
Séance du 27 février 1901. 89
mâles, mais elles portent même des cils. Plusieurs de ces derniers individus présentent même des pinces du mâle.
Il ne m'a pas encore été possible de faire des recherches anatomiques sur la structure interne de leur corps, et je ne pense pas non plus qu'un pareil essai ait été tenté ailleurs.
Si Ton compare cette nombreuse présence d'individus femelles nor- malement développées parmi leshybr. àeh Sinpr.atlantica(3,et Smer. populi ç, avec le rendement du croisement de Smer. ocellata c? et Smer. populi ç, on en vient à conclure à une différence physiologique entre Smer. atlantica et Smer. ocellata [cfr. Standfuss : Exper. zool. Studien {Denkschrift. der allgem. schweiz. Geselhch. filr die ge- sammt. Naturwisseuschaften, 1898, p. 43-44;]. Ceci étant, nous som- mes forcés de reconnaître que la Smer. atlantica est sous certains rapports physiologiques moins avancée que la Smer. ocellata.
M. J.-L. Austaut (de Bellegarde) a déjà souvent introduit dans le commerce le produit du croisement de Smer. atlantica Aust. avec Smei-. .iustauti Stgr.
Cette Smer. Anstauti est la forme locale gigantesque du Nord de l'A- frique qui correspond à la Smer. populi de nos régions . Notre Smer. hybr. Fringsi se distingue dudit hybride de M. Austaut par les caractères suivants :
1) L'envergure des ailes, 78-82 mill., qui reste en dessous de l'en- vergure de la Smer. hybr. métis Aust., qui atteint 93 mill. et davan- tage encore (cfr. Le Naturaliste, Paris, 1893, p. 230-231).
2) Des ailes relativement plus larges.
3) Des couleurs plus vives, des dessins plus fortement marqués, ce qui n'est pas le cas chez la Smer. hybr. métis, qui conformément à la Smer. Austauti, dont il provient, n'a que des lignes ondulées assez peu distinctes.
4) Les proportions entre les individus mâles et les individus femelles normalement développés semblent être à peu près les mêmes entre les deux formes hybrides. En effet M. Austaut a eu l'obligeance de m'informer qu'il obtint, en tout, de ses magnifiques hybrides, 43 in- dividus mâles et o individus femelles.
J'espère pouvoir donner plus tard dans notre Revue, au moyen de figures, une description circonstanciée et détaillée des premiers états de Smer. hybr. Leoniae Stdfs. et Swcr.hybr. FWu^.^i Stdfs. et de tout ce qui concerne leur biologie.
!)0 Bulletin de la Société Entomologique de France.
Notes sur les Serrimargo et les Peripristus [Col.]
de la tribu des Coptodérides
P;ir A. Bouchard.
Dans son Mémoire sur les Thyréoplérides ('), Chaudoir a distrait de l'ancien genre Thyreoptcrus les Th. guttiger et vermcifer pour en former le genre Serrimargo, et le Th. ater pour en faire celui de Peripristus. Ces deux genres sont représentés à Sumatra. Mais les Thyreopterus vrais {sensu Chaudoir) paraissant faire défaut jus- qu'ici dans cette grande île, nous ne saurions les comparer aux Pe- ripristus, tandis que l'opinion de l'auteur nous semble suffisamment fondée pour juslilier la séparation des Serrimargo et des Peripristus.
Nous avons pu comparer une grande quantité d'individus des deux genres et avons même eu la bonne fortune de découvrir une nouvelle espèce du premier. Or, jamais les plus grands exemplaires 6 du P. ater ne présentent ce prolongement de la tète en arrière, prolon- gement comme gibbeux en dessus. De plus et surtout son corselet est autrement construit que celui des Serrimargo. Si nous supprimons en elfet par la pensée la partie foliacée de celui de ces derniers, il reste une forme suljovalaire rappelant celle du corselet des Mormohjce. Supprimons au contraire les bords impressionnés du corselet cbez le ]-•. ater, la forme générale sera encore cordiforme. Que ces genres soient très voisins, cela ne fait pas de doute. Mais, comme le dit très bien Chaudoir, les Serrimargo se rapprochent davantage des )[or- molyce. Ceiiendant ils ont un caractère commun qui ne nous semijle pas avoir été signalé jusqu'ici. Dans les deux genres, en ellet, le der- nier segment de l'abdomen est échancré chez le cJ et nettement tron(iué cbez la ç.
A Palembang (Sumatra) nous n'avons pas rencontré le 5. verrucifer (Chaudoir); mais nous avons recueilli en nombre le S. guttiger (Schaum, Thgr.) et une espèce nouvelle, qu'en souvenir de la par- faite obhgeance de notre collègue M. A. Grouvelle, nous avons nommée :
S. Grouvellei^ n. sp. — S. guttigero subsimilis; differt prae- cipue : colore omnino nigro-piceo; thorace convexiore, vLv strigoso, nitido, utrinque fortiter in média parte unipunctato; elytrorum guttis
(1) Ann. Soc. Enl. Behj., 18G8.
Séance du 27 février 1901. 91
magis elevatis, piceis, ut in S. giittigero positis, sed minoribus. — Long. 10,3 à 11,5 mill. ; élytr. lat. 4,23 à 4,3 mill.
Le corps est plus convexe, d'une couleur plus foncée, y compris les taches et la partie foliacée du corselet et des élytres. Les impressions de la tète entre les yeux sont beaucoup plus marquées. Le corselet est moins long, plus convexe, échancré en arc de cercle en avant et son échancrure ne forme pas d'angle rentrant comme l'indique la tiguro très exacte donnée par Schaum pour le gattiger (*); la rigole du bord antérieur plus profonde, ses rides transversales à peine vi- sibles, ce qui le rend plus brillant; au milieu de chacun des côtés, il porte un gros point enfoncé, remplacé par une très légère impres- sion chez le guttiger; enfin la partie foliacée, déchvc en avant chez le guttiger, est plane, plus large et plus arrondie chez le Grouvellei, ce qui le fait paraître très cordiforme. Les élytres sont également plus convexes, les stries plus profondes, leur ponctuation plus mar- quée et les intervalles plus brillants; les six taches de chacune, plus saillantes, sont moins larges et de couleur plus foncée ; de plus, chez le guttiger, la 3'= et 6® sont toujours géminées, c'est-à-dire que la 3<= tache porte sur les 2^ et 3® stries, et la 6'' sur les 7^ et 8«, tandis que dans l'espèce nouvelle la 3*^ est située sur la 2° strie seulement et la G" tache sur la T*" et cela d'une façon constante. Enfin la taille parait plus fixe. Du moins nous n'avons trouvé de variations que dans les limites indiquées plus haut, tandis que le guttiger varie depuis 10 mill. jusqu'à 13,3 mill.
Ces deux espèces, et je pense que le verrucifer est dans le même cas, sont peu communes. Mais leur habitat est très spécial et surtout exclusif de tout autre. Nous ne les avons rencontrées en efïet que sous les gros cryptogames ligneux qui prennent naissance sur les arbres morts dans la vieille forêt et nulle part ailleurs. Leur démarche est extrêmement agile et leur couleur leur permet de se dissimuler aisé- ment. Nous ajouterons aussi que nous avons trouvé le Mormohjce phyl- lodes dans les mêmes localités et jamais sous les écorces, comme le disent les anciens auteurs. Mais comme Sumatra paraît moins favorisé que Bornéo, qui semble la vraie patrie de ces étranges insectes, nous ne saurions généraliser d'une façon certaine leur habitat.
Enfin nous devons reconnaître avec regret que nous n'avons pu rien découvrir au sujet des états primitifs de ces différents insectes.
(1) Berl. Ent. Zeit., IV, 1860, p. 189, pi. 3, (ig. .5.
92 Bulletin de la Société Entomologique de France.
Quelques mots sur les zoocécidies de VArtemisia herba-alba Asso Par C. Hoi ARD.
1. Diptérocécidie. — A la séance du 11 juillet de raniiée dernière {Bulletin 1900, p. 260), M. le Professeur Giard a signalé dans le Sud du département d'Oran, à Hassi Souina, la présence des belles galles cotonneuses de FArmoise blanche dues à un Rhopalomyia. Cette galle est aussi rare que jolie : c'est pourquoi je crois intéressant de signaler sa présence sur les massifs montagneux du Djebel Touakas, au sud de Saint-Denis-du-Sig, en face la ferme de l'Union, où j'ai pu en recueillir de magnifiques et nombreux échantillons le 10 avril dernier; quelques jours plus tard je la trouvai également à Saïda.
A l'époque de ma cueiUette, les cécidies entièrement développées attiraient vivement la vue. Sur un seul pied d'Armoise, il n'était pas rare d'en rencontrer une vingtaine, isolées ou groupées en gros amas pouvant atteindre 50 millimètres de longueur sur 20 à 30 millimètres de largeur. C'est l'un de ces groupes, composé de huit galles réunies, étroitement serrées les unes contre les autres et laissant à peine percer l'extrémité de quelques jeunes rameaux ou de quelques feuilles, que j'ai représenté dans la figure 1, d'après un échantillon frais. En raison des rares renseignements que l'on possède sur cette déformation, je crois intéressant aussi de représenter en a (fig. 2) l'extérieur d'une galle ordinaire qui embrasse étroitement le rameau, et en b {iig. 2) une coupe longitudinale de la même galle.
C'est à l'aisselle d'une feuille, atrophiée le plus souvent, et aux dé- pens d'un bourgeon ou d'un petit rameau, que se forment de une à trois petites cellules larvaires verdàtres à parois minces contenant une larve jaunâtre de 2,09 millimètres de longueur et 1,1 millimètres de largeur. La surface des galles est hérissée de longs poils l)lancs pouvant at- teindre facilement 10-23 millimètres de long, dimension que ne présen- tait pas le revêtement pileux des échantillons décrits par M. Giard. Et cependant le lo décembre 1900 j'ai reçu, deslocahtés signalées plus haut, quelques échantillons jeunes, de 4 millimètres de diamètre au maximum, formés d'une masse spongieuse verdâtre couverte de fins poils n'ayant qu'un demi-millimètre de longueur.
En résumé, cette curieuse cécidie a donc été recueiUie à environ 800 kilomètres de la côte oranaise (mission Fia ment) et par moi aux environs de Sainl-Denis-du-Sig, situé à moins de 20 kilomètres de la Méditerranée. Elle fut rencontrée en Syrie parWettzstein, aux envi-
Séance du Tï février 1901.
93
rons d'Ispahan et de Téhéran par Haussknecht ('), et dans le désert de Palmyre par M. Barrois (-).
2. Phytoptocécidies. —Des Acariens, encore indéterminés, pro- duisent sur VArtemisia herba-alba trois sortes de déformations :
a) à l'extrémité des inflorescences (fig. 3, a), les capitules sont trans- formés en nombreuses lames foliacées dures, courtes, velues, serrées les unes contre les autres et constituent des amas globuleux grisâtres de 8-10 millimètres de diamètre;
b) à l'aisselle des rameaux, de grosses toufîes vertes, hérissées, for- mées d'un très grand nombre de minuscules bractées vertes, abritent de petits Eriophyides couleur chair ;
c) à l'extrémité des jeunes feuilles (tîg. 3, b), les divisions du limbe,
,\3
±.fi^.
a
IV b
Fi". 1.
Fi2. 2.
Fia. 3.
anormalement velues, restent réunies et portent de petits amas blancs de quelques millimètres de diamètre, plus clairs que le reste de la feuille, abrilant des Eriophyides couleur rose-chair.
Ces trois dernières cécidies proviennent de Saint-Denis-du-Sig, où elles furent récoltées sur la route du Grand-Barrage, en décembre 19UU et janvier 1901.
(1) Karscii. — Ntuo Zoocecidien u. Cecidozoen. Zeitsch. f. g. Naturw., l. 53, 1880, p. 299, n° U et pi. VI, fig. 10.
(2) FocREU. — Étude sur quelques galles. Paris, 1897, p. 3G, pi. XIV, (ig. 5.
94 Bulletin de la Société Entomologique de France.
Descriptions de Coléoptères nouveaux, de Madagascar
Par L. Fairmaire.
Les iûscctes ci-après décrits ont cté recueillis tout récemment sur le plateau calcaire de Hukaru, par mon ami ^I. Perrier de la Batliie.
Diabena , n. g.
Ce nouveau genre a le faciès d'une grande Galerile noire et n'en dif- fère, au premier abord, que par le corselet plus large, plus cordiforme, les élytres plus effacées aux épaules, plus fortement tronquées et les pattes bien plus robustes; mais il s'en distingue par le ¥ article des tarses profondément partagé en 2 lobes aigus, les 3 précédents très larges, assez longuement velus, le dernier article des palpes est tronqué plus obtusément,le 2*^ des maxillaires bien plus long, les 2''-4<' articles des antennes plus longs ; la saillie prosternale est plus saillante, les pattes sont beaucoup plus robustes, surtout les fémurs, et les anté- rieures sont aussi longues que les autres.
D. Perrieri, n. sp. — Long. 27 mill. — Elongata, valida, dcpres- siuscula, nigra, sat nitida, elgtris paulo minus; capite sat angusto, ovato, collo breiH, fronte summa medio sat fortiter impressa, ad oculos punctulata, antice fortiter et latc bilinpressa, medio carinulata, chjpeo sat crasso.palpis inaxillaribus elongatis,oruUs minatis, auteiinisferru- gineis, 2 3 corporis attingentibus, scapo elongato, prothorace fere cordi- formi, latitudine paulo longiore, latcribus cariiiatis , antice arcuatis, postice sinuatis, dorso medio tenuïter sulcato, basi oblonge biimpressa, elytris ovato-obloiigis, late sulcatis, interrallis subcariiiatis, apice late subsinuato-truHcatis ; subtus nitidior, tibiis tarsisque rufescentibus, femoribus crassis.
Cet insecte est fort intéressant.
Paussus elegantulus, n. sp. — Long. 4 mill. — Oblongus, pa- rum concexus, rafus, nilidas, elgtris rastaneis, sutura angustissiine rufa; capite summo transcersim fortiter impresso, inter oculos trans- cersim sulcatulo, antice punctulato, leviter impresso, utrinque paulo elecato, anteunis gracilibus, articulo l" elongato, T ovato, paulo co- chleato, basi truncato, angulo obtuso, infra denticulo acuto signato; prothorace fere medio transversim profnnde sulcato, cum foveolis 2 obs- curis, parte autica utrinque fortiter rotumlata, conrexa, postica haud angustiore, siniiliter convexa, lateribas medio leviter excisis; elgtris
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oblongis,paraUeJis, laevibus, lecissiuie parce punctulatis, angulo apicaU l'jterno rufo, paulo lobato; pygidio laevi, fortiter marginato, infra bi- hamato, pedibus sat gracilibus.
Remarquable par sa forme élégante et ses antennes à l*^'' article al- longé, le 2« assez étroit.
Liiatongus unifasciatus, n. sp. — Long. 11 à 13mill. — Breviter
ovatus, capite prothornceque obscure cupreis, rartiis cupreo-aenescen- tibus, sat nitidis, ehjtris fuscis, cage aenescenUbus, vitta lata média transversa flava, dentata signatis, nitidis, subtus cum pygidio et pedi- bus fusco-aenescens ; capite transversim bicarinato, carina i" utrinque retroarcuata ; prothorace laevi, utrinque foveola laterali signato ; ehjtris brevibus, basi breviter impressiusculis, ad suturae basin depressis, sat subtiliter striatis, striis apice profiunlioribus; pygidio laevi; tibiis an- ticis 4-dentatis, dente supero minuto; (5 vertice lamina subquadrato, apice leviter sinuato.
Ressemble, pour la taille et la coloration, au L. spkndidicoUis, mais moins brillant, les élytres sont plus courtes et ornées d'une seule bande transversale comme chez l'O. Perrieri, mais elle est plus étroite et plus dentelée. La lame du vertex, chez les (5. est plus carrée que chez le premier, non élargie au sommet. Le second est bien plus petit, dif- féremment coloré.
§»tr»lig;a, n. g.
Corpus oblongo-ovatmn, sat convexum, glabrum, clypeus cum f route fere coufusus, antice sinuatus et marginatus. Oculi magni, antennae sat elongatae, funiculo o-articulato, articula 7° crasso, 2° minore, .3" elongato, gracili, i° et 3° brevissimis, clava 3-articulata, funiculo paulo longiore, vix arcuata. Prothorax trausversus. Elytra striata. Coxae anticae conicae, contiguae, intermediae parum distantes, posticae magnae. Tibiae anticae bidentatae, tarsi graciles, unguibus apice fissis, pedes postici majores.
Ce genre se rapproche des Serica, mais il en diffère notablement par ses antennes, les crochets tarsiens et sa forme naviculaire.
S. croceicollis, n. sp. — Long. 10 a 11 mill. — Oblongo-ovata, nigra, sat nitida, prothorace croceo, subtus cum prosterno subopaca; capite dense rugosulo-punctato, sutura clypeali vix distincta, fronte medio subcarinata, clypeo mugno, antice marginato et medio leviter sinuato; antennis sat magnis, gracilibus; prothorace transverso, elytris
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huud angustiore, antice parum angustnto, lateribus leviter arcuatis, dorso subtiliter punctulato , basi fere recta, angulis valde obtusis; scu- tello oblonge triangulari, croceo: ehjtris ovatis, medio leviter ampliatis, apice separatiin rotundatis, leviter multicostatis, interstitiis sat latis, riigosis, costulix leviter rugosulis; pygidio iiiagno, longe setoso ; pedibm valde nitidis, femoribus compressis, iibiis posticis longe setosis, inter- mediis apice longius ac densius ; q paulo tnajor, antennis longioribus, elijtris magis ampliatis.
Chromoptilia Perrieri, n. sp. — Long. H à 13 mill. — Forme t't Coloration de C. diversipes W. , mais plus parallèle, avec le corselet plus fortement rugueux et la ligne médiane plus lisse, l'écusson d'un fauve très pâle comme les taches des élytres qui sont disposées très différemment : sur le l^"" intervalle il y a deux taches, l'une a\ant, l'autre après le milieu, sur le 2*^ une tache placée entre les deux pré- cédentes, et une plus petite avant Textrémité, parfois à la base un petit point ; le pygidium est rougeâtre avec deux grandes taches qui sont variables ; l'abdomen est rougeâtre au milieu avec trois taches pâles sur les côtés, et il y a une tache semblable sur les métapleures ; enfm les tarses postérieurs sont villeux également, mais entièrement noirs; le vertex porte un petit tubercule ovalaire, lisse, et l'abdomen est légèrement impressionné au milieu chez les c5.
Macrotoma Perrieri, n. sp. — Long. 23 mill. — Elongata, sub- paralleld, jùcio-fusca, nilida, ehjtris opacis; capite, cum articulis an- tennarum 3 primis, carioso-punctato, antice impressiusculo; antennis corpore paulo brevioribus, ab articulo 4" magis piceis; prothorace valde transverso, ehjtris haud angustiore, dorso postice medio polito et utrinque fortiter foveato, lateribus dense scabrosis, opacis, margine modice phtridentato, angulis omnibus arutis: scutellofere semicirculari, laevi, nitido, medio depresso; ehjtris elongatis, sutura vix elevata, utrinque costis 4, 2 primis sat elevatis, antice paulo obliteratis, 3^ pa- rum elevata, basi et postice obliterata, 4* elevata, basi déficiente, in- terstiiiis paulo concavis, dense granuloso-asperatis, postice minus for- titer, apice extus roiundato, angulo suturali brevissime spinosulo; subtus cum pedibus magis picea, nitida, pectore fulvo-piloso, pedibus sat magnis, sat gracilibus, anticis brevioribus, femoribus et tibiis sub- tiliter asperulis, (5.
Se rapproche de M. laevis Coq. par sa forme générale et ses élytres à côtes, mais plus petit, moins long, avec le corselet corrodé, creusé de deux fortes fossettes vers la base, le milieu restant lisse, les élytres
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mates, plus courtes, fortement carénées avec les intervalles densément et assez fmement ruguleux, plus fortement à la base, et enfin par les pattes intermédiaires plus longues que les autres.
Macrotoma impressicollis, n. sp. — Long. 17 mill. — Ressemble assez au précédent avec ses élytres à côtes, mais notablement plus petit, d'un brun plus noir, entièrement brillant; la tète est plus large, également corrodée, avec deux petites impressions en avant, les an- tennes, de même longueur, ont les trois premiers articles plus épais, beaucoup plus lisses; le corselet, de forme semblable, assez finement ponctué à la base, corrodé sur les côtés, presque lisse au milieu qui est déprimé, la base lisse au milieu avec une petite fossette ; les bords latéraux sont finement denticulés, les angles antérieurs peu marqués, les postérieurs aigus et saillants; Técusson court, très obtus, déprimé au milieu; les élytres plus courtes, plus convexes, à côtes presque semblables, mais la 3^ indistincte, la suture élevée en côte, mais s'af- faissant à la base, les intervalles rugueux à la base, devenant rapide- ment bien moins ponctués, les côtés sont moins parallèles et l'angle suturai est assez pointu, mais non épineux; le dessous et les pattes sont rougeàtres, ces dernières comprimées, lisses, subégales.
Note sur le genre Pachyderes Latr. [Col.] et description d'une espèce nouvelle
Par Ed. Fleltiaux.
Le genre Pachyderes est remarquable par l'ampleur du thorax, dont le développement est presque toujours tout à fait anormal ou rappelle au moins celui de certains Heteroderes. La longueur de ses angles postérieurs atteint le maximum chez P. apicalis.
Lacordaire le sépare des Eudactijlus et des Aeolus par la largeur beaucoup plus grande du prothorax. Candèze, après lui, en fait un Eudactytite à tarses simples avec le 4*^ article